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François-Dominique Roger

meditation

Méditation 3e dimanche de l'Avent B

17 Décembre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Jean (1,6-8.19-28)

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. » Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.

Là pour rendre témoignage à la Lumière

Dans l’Evangile de ce 3e dimanche de l’Avent, Jean Baptiste déboussole ceux qui l'interrogent. Il révèle leur enfermement dans des catégories sécurisantes qui les rendent incapables de voir ce qui naît, Celui qui vient. 
Jean Baptiste, avec un grand sens du discernement, reconnaît qu'il n'est pas la Lumière. Il est simplement celui qui la reflète. Il est la voix qui déjà l'annonce, parce que, grâce à son humilité, il est capable de vivre de cette lumière sans être cette lumière.

Ouvrons grandes les fenêtres afin de rayonner d’une confiance totale en Celui qui est                        La Lumière et la Vie

Le témoignage humble et authentique de Jean-Baptiste est pour chacun de nous un exemple stimulant :  être chrétiens, être disciples de Jésus, c’est faire de nos paroles, de nos actes et de toute notre vie un témoignage qui tourne les regards vers le Christ. Ni plus, ni moins

En cette année, nous assistons au retour de la guerre sur le continent européen. Nous y pensons souvent, car c’est chez nous, mais il y a tant d’autres endroits blessés dans notre monde : le peuple ouïghour, le Yémen, la Palestine, les migrants en Méditerranée, les drogués de nos banlieues, Alep ravagé par la guerre et les tremblements de terre… La liste semble interminable.

Cet arrière-plan dramatique n’est pas nouveau et c’est pourquoi l’annonce qui retentit dans le Livre d’Isaïe garde toute sa force aujourd’hui : « L’esprit du Seigneur m’a envoyé guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs la délivrance, aux prisonniers leur libération. » Isaïe redonne de l’espérance à un peuple assiégé, car l’ennemi est aux frontières. Peut-il croire encore à la Promesse de Dieu d’offrir la liberté à son peuple ? La paix sera-t-elle possible et définitive ? Eh bien, oui, il peut le faire, car il l’a promis. Pour que nous ayons foi en sa Promesse, Dieu se fait proche : il vient chez nous le Prince de la paix.

La lumière de Bethléem trace son chemin,
De grands projets essentiels en tout petits riens,
Que l'on croit très fort au ciel, que l'on n’y croit moins,
la lumière de Bethléem passe par nos mains.
Un regard peut changer le monde, un regard peut changer chacun. 
Dans le froid c’est la chaleur, dans la nuit, une lueur 
Et chaque maison devient maison du partage et du pain.
Seigneur, Tu nous as donné une terre 
afin que nous ayons une maison pour vivre. 
Mais nous oublions trop souvent que nous devons veiller sur elle, 
que son équilibre est fragile.
Seigneur, Tu nous as placé sur cette Terre 
afin que nous vivions les uns avec les autres, 
mais nous faisons de nos différences des frontières 
plutôt que des richesses, des peurs plutôt que des signes d’espérance.
Tu es lumière du monde, permets-nous de l’accueillir et la transmettre.
Fais de nous des porteurs de lumière sur cette Terre,
des témoins transfigurés et lumineux

 

crèche à l'église St Martin à Fameck

 

Equipe Meditation@Evangile - frère Jean-Jacques Pérennès – dominicain - Avent dans la ville – Extrait de l’écho d’Ozanam N°382 – Vincent Chopart – spiritain  peinture Bernadette Lopez – image  François Roger

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Méditation 2e Dimanche de l'Avent (B)

10 Décembre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation

Évangile selon saint Marc (1,1-8) 

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

Vous avez un nouveau message 

Dans l’Antiquité, ce qu’on appelait un Évangile, c’était un message qui annonçait une visite officielle, la venue de l’empereur. Aujourd’hui, nous avons donc bien un Évangile, une bonne nouvelle : Dieu envoie Jean le Baptiste pour annoncer la venue du Christ, bien mieux qu’un empereur !

Le Messie tant attendu arrive enfin. Nous, aujourd’hui, parmi nos mails, nos notifications, nos flashs infos et ces quantités de messages qui remplissent nos téléphones, nos tablettes, nos ordinateurs, sommes-nous bien prêts à recevoir ce message-là ? Sommes-nous prêts à un message qui n’est pas distrayant, mais qui risque de bouleverser notre routine ? Attendons-nous, espérons-nous vraiment un message de Dieu ? La venue de Dieu pourrait bien nous gêner et finir dans nos spams... 

Car le message de Jean le Baptiste n’est pas un faire-part de naissance plein de fleurs et de douceur. C’est un appel à la conversion ! Nous ne pouvons pas recevoir Jésus si nous ne changeons pas nos cœurs, nos habitudes, notre manière de vivre. Soyons honnêtes, il y a du boulot ! Il faut rendre droit le chemin du Seigneur, aplanir les montagnes d’orgueil, d’individualisme, pour laisser la place à Dieu, pour laisser la place à nos frères, en vérité.

À première vue, cette nouvelle, cet Évangile pourrait refroidir nos ardeurs, gâcher un peu cette joie de Noël qui approche. Mais non ! Rien ne pourra gâcher cette joie, car le Seigneur se fait proche, tellement proche qu’il veut demeurer parmi nous, en nous. Une fois que nous aurons laissé la place nette en nous, nous pourrons revivre de cette promesse du baptême et du feu de l’Esprit. Quoi de plus beau que de recevoir Dieu en nous ? Il faut donc préparer notre chambre intérieure pour la venue de cet enfant. Il faut purifier nos cœurs pour accueillir le Dieu très saint qui a décidé de devenir l’un des nôtres, pour que nous devenions un peu comme lui. 

Bouleversés et muets face à l'embrasement de la violence
en Terre sainte, nous nous tournons vers toi Seigneur.
Toi qui as vaincu la violence des hommes,
apprends nous l'espérance et la résilience pour nous permettre
de désirer toujours plus l'avènement de la paix.
À la suite de tous les serviteurs qui ont accepté de t'imiter 
dans la folie de ton amour pour les hommes,
nous te prions pour que des semeurs et moissonneurs fidèles
trouvent le courage de s'opposer à tout type de fanatisme
et posent des gestes prophétiques de fraternité.

 

Equipe méditation@Evangile - frère Olivier Catel  - dominicain – Extrait de l’Echo d’Ozanam N° 381 – Vincent Chopart – spiritain – image Pascal Blaise - Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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Méditation 1er dimanche de l'AVENT

3 Décembre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (13, 33-37) 

 

Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! » 

Veilleurs, Témoins d'une espérance

La Parole de Dieu, on ne l’emporte pas au bout du monde dans une mallette : on la porte en soi, on l’emporte en soi. On ne la met pas dans un coin de soi, dans sa mémoire, comme sur une étagère d’armoire. On la laisse aller jusqu’au fond de soi, jusqu’à cette charnière où pivote tout nous-mêmes. 

Cette Parole, quand nous sommes habités par elle, nous devenons aptes à être missionnaires. Une fois que nous avons connu la Parole de Dieu, nous n’avons pas le droit de ne pas la recevoir ; une fois que nous l’avons reçue, nous n’avons pas le droit de ne pas la laisser s’incarner en nous. Une fois qu’elle s’est incarnée en nous, nous n’avons pas le droit de la garder pour nous ; nous appartenons dès lors à ceux qui l’attendent… 

L’Évangile n’est pas fait pour être lu, mais pour être reçu, en nous. Chacune de ses paroles sont esprit et vie. Vivantes, levain qui fait fermenter un mode de vie nouveau. Les paroles de l’Évangile nous pétrissent, nous assimilent à elles. Elles sont miraculeuses. En chaque phrase de Jésus demeure la vertu foudroyante qui guérissait, purifiait, ressuscitait. À la condition d’agir en pleine obéissance… 

Quand nous tenons notre Évangile, nous devrions penser qu’en lui habite le Verbe qui veut se faire chair en nous, s’emparer de nous, pour que son cœur, greffé sur le nôtre, son Esprit branché sur notre esprit, nous recommencions   Sa vie en un autre temps, le nôtre, en une autre société humaine, la nôtre. Donc nous devons croire en notre monde plus que quiconque parce que nous le savons destiné à l’éternité. Et si nous avons l'impression que le maître est parti en voyage, au fond de nous, son amour est toujours brûlant. » (Madeleine Delbrel)

Il y a urgence pour Dieu chaque fois que des femmes, des enfants, des
hommes, sont atteint par la souffrance. Alors Dieu vient.
Il ne vient pas bouleverser la terre ni ébranler les cieux. 
Il vient bouleverser nos cœurs, changer nos vies par une présence intérieure. Restons debout pour veiller et prier, pour prendre nos responsabilités, 
pour agir et vivre. « Veillez », dit Jésus. 
Il fait frémir nos cœurs pour réveiller en nous le désir de plénitude. 
La perspective de ce moment qui vient à l'improviste, oriente nos vies. 
Qu'il ne nous trouve pas endormi, mais vivants aux aguets, 
dans une attente active et confiante 
où se reçoit et se déploie notre liberté de servir et d’aimer.

 

Tournés vers l'Avenir

Equipe Méditation@Evangile - Extrait de l'Echo d'Ozanam N°380 - Vincent Chopart, spiritain - François Roger - Peinture Bernadette Lopez - image Pascal Blaise

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Méditation 31e dimanche du Temps Ordinaire A

5 Novembre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (23,1-12)

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

 ATTACHEMENT à LA VERITE ET à LA SOURCE

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus dénonce le  "cléricalisme" de certains. Au début de sa vie publique Jésus est proche des milieux pharisiens. Il aime leur fidélité scrupuleuse à observer la Loi de Dieu. Il conseille aux gens de "faire ce qu'ils disent". 

Mais Jésus s'est aperçu qu'il y avait un décalage entre ce que les chefs religieux disent et ce qu'ils font. Jésus va se séparer d'eux, critiquer leurs attitudes, pour une seule et unique raison : ces gens n'aiment pas. Ils s'aiment eux-mêmes. Ils mettent toute leur confiance, non pas en Dieu qui sauve, mais en eux-mêmes, en ce qu'ils font de bien. 

Ils se font une fausse idée de Dieu parce qu'ils se prennent eux-mêmes pour le centre du monde. D'où orgueil et désir de paraître chez ces bien-pensants. De serviteurs de la Parole, ils se sont mués en propriétaires de cette Parole. La foi qui « sait tout » est plus tentée par les "avoir l'air et les paraître" que le "vécu". Une Foi toujours prête à faire la leçon, mais beaucoup moins disponible à l'écoute ! Cette foi, obnubilée par les fonctions et le fonctionnement, détourne l’évangile. 

Nous pouvons nous demander : mes actes sont-ils en conformité avec ce que je crois, ce que je dis ? De plus, est-ce que, sous le couvert de la Parole de Dieu, je ne cherche pas à faire passer mes idées, ma propre idéologie ?

Prière pour les Fidèles Défunts de la communauté de paroisses

En demeurant fermes dans l’attachement à l’enseignement, nous évitons non seulement l’écueil de se focaliser sur l’exemple et les dérives de quelques-uns, mais nous les aidons par notre solidité et notre attachement à la vérité et à sa source. C’est par la force d’un accrochage indéfectible à la foi dans tous les aspects de notre vie, par l’attraction d’une cohérence que la communauté des croyants peut se régénérer. Bref, si ceux qui sont censés vivre plus intensément que les autres la Loi parce qu’ils l’enseignent ne sont pas des témoins crédibles, le reste de la communauté peut et doit demeurer le lieu de recherche et d’appropriation de la source et de son interprétation authentique dans une vie personnelle et communautaire.

Rien de plus puissant pour contrecarrer le contre-témoignage de quelques-uns. Puissions-nous ne jamais quitter la source vive: ton cœur Seigneur, livré corps et sang pour que nous ayons Ta vie pour seule boussole.

Equipe Méditation@Evangile - Extrait de l'Echo D'Ozanam N°376 - Vincent CHOPART - spiritain - Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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Méditation 26e dimanche du Temps Ordinaire

1 Octobre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (21, 28-32)

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :  « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. » 
 

" Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne"

Par cette parabole, Jésus réagit vivement contre ceux qui se croient religieux car ils font des gestes religieux. Jésus dit “non” à ces apparences hypocrites. Les attitudes de prières, le catéchisme et les prières apprises par cœur, ne font pas d’un homme un chrétien ! St Vincent de Paul disait : “Plus vous vous viderez de vous-mêmes, plus Dieu vous remplira.” “Même s’il vous faut moins prier, occupez-vous davantage des autres ! Passez de l’amour affectif, à l’amour effectif !

” Vincent de Paul n’a pas dit “oui” sans engager toute sa vie. Il a lutté contre la foi de façade de certains chrétiens du dimanche, contre les injustices envers les plus pauvres, il a lutté pour améliorer le sort des galériens et des prisonniers et pour secourir les enfants abandonnés. Il a lutté contre le manque de sérieux de la formation des prêtres, et, en haut lieu, contre les ravages de la guerre

Et nous, sommes-nous de ces chrétiens touristes de la Parole de Dieu, qui disent toujours “oui” du bout des lèvres, qui accumulent gestes, paroles et prières, mais qui jamais ne se risquent vraiment à marcher à la suite du Christ ?

Seigneur, le signal est clair. Tu nous apprends que nos mots sont à remplir de nos vies et non l’inverse. C’est sur les chemins de la justice en acte que tu nous attends. Tous nos discours s’effritent devant l’évidence de notre inaction. Que ta parole sans concession nous réveille de toutes nos inerties et nous replace en « pole position » dans l’engagement corps et sang au service de ton évangile.

Dieu notre Père, tu nous veux des fils capables de te dire “oui” par leurs actions plus que par leurs paroles. Merci pour le “oui” de ton fils Jésus. Il a su te dire, par toute sa vie : “Père, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.” 

À l’œuvre au milieu de nous, il éclaire nos réponses quotidiennes. 
Que son Esprit nous donne la force de travailler avec lui à ta vigne. 
Toi seul connaît l’amour secret qui se cache derrière le “oui” ou le “non” parfois déconcertant des petits et des humbles de ton Royaume. 
Que notre prière, et toute notre vie, soit un vrai “oui”, un accueil à ta parole,     
un merci à ton amour !

 

Equipe méditation@Evangile - Extrait de l'Echo d'Ozanam N°371 - Vincent Ravince, spiritain - Peinture Brenadette Lopez - Fribourg

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Méditation 25e dimanche du Temps Ordinaire A

24 Septembre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (20, 1-16a) 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.” Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !” Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. » 

ÉGAL TRAITEMENT 
Comme c’est difficile d’entrer dans la logique du Royaume! Le jeune homme riche en fait les frais. Impossible de tout quitter pour suivre et s’attacher à Jésus. Et alors questionne Pierre, pour ceux qui l’ont fait ? Jésus est clair: pas d’autre bien en vue qu’un être en partage qui n’aura pas de fin: la vie éternelle pour tous. Cadeau unique, égalitaire, qui vient nous chercher dans nos besoins de récompense, de hiérarchie et de mérite.

Avec cette parabole, Jésus désamorce le réflexe de comparaison. La justice du Royaume ne relève pas d’un salaire. C’est un don. Il surpasse toute idée de rétribution. Il n’est pas le fruit d’un travail mais le débordement d’une bonté, d’une volonté qu’aucun ne soit laissé en dehors de son champ. Le maître du domaine déroute par cette bonté. Sa logique autre disqualifie notre structure rémunératrice. La vie éternelle est le don unique accessible à tous sans condition autre que la volonté d’y entrer. Le Seigneur embauche ses ouvriers et leur salaire, quelle que soit l’ancienneté, c’est la vie avec lui. Voilà notre part propre et irréductible. Impossible de recevoir moins que cette bonté. Il n’y a pas d’échelle de salaire, de grille ou de paliers.
 

Être avec Jésus est le bien le plus précieux et sans éclipse reçu par les apôtres hier et par nous aujourd’hui, les ouvriers de la dernière heure, les bienheureux qui s’ignorent, les bien-aimés de toute éternité. L’amour de Dieu n’en finit pas de sortir pour aller chercher les sans-abri, les sans-travail, les oubliés. Il vient les enrôler dans son jour sans fin pour que se lève en chacun l’aurore de la joie et de la reconnaissance. Genèse de toute eucharistie: le Seigneur est venu nous chercher pour que nous ne manquions pas à l’appel de son rassemblement dans l’amour et que nous partagions sa joie extensive de nous accueillir et de nous combler pareillement du premier au dernier.
 
En définitive, dans le Royaume, il ne peut y avoir qu’un seul salaire pour tous, premier ou dernier, parce que ce salaire c’est la vie éternelle ! Et lorsque Dieu donne, il donne tout. Mais toi, sauras-tu t’en réjouir pour les autres ? Puissions-nous donc partager reconnaissants sa joie et son eucharistie jour après jour qui nous agrège les uns et les autres à son bonheur sans fin. 
  

Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture bernadette Lopez - Fribourg

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Méditation 23e dimanche du Temps Ordinaire A

10 Septembre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (18, 15-20) 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples:
« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » 

OBLIGATION FRATERNELLE 

« Si ton frère… » Voilà un début de phrase que l’on entend à peine, tant ce qui suit semble exigeant.
 
Qu’est-ce qui est en jeu ? Pas seulement le lien de fraternité… le péché commis ne blesse pas seulement la relation fraternelle. Il est l’indice d’une rupture plus fondamentale avec la source de la vie.  Le lien de l'amour est capable de surmonter les blessures pour ne regarder que le bien suprême de l’unité mis en danger par le détournement d’un seul. 

Notre fraternité originelle nous met pareillement en demeure de veille et de garde de tous nos frères et sœurs sous peine de perdre notre propre visage fraternel. En effet, comment se satisfaire de la perte d’un frère ou d’une sœur ? Non seulement pour lui-même ou elle-même, mais aussi pour nous-mêmes et plus encore pour la communauté ? C’est la raison pour laquelle quand ce lien fraternel est menacé par le comportement d’un seul, ce sont tous ces liens fraternels et communautaires qui doivent opposer une résistance, tout faire pour que la vérité et la justice soient rétablies et que le lien de l’amour retrouve ses droits et son expression.
 
Le climat fraternel est au fond le garant de la santé de tous. La correction fraternelle n’est pas un accessoire. C’est l’incontournable moyens mis en œuvre pour empêcher l'extension de la détérioration du climat fraternel de la communauté paroissiale des enfants de Dieu, à vivre dans la force de ce côte à côte habité de la présence qui nous réunit chaque jour en eucharistie.
 
Puissions-nous donc ne jamais quitter ce trait d’union tracé entre nous tous par Jésus en croix, notre frère.

Toi le Dieu des choses impossibles, pour les hommes et les femmes qui se réconcilient, pour tes disciples qui avancent sur le chemin du pardon et de la paix, béni sois-tu ! 

Toi le Dieu des choses impossibles, pour la patience et la persévérance des parents, des enseignants, des catéchistes, qui inlassablement veillent avec bienveillance sur les enfants et les jeunes que tu leur confies, béni sois-tu ! 

Toi le Dieu des choses impossibles, pour celles et ceux qui continuent à croire en la paix quand la guerre fait des ravages, à croire en l’unité et au pardon quand la haine et la violence se déchainent, béni sois-tu ! 

Toi le Dieu des choses impossibles, pour toutes les personnes appelées à défendre la justice et le respect des lois, mais qui font aussi preuve d’humanité, d’écoute et d’empathie, béni sois-tu !

Le P. Brice Bwettou Moussad, notre "cadeau" en ce début d'année pastorale, 
"Osons la rencontre de l’autre, 
qui est tellement différent de nous, 
pour nous ouvrir à l’imprévu de Dieu. 
Laissons-nous façonner et émerveiller par le Christ ! "

 

Equipe Evangile&Peinture - Extrait de Marie-Dominique Minassian et de L'Echo d'Ozanam N°368 - Peinture Bernadette Lopez - https://www.bernalopez.org - mise en page François Roger


 

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Méditation 22e dimanche du Temps Ordinaire A

3 Septembre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (16, 21-27) 

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. » 
 

IMPENSABLE OPTION 

On pourrait se reconnaître aisément dans la réaction de Pierre incapable d’accueillir l’idée même que Jésus puisse être persécuté et tué par les autorités religieuses. Lui, le fils de Dieu… Comment est-ce possible? Pire: comment lui-même peut-il s’y résoudre? C’est bien une écoute impossible. Pierre en reste à son monde. Un monde où les autorités sont du côté de la justice et de la vérité. Un monde où l’amour est reconnu. Un monde dans lequel il est vainqueur. Et puis… comment suivre quelqu’un qui va délibérément à la mort sans la vivre soi-même? 

Il s’agit là de l’ultime étape pour Jésus et ses disciples. Quand le fossé se creuse avec les autorités religieuses qui ne voient en Jésus qu’un danger, ce petit groupe autour de lui est le noyau qui atteste d’autre chose. En marchant avec lui, en le voyant vivre, se donner sans compter, prêcher, guérir, les disciples sont témoins du nouveau monde ouvert à tous auquel Jésus fait accéder tous ceux qu’il rencontre. Dieu, personne ne l’a jamais vu, mais Jésus lui donne visage. Un visage de bonté qui contraste avec le monde qui voit en lui une menace. Jésus n’a pas d’autre visage à offrir. C’est la raison pour laquelle il doit poursuivre sa route jusqu’à Jérusalem. Sa puissance ne s’effrite pas dans la fuite et l’évitement. Elle s’affirme dans l’embrassement et la confrontation. Jésus est en visitation. Il a pris tous les risques, en particulier celui d’être reçu ou rejeté. Ni l’un ni l’autre ne lui appartiennent.

Seule la bonté lui appartient et défie le cœur de tout homme qu’il croise. Il doit aller jusque-là. Et le disciple n’est pas au-dessus de son maître. Ce « jusqu’au bout » de la bonté n’est pas sujet à éclipse. Il prend toute sa consistance dans la force d’un attachement sans prix. Jésus la trouvait de nuit dans la prière à son Père. Et ses disciples s’en nourrissaient, de jour, en marchant avec lui.

Pas d’autre programme pour nous aujourd’hui. De jour comme de nuit, c’est dans la force de notre attachement à Dieu que nous trouverons la force de vivre tous les détachements… jusqu’à mourir s’il le faut. « Quand ton corps s’en prend à ma vie, quand ton sang y met le feu, mon cœur me monte au visage » (Bx Christophe Lebreton, moine de Tibhirine)
 
Puissions-nous, comme en témoigne Gérard Schaeffer, vivre le jusqu’au bout de la bonté et lui donner visage chaque jour dans le pas à pas et le coude à coude de notre quotidien. 
 

Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez -
https://www.evangile-et-peinture.org   -  https://www.bernalopez.org

 

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Méditation 21e dimanche du Temps Ordinaire A

27 Août 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (16, 13-20) 

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ. 

DIVINE IDENTITÉ 

« tout ce que tu auras lié sur la terre, sera lié... » Une clef : cela ouvre, cela ferme.

Toi, Seigneur, tu m’ouvres la porte et j’entre pour être avec toi. Je ne te ferme pas mon cœur. Oui, je souhaite rester avec toi pour m’ouvrir à ton projet d’amour pour tous les hommes, pour les libérer de tout mal. Et si nous devions répondre à la question de Jésus : Qui est le Fils de l’homme ? Quelle serait notre réponse ? 

Qu’ont répondu les apôtres ? « Jean Baptiste, Élie, un prophète ! » 
Que répond Simon-Pierre ? « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » 
Qui l’a aidé à répondre ainsi ? 
C’est le Père du ciel qui lui a ouvert le cœur. Qu’il en soit heureux ! 

Quelle est la mission que Jésus lui confie ? Bâtir son Église, construire le Royaume de Dieu. Pour se faire, il lui confie la clef du Royaume. Quelle est la mission d’une clef ? Ouvrir et fermer. 
Qu’est-ce que cela veut dire ? Ouvrir les portes du Royaume : Ne pas enfermer les hommes dans leurs péchés, les ouvrir à la miséricorde de Dieu. 

Seigneur Jésus, heureux sommes-nous, si le Père du ciel nous ouvre le cœur
et nous permet de proclamer que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.
Que la clef confiée à Pierre et maintenant à ses successeurs
nous ouvre la porte de la miséricorde d’un Dieu Père.

C’est ton corps et ton sang qui nous donnent le goût du ciel sur la terre. Viens, Seigneur Jésus, viens illuminer nos vies de ta joie!


Equipe Evangile@Peinture – Extrait de l’Echo d’Ozanam N° 366 – Vincent Ravince – spiritain
Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 20e dimanche du Temps Ordinaire A

20 Août 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (15, 21-28)

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

FOI CRIANTE 

Jésus, dans l'évangile de ce dimanche, va se laisser bousculer par une femme étrangère . Jésus aurait pu s'enfermer dans les jugements plaqués de son époque, et tout le monde (ses disciples en premier) aurait applaudi. Jésus sans cesse prend de la hauteur et élève, suscite un éveil et réveille la grandeur de celle qui lui parle. Jésus s'émerveille et libère.

La femme de l'Evangile aurait pu se décourager, elle a saisi que le pain destiné aux enfants dont parle Jésus, c’est sa Parole qui donne vie, mais qui se trouve rejetée par ces petits-enfants (les juifs du temps de Jésus) comme une nourriture avariée ! Puisque les enfants d’Israël font preuve de si peu d’appétit, pourquoi n’en profiterait-elle pas ? Aussi ose-t-elle répondre dans un élan de confiance : « Les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres »

Jésus, émerveillé, exauce sa prière : « Ta foi est grande. Que tout se fasse pour toi comme tu le veux ». Quelle formidable leçon pour les disciples qui voulaient écarter cette femme. Ainsi, Jésus ouvre une brèche que l'Église ne cessera d'élargir. Des miettes tombent... de tout ce surplus que nous avons voulu garder pour nous. Mais du pain partagé (de la Parole accueillie et multipliée), il reste 12 corbeilles pleines !

Si Jésus admire la foi de cette femme, c’est parce qu’elle se démène ; c’est parce qu’elle demande avec insistance non pour elle mais pour sa fille ; c’est parce que cette femme qui aime sa fille a déjà fait tout son possible pour elle, et que maintenant elle se jette dans les bras de Dieu, qu’elle s’offre elle(même pour que Dieu agisse, en sa fille, et en elle !

 

Seigneur sauve-nous de nos étroitesses d’esprit ; ouvre nos yeux sur nos enfermements ; dénonce nos complicités avec les attitudes d’exclusion mises en place autour de nous ; et accorde-nous la force de témoigner ouvertement de l’universalité de ton amour.


  
Equipe Evangile@Peinture - Extrait de l'Eche d'Ozanam N° 365- Vincent Ravince , spiritain - Peinture Bernadette Lopez 

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