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Le berceau du fer

meditation dominicale

LITURGIE ANTICIPEE - Fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ - 6 juin 2021

6 Juin 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

La page d’Évangile en ce jour de la Fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ nous donne d’assister à la toute dernière Pâque de Jésus. Ses disciples sont dans le souci d’organiser cette fête pour lui. Ils ne le savent pas encore, mais du côté de Jésus, c’est une autre Pâque à laquelle il se prépare. La table, d’ailleurs, est déjà prête. Il ne manque que les convives.

Les disciples ne le savent pas, mais eux-mêmes assistent à une liturgie anticipée dont la symbolique va traverser le temps et l’espace, éternisant les mots et les gestes prononcés par le maître. Ils nous parviennent aujourd’hui et nous les revivons sans parfois en percevoir toute la portée. Jésus ce jour-là modifiait durablement le sens de la fête la faisant passer de l’extérieur à l’intérieur, du rituel à l’existentiel, du symbolique au réalisme du don qu’il est en train de faire de sa vie.

L’Agneau c’est lui, pur et sans tâche. C’est lui qui se donne en nourriture pour nous. C’est lui qui est en souci de nous tous. Son corps et son sang, voilà ce qu’il nous offre par anticipation pour que nous vivions de ce don. Jésus transforme le récit des événements avant même qu’ils aient lieu. Sa mise en croix sera exposition, offrande du juste portée à la vue de tous. Son corps et son sang seront nourriture pour tous les temps, liturgie sans fin offerte à tout disciple croyant à l’amour tout-puissant.

Nous ne savons pas toujours ce que nous faisons en célébrant chaque jour ce don, mais il nous transforme peu à peu et nous offre de devenir nous aussi nourriture pour tous ceux qui nous entourent. Son corps et son sang sont pour tous. Les disciples sont chargés de ces dons non comme des insignes mais comme un élan et un bouleversement que la répétition ne saurait édulcorer.

Recevoir Jésus nous rend responsable du repas et de la table de banquet dressée pour tous. Il nous marque de son grand désir que nous ayons la vie en plénitude. Pas seulement nous, mais le monde, celui-là même qui l’aura crucifié après l’avoir acclamé. En offrant ainsi sa vie, Jésus a dressé la table éternelle du pardon. Elle est désormais à portée de main et de bouche, pour consommation immédiate et joie perpétuelle.

Béni sois-tu Seigneur pour tant d’amour ! Communier c’est vivre de ce don originel et faire profession de partage. Don et pardon passent désormais par nous. Le Royaume est tout proche...
 

Equipe Evangile&Peinture – M-M Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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L’ENTREE DE JESUS à JERUSALEM

28 Mars 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Marc (11, 1-10)
Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, vers Bethphagé et Béthanie, près du mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est en face de vous. Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous dit : ‘Que faites-vous là ?’, répondez : ‘Le Seigneur en a besoin, mais il vous le renverra aussitôt.’ » Ils partirent, trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachèrent. Des gens qui se trouvaient là leur demandaient : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire. Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrirent de leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »
(Passion : 14,1-72.15,1-47)

LECTURE DIVINE

Nous arrivons avec Jésus en bout de course. Sur le seuil de la grande semaine pascale, chaque année ce sont ces clameurs de joie qui résonnent d’une foule qui ne sait pas ce qu’elle fait pour le meilleur et pour le pire. L’intelligence des événements est ailleurs. Elle est logée au cœur de l’Écriture et de ceux qui la scrutent. Le sens de ce qui arrive se déploie dans une histoire - sainte - qui dépasse les bords du temps et de l’espace. C’est dans le cœur de Dieu qu’elle culmine et trouve sa résolution heureuse. 

L’acclamation populaire qui ponctue ce récit récapitule la reconnaissance et anticipe une autre joie. Elle est prise dans un niveau de sens que seul Jésus, à cet instant, est capable de percevoir. C’est sa lecture divine des événements qui va nous hisser peu à peu à la hauteur du présent des Écritures. Lui seul sait, à ce stade, par quel effondrement il lui faudra passer, et nous tous avec lui.

Mourir pour vivre, pour donner la vie, n’est pas inné. Ce sera la grande leçon de Pâques qui s’amorce et qui s’avance sans prétention sur un ânon. Les airs triomphants de la scène trouvent ici l’élément discordant qui met sur la piste d’un autre récit en cours. Nous voici mis en éveil. Il y a ici bien plus que Jésus de Nazareth, le mage dont tout le monde parle, bien plus que le roi espéré ou le Messie flamboyant qui chassera l’oppresseur en s’imposant, soutenu par l’ovation populaire. Il y a dans ces acclamations bien plus que tous ceux qui s’amassent pour joindre leurs voix. Il y a dans le moment précis bien plus que ce qu’on en a dit. Il y a un condensé de sens qui ne pourra éclater qu’en faisant céder toute représentation. Le réel a besoin de se retourner pour y croire. Comment cela s’est-il fait ?

La course folle de l’histoire est en train de vivre un point d’inflexion. Mais elle ne le sait pas encore. Certaines choses reviendront à leur point de départ, comme l’ânon reviendra à son propriétaire. Le pouvoir reviendra aux violents qui l’exercent. Mais la vraie puissance est à l’œuvre et elle s’avance, désarmée, livrée : libre. Le Fils de Dieu nous a dans son cœur. Il est captif de son amour pour nous. Et nous ne le savions pas, préoccupés que nous sommes d’avoir la vie, plutôt que de la recevoir.

Cette nouvelle semaine ne sera pas de trop pour nous faire pénétrer un peu plus avant dans la nécessaire réception du récit essentiel de notre foi. Le monde en a besoin.
                                    
Equipe Evangile&Peinture -  M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 - mise en page F.Roger

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2iéme Dimanche de Carême

28 Février 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Marc (9, 2-10)

En ce temps-là, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».
 

LUMIÈRE VIVE

S’ils avaient su, ils se seraient sans doute passés de cela, mais Jésus les a choisis pour vivre avec lui ce moment de prière dans la montagne dont il avait l’habitude. Son intention ? leur dévoiler quelque chose de lui. Les mots auront de la peine à raconter la scène. D’ailleurs, la consigne de silence lancée par Jésus à la descente de la montagne va envelopper chacun dans un immense mystère. 

L’intelligence s’est mise en branle. Elle questionne. Elle est en chemin. Tout comme Jésus. À la différence que lui contient le sens quand les disciples le cherchent. Mais leur point de vue a changé. Il est devenu post-pascal. Si planter sa tente n’a pas été possible, quelque chose de durable et profond s’est imprimé en chacun d’eux. Ils n’en auront pas besoin immédiatement, mais c’est un point de départ pour un compagnonnage un peu différent. Jésus chemine désormais vers un passage étroit. Il devra l’affronter seul, mais il prépare malgré tout ses plus proches. Il les acclimate à son être lumineux. Jésus est bien plus que cet homme merveilleux qui cumule prédications, guérisons, et autres miracles. Il sera bien plus que cet homme agonisant sur la croix...

Ils sont en train de vivre un accomplissement. L’histoire est en marche. Le Fils de Dieu est en train de lui faire vivre une inflexion décisive. Sa vie, et plus encore sa mort, vont radicalement changer l’histoire qui est sur le seuil d’un nouveau commencement. Les disciples vivront cela. Ils inaugureront l’histoire renouvelée par le don de Jésus sur la croix. 

Jésus a eu le temps de découvrir ce besoin humain de lumière. Il donne à ses disciples le fin mot de l’histoire. Moïse, Elie, Jésus... tout sera enfin résolu. L’exode est fini, les prophéties aussi. Le temps a donné son fruit et la bénédiction ouvre le temps nouveau du Ressuscité. En attendant, ils vont venir les jours du crucifié. Et il ne faudra pas oublier aux heures sombres que l’histoire ne débouche pas sur la nuit, mais sur le jour qui ne finit pas. 

Le Thabor est dressé par Jésus pour nous faire traverser nos portes étroites. Sa lumière n’a besoin que de nos yeux ouverts, de nos cœurs attentifs à sa Parole. C’est désormais lui, le Verbe, qui prend le commandement de nos mots, qui les met en parole, en ordre de sens, pour les conduire à la fête.

Jésus est la bonne nouvelle du jour, de tous nos jours. Il est le fin mot de l’histoire, la chute. Il nous fait prendre l’ascenseur pour rejoindre l’autre rive, depuis laquelle tout devient limpide. Il fait clair.

Aujourd’hui, grand beau temps sur nos vies illuminées de toi. Nous pouvons redescendre dans la nuit, nous connaissons ta lumière. Mais, viens Seigneur Jésus, viens vivre avec nous la suite de l’histoire. Pas sûr qu’on ait tout compris!

Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Berna 
 

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Dimanche 14 février 2021 - "Je le veux, sois purifié"

14 Février 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Marc (1, 40-45)

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

Compassion féconde

Jésus guérit un lépreux. Il est aisé de faire le parallèle entre la lèpre des lectures de ce jour et tous les malheurs qui s’abattent sur notre monde : la pandémie, le terrorisme, les catastrophes naturelles, le chômage… Nous pouvons aussi nous regarder et passer en revue toutes ces dimensions malades de notre vie qui nous assimilent à un lépreux. Nous sommes invités à renouveler notre regard sur Jésus et à convertir notre attachement à lui. 

Jésus nous apparaît dans le récit de ce dimanche comme un homme « saisi de compassion ». Les évangiles évoquent souvent ce sentiment de Jésus devant ceux qui souffrent : des personnes malades et des foules désorientées. 

La compassion de Jésus n’est pas de l’empathie bienveillante, mais une source féconde de guérison. Jésus pose un geste, généralement de la main, et le salut s’étend autour de lui comme un éclat de vie. Il nous est difficile dans nos mentalités occidentales d’envisager le salut de Jésus « comme » et « quand » il le veut. Nous fuyions tout ce qui peut nous rendre vulnérables. Sans compter que les sciences et les techniques nous ont longtemps donné l’illusion d’arriver à bout des maladies, de la vieillesse et de la mort… 

Aujourd’hui cet épisode nous invite à regarder notre monde souffrant non seulement avec bienveillance, mais encore avec compassion. Une compassion féconde qui engendre la vie et que Jésus donne à ceux qui la lui demandent.

Equipe Evangile@Peinture - Karem Bustica Prions en Église - F. Roger – Peinture Bernadette Lopez 

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Cascade vocationnelle

17 Janvier 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Jean (1, 35-42)
 

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Mouvement incessant

Aller et venir, regarder, dire, entendre, suivre, se retourner, chercher, trouver, demeurer, amener… L’évangéliste a concentré dans ce passage tant de verbes si précieux pour décrire la vie chrétienne, la vie des disciples de Jésus… Pas étonnant que la vie d’un tel disciple ne soit pas de tout repos ! C’est un incessant mouvement, extérieur comme intérieur. Les disciples se déplacent corporellement, mais aussi intérieurement. Telle est la dynamique de la conversion continuée. Ce mouvement nécessite des relais. Jean le Baptiste désigne Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu. » André annonce volontairement à son frère Simon : « Nous avons trouvé le Messie. » Ces relais sont d’indispensables intermédiaires. Ils désignent en même temps qu’ils interprètent. Ce n’est pas seulement « Jésus »

C’est « l’Agneau de Dieu », « le Messie ». L’interprétation parle aux interlocuteurs. Et les intermédiaires se contentent de leur annonce, à l’image de Jean, ou entraînent leur partenaire, à l’image d’André qui « amène son frère à Jésus ». Si, d’une manière ou d’une autre, nous avons rencontré Jésus comme Jean ou comme André, nous sommes aussi des relais pour le faire connaître. Dans le quatrième évangile, l’évangélisation ne commence pas par un grand discours aux foules, mais par une annonce de proximité qui passe de cœur en cœur.

L’aventure de l’évangile est à notre porte. Le désir de notre cœur ne peut nous trahir. Croyons à ses aspirations. Prenons un temps pour voir, choisir, agir. Ouvrons la main et laissons celui que nous allons recevoir nous dévoiler au jour le jour le chemin merveilleux que l’amour nous réserve. Dieu vient à chaque instant rencontrer notre condition. « Viens, parlons, osons rêver… »

Equipe Evangile@Peinture - Père Emmanuel Schwab – Peinture Bernadette Lopez – mise en œuvre F.Roger -                                    Il y a 150 ans, le 17 janvier 1871, la Vierge Marie apparaissait à Pontmain.

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