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Le berceau du fer

meditation

Méditation 3e dimanche de Pâques

18 Avril 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

PASSAGE DE TEMOIN

Le Crucifié-Ressuscité a décidément bien du mal à se faire reconnaître des siens. Leur réel, c'est la mort de leur maître. La Résurrection demeure pour eux une lointaine idée. Il leur faut le Ressuscité pour la faire passer dans le concret et chasser la peur qui règne dans leurs esprits en perte de repères. Alors quand Jésus débarque au milieu d'eux, c'est bien pour opérer ce passage et ancrer leur relation dans cette nouveauté. « La paix soit avec vous... » Première conversion à vivre... Accueillir sa paix, se laisser faire par sa présence, sentir en soi la consolation de la relation retrouvée après la blessure de la séparation. Son évocation suffit à le rendre présent.
 
Deuxième conversion : la maîtrise des pensées... rester dans cette présence. Ne pas se laisser emporter par le doute ou les objections. La réalité de la Résurrection ne repose pas sur un simple faisceau d'indices ou le témoignage de quelques illuminés. C'est le Ressuscité lui-même qui vient interroger ses disciples et leur donner sa chair à voir, à croire. Elle est le point d'accomplissement de toute l'Écriture. Sa chair ressuscitée condense en elle toute l'histoire qui y trouve sa résolution. Point d'incandescence.
 
Troisième conversion : habiter l'Écriture... ne pas la quitter. Y contempler l'histoire du Fils de Dieu. C'est désormais dans les disciples que repose la vérité qu'elle contient. Ils deviennent le point de passage, le point d'ancrage pour une nouvelle genèse. Une autre page va s'écrire avec eux. Ils ont reçu la charge d'annonce. Leurs vies vont s'aligner sur l'événement et être en miroir de cette nouveauté. La Résurrection n'est pas une idée. Ce sont des existences qui ont basculé dans la paix du Christ et relayent sa vie au monde. Des vies qui donnent le Christ à croire par la vérité qui les anime et qu'ils partagent.
 
Quatrième conversion... Des hommes et des femmes baptisés dans la paix et la joie du Christ : diffuseurs d'espérance vive. Des vies qui ne font peut-être plus nombre, mais qui font signe… C'est désormais à nous de donner l'Amour à croire.
 


Equipe Evangile&Peinture - M-M Minassian – Peinture Berna et Arcabas

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Méditation du 2e dimanche de Pâques

11 Avril 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

RÉANIMATION PASCALE

Que d’obstacles ! Nous fêtons d’année en année la résurrection de Jésus, et c’est la liturgie qui nous confronte à la difficulté de croire. Les disciples n’y échappent pas. L’expérience du tombeau vide n’as pas été une évidence de foi pour tous. Pierre, Marie-Madeleine... Il a fallu un second temps, une répétition. Comme si les sécurités mentales devaient être d’abord ébranlées pour être ensuite définitivement levées. 

La foi est une reddition de tout l’être, un désarmement profond devant ce fait inouï qui dépasse l’entendement. La résurrection n’appartient pas à l’ordre de la nature. Elle le supplante ouvrant grandes les portes de la vie sur le vestibule du Royaume. 

Ce passage d’un monde à un autre, c’est la foi qui l’accomplit et y fait accéder. La foi est rencontre, modification de soi au contact du Royaume. Mais il peut y avoir refus, évitement, contournement, préservation de soi. Ceux qui ont croisé la route de Jésus ont vécu cela. Ses disciples aussi. Et au bout de leur compagnonnage avec leur maître, c’est pour eux la toute dernière épreuve, sa mort, qui les accule à l’acte de foi ultime, les faisant basculer dans la vie qui ne finit pas. 

Pour ce faire, Jésus leur apparaît. À quelques-uns d’abord... ils sont bouleversés mais ils ne sont pas crus par les Onze quand ils rapportent cette rencontre. Jésus va donc leur apparaître collectivement. Seul Thomas n’est pas là. Sa paix les rejoint dans leur peur. Mais malgré leur envoi en mission et le souffle reçu du Ressuscité, ils restaient toujours reclus, portes verrouillées. Il fallait une répétition. Il fallait vaincre la résistance ultime de l’un d’entre eux pour que le corps tout entier des disciples s’en trouve libéré, affranchi. Cela ne pouvait pas se faire par le témoignage des autres, mais seulement par un contact direct avec le Crucifié-Ressuscité...

La réalité de la mort n’est pas effacée par la Résurrection. Elle est supplantée. Elle n’est plus un point final mais le point focal qui emmène la vie sur un autre versant. La foi nous fait vivre depuis l’autre rive. Les croyants sont des survivants. La foi en la Résurrection n’est pas de l’ordre de l’évidence. Elle n’est pas matérielle. Elle lutte contre une absence. Elle est mémoire d’une annonce et bouleversement d’une rencontre. Elle a besoin du témoignage des autres et de la rencontre avec le Crucifié-Ressuscité. L’un valide l’autre.

Notre cœur est prompt au doute. Il lui faut la répétition de la grâce pour s’abandonner au mystère de la vie victorieuse de la mort. Dieu sait. Dieu donne. Et redonne. Béni soit Dieu !
  

Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Berna 
 

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Le Lundi de l'Ange

7 Avril 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #méditation

« A vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé de corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : deux anges, qui disaient qu’il est vivant. » Luc (24,1-8)

Le pape François a expliqué ce  lundi de Pâques que « même les femmes qui étaient allées au tombeau et l’avaient trouvé ouvert et vide, ne pouvaient pas affirmer: « Il est ressuscité », mais seulement dire que le tombeau était vide »: « Que Jésus était ressuscité, seulement un ange pouvait le dire avec le pouvoir d’être un messager du ciel, avec le pouvoir donné par Dieu pour le dire, de même qu’un ange – seulement un ange – avait pu dire à Marie: « Tu concevras un fils […], et il sera appelé fils du Très-Haut « (Lc 1, 31). C’est pour cela que nous disons que c’est le « Lundi de l’ange » parce que seul un ange peut dire par la force de Dieu : « Jésus est ressuscité »

Le Ressuscité n’envoie pas ses disciples « annoncer », comme dans les récits que nous le lisons ce mercredi de l’octave de Pâques. Nous comprenons que la rencontre avec le Christ, comme le ressente les disciples d’Emmaüs, ne peut se garder pour soi seul, qu’elle se partage. Là est le fondement d’une communauté de disciples du Christ appelée à célébrer le Vivant et à témoigner de sa présence comme missionnaire de sa Lumière, dans la proclamation et l’écoute de la Parole, dans la prière et la fraction du pain, dans une qualité d’être et d’amour fraternel, à vivre à travers nos vies quotidiennes.

Jour de Pâques à l'église St Martin de Hayange

Ressusciter, c’est renaître à une vie nouvelle, nous dit l’Évangile. Cette renaissance commence dès maintenant, et se vit tous les jours, chaque fois que nous devenons un peu plus libres et un peu plus aimants. « Alléluia, Alléluia, Voici le Point du Jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jours de bonheurs et de joies ! Alléluia »
 

Equipe Evangile@Peinture – sœur Emmanuelle Billoteau – PrionsenEglise – Peinture Fra Angelico

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Méditation Jour de Pâques

4 Avril 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

« Il vit et il crut »

L’évangile nous présente un matin de Pâques mouvementé par des allers-retours et des rencontres. L’homme qui est passé au milieu de nous « en faisant le bien », fait courir tout le monde, hommes et femmes. Marie Madeleine court vers le tombeau, puis elle court trouver Simon-Pierre et l’autre disciple. Les deux disciples courent alors vers le tombeau, l’autre disciple même plus vite que Pierre. Tous se précipitent jusqu’aux frontières de la mort. Cette course s’achève sur une phrase magnifique qui nous renvoie à l’apôtre Jean et à nous-mêmes : « Il vit et il crut » 

La foi chrétienne est la rencontre de deux visages : celui du Christ et celui du disciple. Les disciples ont vu et ils ont cru. À nous, aujourd’hui, il est demandé de croire sans voir, ou plutôt de croire pour éventuellement voir. Devenir croyant en Jésus ressuscité, c’est passer de la crainte à la confiance, du conflit à la paix, de la fermeture à l’ouverture, du repli à la mission. 

Jésus a offert sa vie pour donner la vie, sur une croix. Ce faisant, il ne nous tourne pas seulement vers le passé de sa passion mais aussi vers l’avenir de la mission. Vivre la foi chrétienne sera toujours sortir de ses enfermements personnels et collectifs, reconnaître le crucifié-ressuscité, se laisser recréer par le souffle de l’Esprit. 

Finalement, seul l’amour a les yeux perçants. Nul ne peut dire qu’il a vu le Christ, s’il ne se met pas à le suivre ; car tout regard sur le Fils de Dieu nous conforme à son mystère de mort pour la vie ; jusqu’au moment où nous le découvrirons dans la gloire. Au fond, c’est la foi qui élargit le regard. « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu », dira Jésus à Marthe. 

La mort douloureuse de Jésus et l’incroyable nouvelle de sa résurrection, reprise inlassablement depuis deux millénaires par tous les chrétiens du monde, doivent stimuler notre foi et nourrir notre espérance.

Evangile@Peinture -Père Jean-Paul Sagadou, PrionsenEglise– Peinture Arcabas 

La résurrection de Jésus me met-elle en mouvement ? Comment ?            

Aujourd’hui, comment suis-je témoin de la résurrection de Jésus dans mon milieu de vie ? 

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Si le grain tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit

21 Mars 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Bousculade à Jérusalem ! Nous sommes au temps de la Pâque. Tout le monde monte à la Cité sainte. Nombreux sont ceux qui se rendent au Temple pour remercier Dieu d’avoir libéré son peuple et de l’avoir conduit vers une terre de promesse. Ils viennent de partout. D’ici et d’ailleurs. Comme chaque année, Jésus aussi monte au Temple, à Jérusalem, pour la Pâque. 

Et le voilà dans la foule, avec ses disciples. Quelques Grecs interpellent Philippe : « Nous voudrions voir Jésus ! » Sont-ils de simples badauds, des curieux, ou veulent-ils devenir disciples de Jésus ? Rien n’est dit de leur désir profond, mais c’est dans ce contexte qu’il nous faut entendre la réponse de Jésus à ses disciples : l’annonce de sa mort prochaine, du fruit qu’elle va produire, et des conditions radicales à mettre en œuvre dans la vie de ceux qui veulent être disciples.

Pour l’être, il faut suivre Jésus, et se détacher de sa propre vie pour faire la volonté du Père, pour faire la joie de Dieu ! Perdre sa vie devient un chemin de vie que l’on ne peut entendre et comprendre que dans la mort même de Jésus. Il y révèle son nom et sa puissance, faisant éclater la vie au seuil du tombeau et tuant à jamais la mort. Voir Jésus est désormais possible pour tout homme. J’ai vu Jésus, je ne peux plus vivre comme avant. Croire en Jésus nous fait naître à la vie.

Prière
Tu t’es abaissé, tu as été écrasé et broyé, comme le grain de blé, tu as été déposé en terre, hors de la ville, éliminé, écarté de la société des puissants. Ta mémoire devait disparaître.  Mais tu t’es relevé, pour porter du fruit en abondance.
Nous te disons Merci !

 

Equipe Evangile,@Peinture - Père Benoît Gschwind et Père Vincent –PrionsenEglise – Peinture Bernadette Lopez 
 

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Regarder la Croix et être sauvé

14 Mars 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Jean (3, 14-21)
 

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

EXPOSITION LUMINEUSE

Depuis le début de l’histoire des hommes, Dieu se fait inventif pour baliser le chemin qui mène à lui. Depuis la nuit des temps, les astres éclairent toute la création, rythment les jours et les saisons. Mais il fallait l’astre essentiel pour éclairer la route, montrer le chemin. Il fallait que l’homme lève les yeux pour enfin discerner Dieu. Il fallait que Dieu se lève en l’homme pour que l’homme retourne à Dieu. Ce chemin-là passera par la croix. Celle-là même que Moïse avait dressée dans le désert, hissant le mal et son origine à la vue de tous.

Jésus va choisir d’être sur la croix comme celui qui hisse à la vue des hommes le mal dont ils sont capables, et mais aussi tout leur pouvoir de vie. Sur la croix, Jésus oblige le regard. Il capte l’attention. Il questionne l’intention. Il fait impression. Toi qui vois les choses d’en haut ? Qu’en dis-tu ? Y a-t-il encore espoir ? Parce que vu d’ici, la situation est grave... nous sommes tout perdus, empêtrés dans nos peurs et nos compromis. Il semble que le poids des jours passés l’emporte sur l’attirance des jours à venir. Ta croix vient nous hisser à hauteur de ta lumière pour embrasser l’espérance. Pas seulement pour moi, pour nous... mais pour tous.

Tu nous sauves d’avoir à choisir. C’est toi qui nous choisis sans trier. Nous, c’est te regarder qui importe. Ne pas te quitter des yeux pour que tu deviennes le prisme de nos jours pluvieux. Ils sont annonciateurs d’un rebond fécond. C’est toi qui nous embrasses de ton regard, qui retourne nos vies de ton désir et les élève de leur désert. C’est toi qui imprimes en nous ta lumière. Croire, c’est accueillir ton jour. Parce que c’est toi qui crois en nous. Ta joie nous envahit alors et soudain : il fait beau...

Viens imprimer ta lumière en nous, Jésus ! Viens semer ton éternité. Prends-nous, avec toi, sur ta croix, là où culmine ta charité, ta bonté pour nous tous, tes bien-aimés. Vu de ta croix, notre petit monde s’agrandit de tous ceux auxquels nous ne pensions pas, de tous ceux que nous ne voyions plus. De ta croix, notre vue s’élargit. Nous voyons comme tu vois.

On se prend à désirer aimer: comme tu aimes... sur la terre comme au ciel.
                                 

Equipe Evangile&Peinture - M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez – Fribourg – PrionenEglise -Mise en page F.Roger

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Dimanche 7 février 2021 - Tout le monde te cherche

7 Février 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (1, 29-39)

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

ACTIVE BIENFAISANCE

Comme il est bon de regarder Jésus vivre... Il prêche à la synagogue, il prend des temps en famille chez ses disciples, il opère des guérisons sur les malades, expulse les démons... Jésus est à l’œuvre. Il vit des journées harassantes... on imagine bien les gens se presser autour de lui : un concentré d’attentes, d’angoisses et de misères... Comment être présent à tout ce défilé continuel ? Car il n’est pas question de s’y soustraire... Pas question non plus d’en être captif ! Jésus se laisse prendre par l’urgence des autres, mais il la fait précéder en tout par sa prise d’oxygène... Une petite phrase, plantée au milieu de cette page d’évangile, nous donne la clé de la vitalité de Jésus : « Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. » Avant sa journée pour les autres, c’est en solitaire qu’il va puiser l’énergie que les foules vont lui réclamer.

Regardons Jésus prier. Sa prière est chargée de tous ces visages, de toutes ces peines, de toutes ces vies perdues et retrouvées. Il est la voix de ceux qui n’ont plus la force de crier. Jésus est leur prière auprès du Père. Les cris silencieux trouvent en lui leur écho. Il n’est sourd à rien. Il voit et entend. Il partage à son Père tout le bien accompli et le bien à faire. Tout est pris dans sa prière. Sa journée entière est exaucement de la prière des autres. Son cœur est aligné sur leur misère. Il n’a pas d’autre réponse possible que de se donner lui-même à cette œuvre. Ses journées sans fin se suivent et se ressemblent. Leur fil rouge réside dans ce point de contact entre ciel et terre au petit matin. Chaque jour, Jésus choisit la peine de tous. C’est son urgence : que l’Évangile parvienne en mots et en actes à tous ceux qui en ont besoin.

Ce programme paraît presque trop simple... et même tout simplement TROP ! Comment vivre à ce point-là ? C’est la prière qui règle la question. Elle est le point d’écoute et de discernement. Jésus sait l’Évangile pour tous. Cela fixe un horizon et une limite. L’horizon qui le garde en mouvement vers tous les autres, sans exclusives. Une limite qui l’arrache à tous ceux qui voudraient le garder pour eux-mêmes. Dans la prière, Jésus retrouve son axe permanent, sa haute liberté de se distribuer à tous ceux qui l’attendent, sans se laisser happer ou enfermer d’une quelconque manière.

Regardons Jésus prier de bon matin. Entrons dans son silence et sa joie d’être avec le Père. Puisons avec lui la capacité d’accueillir tout ce que la journée va nous réserver, ce qu’elle va requérir de sa bonté. Osons vivre avec lui à crédit, à dépenser ce que nous n’avons pas, mais que nous serons sûrs de recevoir sur le moment pour en vivre. La prière de Jésus nous apprend à vivre à fonds perdus, parce que l’Évangile ne se paie pas de mots : ce sont des actes sonnants et trébuchants qui nous sont réclamés chaque jour. Ne tergiversons pas : offrons l’espace de notre prière et de nos journées pour que l’Évangile poursuive sa route!


Equipe Evangile@Peinture – Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez – Fribourg -mise en œuvre F.Roger

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Dimanche 31 janvier 2021 - Un enseignement nouveau

31 Janvier 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (1, 21-28)

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

PAROLE IMPACTANTE

Une voix résonne dans la synagogue. Que se passe-t-il ? Ce n’est pas comme d’habitude… Qui est-il donc ? Ce n’est pas un scribe. Son enseignement porte autrement. Il s’impose. À quoi tient la force de sa parole ? Les auditeurs du jour n’ont pas l’explication, mais ils reconnaissent son autorité. Ce qu’il dit les rejoint et a du poids sur eux. Le poids de la vie, le poids de la source... Le Temple accueille en fait en son sein sa parole fondatrice. Elle n’est pas pure répétition extérieure comme les scribes, elle est parole créative, plus intérieure aux auditeurs qu’ils ne le sont à eux-mêmes. L’auteur de la vie la fait vibrer. C’est une nouvelle Visitation. Exultation intérieure au contact du Fils de Dieu. Ceux qui l’écoutent ce jour-là ne le savent pas encore, mais celui qui parle est l’auteur même de leur vie. Voilà pourquoi il parle avec autorité. Voilà la source de sa légitimité. Ils rencontrent celui qui a désiré la vie pour tous les hommes depuis toute éternité. L’esprit impur l’a bien compris. Lui qui au contraire possède les autres, ne peut que fuir devant lui.

Cette Visitation tourne à la Révélation. L’adversaire est déjà terrassé, et le vainqueur nommé. Le saint de Dieu... reste à parcourir le cœur des hommes, à le conquérir pour qu’il en vienne non seulement à le reconnaître, mais à l’aimer de tout son être, qu’il ne soit plus le jouet de ces esprits impurs en quête d’une âme isolée et faible.

Jésus continue de prêcher. Sa parole d’autorité est à la porte de nos cœurs et elle frappe toujours. L’écho en chacun n’est pas audible dans la renommée et le spectaculaire qui nous attire, mais dans l’espace qu’il crée tout au fond de nous, dans le silence. Ce jour-là, à Capharnaüm, Jésus a entrepris une conversation avec chacun de nous. Sa parole nous est parvenue. Que disait-il au fait ? On ne sait plus, mais on se souvient que sa parole nous a fait du bien. C’est maintenant notre réponse qu’il attend, notre cœur séduit et reconnaissant que sa parole se soit déplacée jusqu’à nous...

Seigneur, ta parole nous retourne. Nous n’étions pas dignes de toi, mais tu as écarté tout ce qui nous séparait de toi pour ce cœur à cœur, cette joie sans filtre de retrouver ton souffle au creux de notre existence. Que ta voix ne nous quitte pas, Seigneur. Que ton autorité nous enveloppe, nous couvre de son manteau et nous envoie comme tu voudras vivre de toi.

Equipe Évangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez – composition F. Roger
 

 

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Un temps pour changer

24 Janvier 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (1, 14-20) - 3e dimanche du temps ordinaire
Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.
 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Méditation

« Encore quarante jours », Le temps est court pour le repentir de Ninive selon Jonas. Jonas est appelé et envoyé en une mission qu’il refuse d’abord, puis il obéit au Seigneur. Il part porteur de message aux habitants païens de cette ville « corrompue ». Jonas joue ici le prophète du malheur. Mais ce malheur n’arrivera pas. 

« Le temps est limité », ainsi Saint Paul met en garde les chrétiens de Corinthe. La première communauté chrétienne pensait que le retour de Jésus allait arriver dans peu de temps. « Le temps est limité » : chacun pense à sa propre vie. Nous sommes invités, pour le temps que nous avons, à prendre du recul et d’aller à l’essentiel, revoir nos priorités en faisant évoluer le monde dans le bon sens. 

« Les temps sont accomplis » nous dit Jésus dans l’Evangile. IL vient annoncer la Bonne Nouvelle de Dieu ! Il parle du temps mais d’une manière autre que les deux premières lectures. Il parle d’un temps favorable pour l’avènement du Royaume. C’est le temps de l’accomplissement d’une attente. Le Règne de Dieu s’est approché, Dieu se manifeste directement et ce n’est plus un Dieu lointain, il est parmi nous et nous sommes appelés à l’accueillir. 
Jésus appelle à la conversion, c’est-à-dire à un retournement, à un changement d’attitude et de regard ici et maintenant. C’est notre réponse à la grâce, au don gratuit de Dieu. C’est une réponse à l’amour et non plus une peur d’un châtiment. 

Jésus commence sa mission par l’appel de 4 pêcheurs de poissons. Ils se laissent pêcher par Lui. Ils le suivent pour devenir pêcheurs d’hommes et de femmes, sans filets, c’est à l’inverse de ce qu’ils faisaient avant. Ils vont appeler à sortir du marasme du péché, de tout ce qui nous éloigne de Dieu et du prochain…à une vie nouvelle avec le Christ. 

Nous sommes appelés aujourd’hui à changer de regard sur tout : sur Dieu, sur soi, sur les autres, sur le monde avec tout ce qu’il porte comme menaces de guerres, de conflits autour de l’eau, de détresse, de stress, de surmenage et de solitude accentuée par la pandémie…porter un regard nouveau sur ce qu’il se passe à ma porte, dans mon quartier…bref aller à l’essentiel pour que le Règne de justice, de paix et de bonheur, advienne ! 

Cet élan prend sa source à la Bonne Nouvelle de Jésus Christ que nous sommes chargés de répandre chacun selon son appel ou sa vocation. En 2021, c’est à nous que Jésus demande d’être les pêcheurs d’hommes, appelés à travailler ensemble au Salut de chacun et de tous, à sortir l’humain vers la vie. L’Évangile est donc une « heureuse annonce », c’est l’annonce de l’amour de Dieu gratuit, il se donne à nous et nous appelle à être à notre tour un don pour les autres. « Mais priez, mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps  🌍  Mon Fils se laisse toucher » annonce la Mère de l’Espérance à Pontmain.

 

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Baptême Inaugural

10 Janvier 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (1,7-11)
En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

BAPTÊME INAUGURAL
Jean-Baptiste était déjà tenu pour un prophète et respecté comme tel. Il ouvrait pour ceux qui venaient à lui des perspectives nouvelles. Mais voir la réalisation d’une prophétie, c’est encore une autre expérience ! En l’occurrence, c’est ce que vont vivre ceux qui assistent à la scène. Pourtant, de l’extérieur, rien d’étrange. Mais ils sont tout à coup comme immergés dans un monde nouveau que l’on savait devoir advenir, mais qui était encore à venir. Voici que ce monde nouveau émerge sous leurs yeux avec le baptême de Jésus. Plus rien ne sera désormais comme avant. Jean-Baptiste était un prophète. Il devient un témoin. Jésus était celui devait venir. Il est l’Emmanuel, Dieu parmi nous. Les pénitents, qui venaient recevoir le baptême d’eau, sont devenus les témoins de ce nouveau baptême dans l’Esprit qui les institue nouveau-nés dans l’histoire sainte.

Le temps s’est replié avec les cieux ouverts. Il va désormais vivre la Parole, en faire le récit par le geste, et donner raison à la bonté de Dieu. Des hommes, des femmes, à la suite de Jésus vont devenir les témoins de ce jour du temps où la terre et le ciel se sont unis pour désigner celui qui a pris le visage du salut pour tant d’autres. Le Fils de Dieu inaugure une manière d’être au monde, entre ciel et terre, dans battement de l’Esprit. Et nous sommes pris dans l’événement qui dure. 

Par notre baptême, nous avons été insérés dans cette histoire sainte. Le visage du Christ se reflète dans nos visages. La Parole de Dieu surplombe nos existences pour leur donner ce poids d’amour et d’éternité dont elles avaient soif. Elles étaient au bord du Jourdain. Les voici plantées en pleine histoire, en plein récit, pour que de leurs vies jaillissent l’Esprit qui les habite désormais. Tout le monde va repartir hébété, débordé, habité par ce qu’il vient de vivre, bouleversé par ce qui semblait n’être qu’une démarche d’homme, personnelle. C’est bien plus.

Jésus nous a inclut dans son histoire. Ce qui nous arrive lui arrive et vice versa. Dieu s’est inventé une proximité à nulle autre pareille. Et de la soif de chacun il a fait la procession d’un peuple qui traverse les âges pour faire exister l’Évangile sur terre, être les témoins de la folie de Dieu, vivre de sa bonté pour y immerger le monde qui nous entoure. 

Le baptême de Jésus continue son œuvre et passe par nous tous pour que l’évangile devienne réellement bonne nouvelle pour tous. L’actualisation de l’événement nous est confiée. Rendons-la audible, palpable par notre chair habitée, plongée dans l’élan du Fils de Dieu, qui vient de lui pour nous prendre avec lui, vers lui et en lui.


Equipe Evangile&Peinture – M D Minassian – Peinture Berna – mise en œuvre F Roger

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