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Le berceau du fer

meditation

Méditation sur les Béatitudes

29 Janvier 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

« Heureux. Réjouissez-vous. Soyez dans l’allégresse. »
Evangile des Béatitudes - 4ème Dim. Ord. A Mt 6

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » 

Pendant que beaucoup marchent pour manifester face à la réforme des retraites en France ; pendant que les soutiens pour l'Ukraine, et livraisons d'armes et de chars, s'intensifient... l'évangile de ce dimanche va résonner bien "autrement" avec les "béatitudes" : "heureux les doux, heureux les artisans de paix, heureux les persécutés pour la justice, heureux ceux qui pleurent, heureux les miséricordieux..."
Quand nous, nous parlons et faisons de très beaux discours, quelle distance, quel fossé entre nos paroles et la réalité de ce que nous essayons de vivre.
Quand Jésus parle, aussitôt il vit et accomplit ce qu'il dit. Il "est" la Parole.

Relisons chaque béatitude en cherchant à découvrir comment Jésus la vit.
Essayons de laisser l'Esprit façonner en nous l'une ou l'autre béatitude.
Seul l'Esprit peut réaliser cette Parole en nous.
Seul l'Esprit nous fait marcher humblement vers la différence, vers la sainteté, pour le bonheur de celles et ceux qui nous entourent. Refusons la militarisation des esprits.

Nous vivons dans un environnement qui nous programme à un bonheur « extérieur ». Jésus déclare heureux plutôt ceux et celles qui vivent par « en dedans », qui se donnent de la profondeur, cette profondeur contemplative qui nous fait vivre de l'esprit des béatitudes. Il déclare heureux ceux et celles qui, tout en étant dans le monde, vivent différents de la mentalité de ce monde. Les béatitudes nous invitent au détachement. Nous avons à choisir entre l'attachement, et le bonheur. L'attachement à ses idées, à ses biens, à sa réputation. Ce n'est pas l'amour qui rend aveugle, ou qui rend malheureux. 

L'attachement est l'un des principaux assassins du bonheur. François d'Assise, qui a refusé les richesses de sa famille pour vivre pleinement l'esprit des béatitudes, disait pour être heureux, il faut se vaincre soi-même. Le plus difficile, c'est de s'abandonner soi-même.

Tu es heureux, la paix de Dieu est dans tes mains ! Mt 5, 1-12

Tu es heureux, toi qui es pauvre, toi dont ta richesse n’écrase personne : la liberté de Dieu est dans ton cœur. 

Tu es heureux, toi qui écoutes, toi qui ne possèdes pas la vérité, mais qui la cherches humblement avec tes frères. Ton chemin nous conduit vers Dieu. 

Tu es heureux, toi qui portes la peine de tous ceux qui désespèrent, toi qui es torturé par leur souffrance. L’angoisse de Dieu est dans tes yeux. 

Tu es heureux, toi qui luttes pour que vienne la justice, pour que le pauvre soit regardé comme un homme. La justice de Dieu est avec toi. 

Tu es heureux, toi dont la colère s’éteint avant le coucher du soleil, toi qui aimes et pardonnes, toi qui accueilles et fais confiance. L’amour de Dieu resplendit sur ton visage. 

Tu es heureux, toi qui es pur, toi qui n’es pas compromis avec les puissants de ce monde, toi qui as pris le parti des opprimés, des écrasés. La vie de Dieu est en toi source jaillissante. 

Tu es heureux, toi qui es en prison, injurié, calomnié, condamné à cause de ton combat pour la justice. Ta Croix est celle de Jésus-Christ. Ta vie donnée est commencement d’un monde nouveau. 

Tu es heureux, toi qui bâtis la paix, toi qui veux que la paix soit aujourd’hui le pain et le vin partagés par les hommes de toute la terre. Tu es heureux, la paix de Dieu est dans tes mains.

Ma joie c’est toi, dit Jésus. Je t’aime. Viens vivre dans mon Royaume.

Equipe Evangile@Peinture – Extrait de l’Echo d’Ozanam - Vincent RAVINCE –  Peinture Bernadette Lopez

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Méditation le Baptême du Seigneur 2ième T.O.

15 Janvier 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Jean (1, 29-34)

En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

GRAND TÉMOIN

Nous sommes maintenant dans la confidence. Cette page d’Évangile nous fait assister à un passage de témoin. Et le temps en est tout retourné.

Jean-Baptiste voit arriver celui dont il préparait la venue. Cette arrivée sonne la fin de sa tâche. L’ancien monde va s’en aller avec lui et tout cela est dans l’ordre des choses. Place au Messie, à l’Agneau de Dieu. L’accomplissement de l’un marque le commencement de l’autre. Un trait d’union avait été marqué entre les deux enfants dans le sein de leurs mères au moment de leur rencontre. La fulgurance d’une évidence et le tressaillement de joie sont sans doute encore là pour Jean-Baptiste qui a misé toute sa vie sur cette foi décisive que sa vie était liée à celle d’un autre, plus grand que lui. Intuition vague qui prend chair avec le visage de Jésus.

Son service à l’aveugle est récompensé. Il voit maintenant, il entend et il atteste. Jésus est bien celui qui vient combler son attente, valider son ministère, et même s’y soumettre, lui le maître de tout. Jean-Baptiste lui aussi n’est qu’obéissance : écoute de la Parole, contemplation avide du visage du Verbe au creux de son désir et service assidu de ses frères humains en quête d’une vie meilleure. Il n’a pas de problème d’identité. Sa place est celle du témoin. Il rend témoignage. Il le donne à qui veut entendre. Suivrons-nous donc ses mots jusqu’au bout de la phrase pour découvrir à notre tour le visage du Père dans son Fils bien-aimé ? Car la place de témoin est à prendre. Elle est libre !

Mais le service va changer. Le baptême à offrir va se transformer. Plus d’eau ou de conversion, mais de l’Esprit et de la vie nouvelle nous attendent dans les bras ouverts du Christ dévoilé à toute l’humanité. Dieu est désormais parmi nous et ça change tout. Le mouvement s’inverse. On venait auparavant au désert chercher la vie. C’est maintenant la Vie qui vient à nous. Dieu vient nous chercher, et bonne nouvelle : c’est pour tous ! Alors qui va raconter la suite ? Qui pour être témoin ?
  

Equipe Evangile@Peinture – Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation Fête de l'Epiphanie du Seigneur

8 Janvier 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu ( 2, 1-12)

Crèche de l'église St Joseph de Serémange-Erzange

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.

Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :

‘Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.’ » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. 

Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
 

ÉTOILE PRESSANTE

Aujourd’hui, l’étoile nous fait signe ! Un signe de rassemblement tout d’abord, puis de recueillement, et enfin de retour vers un ailleurs.
 
Mouvement à trois temps pour une aventure à tous vents. Rassemblement autour de la crèche et de l’Enfant paisible qui en fera voir de toutes les couleurs à Marie et Joseph, à commencer par les affres de la fuite, de l’exil. Ni place, ni légitimité aux yeux des puissants jaloux et violents… les débuts de ce roi sans couronne sont pour le moins mouvementés. Dès ses premiers jours, il fut placé en solidarité avec tant d’entre nous sur les routes, dans le froid et l’angoisse. Il ouvre pourtant le temps du recueillement, de l’intériorité qui seule cherche dans les événements et leurs échos le sens de cette histoire.

Avec le souffle pour tout bagage, c’est repartir enfin sur ce chemin nouveau inauguré par la rencontre avec Jésus. C’est son nom… Il nous sauve ainsi en nous rassemblant, en nous faisant entrer dans sa maison sans frontière ni clôture, puis en nous renvoyant chez nous chargés de lui, concernés par son histoire parmi nous. Il nous fait apôtres et pains solidaires pour tous nos prochains. Nos bras libres de tous ces présents que nous pensions pour lui, il les charge de sa présence. Il nous revêt de son regard et nous drape de sa joie. C’est pour partager… Et Dieu sait qu’il y a à faire !
 
Ce nouveau frère dans la chair nous fait entrer dans son monde. Il trace le chemin et lance l’étoile à nos trousses. Tout sera désormais touché de sa grâce, teinté de sa candeur. Comment oublier ? Son regard de bonté a inauguré le désir de la route. Plus rien ne sera comme avant. Nous cherchions un roi, nous avons trouvé un enfant. Nous cherchions un roi, nous avons trouvé un toit et puis aussi mission de bonté et d’espérance. Alors belle et bonne année dans le Seigneur ! 

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La marche des Rois Mages

Petits Chanteurs à la Croix de Bois

Equipe Evangile&Peinture – Marie-Dominique Minassian - peinture Bernadette Lopez

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Méditation Sainte Marie Mère de Dieu

1 Janvier 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Sainte Marie, mère de Dieu

Huit jours après la Nativité du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous célébrons sa Mère, celle qui lui a donné son être humain, corps et âme par l’Esprit-Saint qui vient sur elle la plaçant dans l’orbite de la paternité divine. C’est pourquoi le concile d’Ephèse en 431, la proclama la Theotokos, la Mère de Dieu, puisque son fils est Dieu, ce qui ne préjuge pas de la différence entre Marie créature humaine et Jésus Fils éternel de Dieu.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (2, 16-21)
En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

SIGNE FAMILIAL

Voilà donc des bergers qui courent vers Bethléem. Le temps s’accélère tout à coup. L’annonce qu’ils ont reçue les propulse dans une course merveilleuse. Un signe vient de leur être donné pour authentifier une annonciation qui a de quoi bouleverser : la naissance d’un sauveur.

Il faudra encore du temps pour que cet enfant apparaisse comme tel à la vue des hommes. Pour le moment, c’est une famille qui se donne à voir. Et c’est un double témoignage. Cette famille qui n’avait pas de place dans la salle commune voit le monde venir à elle. Ces premiers témoins sont aussi un signe pour Marie et Joseph. Ils ne sont plus les seuls à être dans la confidence divine de ce grand dessein d’amour inscrit au plus profond de ce petit être confié à leurs bons soins. La résonance de sa venue dans le monde a commencé dans le cœur des pauvres. Le grand bouleversement est en marche et sème déjà la joie. Chez Marie et Joseph, l’événement les déborde. Tout concorde, mais le tout est tellement grand pour une vie de femme, d’homme… Comment ne pas être interpellé par tout cela ? Et en même temps, comment ne pas en rester à la superficialité du merveilleux, au soulèvement éphémère de l’émotion ?

Marie nous entraîne dès les premiers jours de sa maternité dans un recueillement non seulement de ce qui lui arrive, mais encore de ce que cette naissance produit déjà dans le monde. Et il va lui falloir faire bien de la place pour héberger la vie de ce Sauveur et de tous les sauvés qu’il entraînera dans son sillage. Eux qui n’avaient nulle part où aller, ils seront le refuge de tous les sans-toit. La maternité de Marie se découvre ainsi extensive. La mère de l’Enfant est impliquée dans l’itinéraire de son enfant hors norme. Tout ce qui va lui arriver va s’imprimer en elle. Elle seule pourra relier tout cela à son Annonciation originelle. Et Joseph avec elle.

Cette famille est devenue le signe de ce que Dieu veut faire de cette humanité choisie par Jésus : sa propre famille. Dieu nous incorpore dans sa vie pour faire notre joie. Il n’y en a pas de plus grande. Le cœur vibrant des bergers nous le confirme. Dieu fait ce qu’il dit. Sa famille est en formation, et son salut est en cours. Paix et joie pour tous ! C’est son divin vœu : à héberger, à incarner.
  

Equipe Evangile@Peinture – Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 4e dimanche de l'Avent 2022

18 Décembre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Evangile selon saint Matthieu (1, 18-24)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : ‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous. » Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.


JUSTE ÉCLAIRÉ

C’est de nuit que tout se joue. Devant l’impensable trahison de sa promise, le cœur de Joseph se révèle. Sa bonté avait déjà décidé de couvrir de son voile la situation de Marie. Bienheureuse couverte deux fois : par l’Esprit Saint et par son époux Joseph. Connivence entre terre et ciel pour que soit engendré Jésus le fruit de la promesse de Dieu conservée par l’Écriture à travers les siècles. Voilà donc le temps à bout de course, prêt à offrir ce qui germe dans le secret des cœurs.

Jésus a pu venir parmi nous grâce à Marie et Joseph qui ont fait de la place au désir de Dieu. Cet enfant à venir ne sera pas le leur. L’un et l’autre l’ont accepté. C’est leur coopération concrète avec Dieu et son grand désir de communiquer la vie. De leur désir ouvert au désir de Dieu naîtra Jésus, Dieu avec nous. Un Dieu de chair et d’os pour confirmer à l’humanité son identité, son adoption irrévocable. Dieu vient se faire l’un de nous. Il vient établir la fraternité entre nous. Marie et Joseph en sont les premiers à être bouleversés. Les jeunes époux deviennent, en Jésus, frères et sœurs en humanité visitée, bouleversée et obéissante à l’Esprit Saint. Ils sont les premiers nés d’une génération renouvelée par cette visitation divine.

Dieu a voulu que cette visitation atteigne tous les temps. Ce qui est arrivé à Marie et à Joseph nous arrive. Cette visitation est pour nous. Le temps est mûr. Cette naissance nous concerne. Elle nous choisit pour faire aller plus loin le projet de Dieu: que tous les hommes et femmes soient, pour eux-mêmes et pour tous, des frères et des sœurs nés de l’Esprit d’amour. Dieu nous engendre chaque jour à ce grand mystère pour que le monde croie que la mort n’aura pas le dernier mot. Il vient nous apprendre les mots et les gestes de cette humanité fraternelle.

Regardons et écoutons Jésus qui vient, Dieu caché au creux de chacun, travaillant de nuit pour que vienne son jour entre les hommes et les femmes de tous les temps. Laissons-nous prendre à son projet, prenons part à son incarnation. Il vient faire naître à chaque instant notre meilleur profil : enfant du Père. Merveille : Dieu nous fait entrer en fraternité d’une multitude.
  

Equipe Evangile&Peinture – Marie-Dominique Minnassian – Peinture  Arcabas


 

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Méditation 3ième dimanche de l'Avent A

11 Décembre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (11, 2-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’ Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

TÉMOIGNAGE RÉCIPROQUE

Comme c’est beau de voir celui qui a dédié sa vie à préparer les chemins d’un autre, au moment où il est emprisonné, envoyer ses disciples vérifier auprès de Jésus qu’il est bien le Messie.

La joie l’avait fait exulter dans le ventre de sa mère en rencontrant le Messie. Ses yeux d’adulte ne sont plus en mesure de le discerner. Enfermé et en bout de course, sa mission a-t-elle été accomplie ? À ceux qui viennent l’interroger en son nom, Jésus lui répond, Écriture à l’appui. Le Précurseur a habité ce temps et tous deux ont donné leur fruit. C’est le temps de la réalisation de la promesse.

Les signes ? La vie déborde, l’impossible à vues humaines se réalise. Une nouvelle ère s’ouvre et c’est à l’aveugle, du fond de sa prison, que Jean-Baptiste reçoit la confirmation de toute une vie passée à préparer ce moment. Il n’en verra pas l’avènement, le dénouement pascal. Ses disciples le verront. Mais il est confirmé dans sa vocation de maillon, de pivot entre l’ancien monde et le nouveau.

La figure de Jean-Baptiste nous est un reflet du monde qui passe et s’efface devant le feu qui va embraser la terre. « Genèse du poème incendiaire – chemin de paix » méditation avec les moines de Tibhirine. Oui, les yeux de la foi sont invités à faire mémoire des signes qui ne trompent pas. L’Écriture fait mémoire de notre futur promis à la vie débordante. Nos yeux de disciples sont invités à ressourcer leur mémoire pour traverser les temps sombres et habiter nos prisons de tristesse.

Un Autre est à l’œuvre, plus puissant que le mal. Cette foi-là ne doit plus vaciller. Elle doit être active et voir ce que le mal ne saurait atteindre : la force de l’amour qui sauve, remet debout, relie et ressuscite. Pâques n’est jamais loin de Noël. C’est notre Avent perpétuel de chrétiens, de guetteurs et de catalyseurs de la vie plus forte que la mort.
  

Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 2ième dimanche de l'Avent 2022

4 Décembre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (3, 1-12)

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’ Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

SIGNE AUDIBLE

Aujourd’hui l’Évangile nous présente Jean le Baptiste. Personnage curieux qui attirait les foules dans le désert où il vivait. Que venaient-elles entendre ? Une voix différente, leur parlant d’une vie à convertir et de la venue d’un autre plus fort que lui qui rendra à chacun selon son fruit. Étrange message perçant la duplicité et l’hypocrisie. Dans ce désert, c’est la vérité d’une vie qui en appelle aux autres. Jean Baptiste porte dans sa chair le souvenir de ce salut à venir. Dans le ventre de sa mère Elisabeth il a tressailli de joie au contact du Sauveur caché dans le sein de Marie. Témoin de l’impossible fécondité d’une femme stérile et d’une vierge, il a grandi dans la force décisive de cette annonciation. L’Église commence là dans la joie de la Visitation qui n’a pas encore les mots pour dire l’absolue plénitude du moment mais qui en restera définitivement marquée.

Les mots viendront plus tard. Ils naîtront au désert avec le temps mûr et la soif d’une humanité perdue. Dans le désert de sens, les mots viennent parler au cœur. Ils viennent ressusciter le désir de la marche, le goût de l’effort et de la conversion. Mais vers où faut-il aller ? Marche vers ton cœur ! L’étoile de ton existence va naître. C’est dans l’écrin de ta vie que cela va se passer. Ce que Marie a vécu un jour du temps, c’est à ton tour de le vivre. Dieu vient s’épancher et couler dans ta vie pour irriguer la terre aride de tes contemporains. Dieu nous a visités pour que les mots vivants de lui rejoignent la terre des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Sommes-nous des bouleversés comme Jean le baptiste ? Son tremblement de chair a fait de lui un signe visible et audible de la Bonne Nouvelle. Sa vie tout entière parle d’une autre attente, d’un autre monde qui vient.

Ce tout premier chrétien ne savait pas vraiment ce qu’il faisait. Il n’avait qu’un petit bout de l’histoire. Mais nous… nous, nous avons reçu toute l’histoire dans notre chair. Notre mémoire héberge deux millénaires de résonances et de répliques à ce jour du temps qui a tremblé et chamboulé toutes nos vies. L’espérance est entrée dans notre monde. Et si notre vie n’en est pas le reflet, l’écho, le signe tangible, alors qu’avons-nous à offrir en ces tristes temps aux cœurs qui cherchent comment mieux vivre ?
 
Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 1er dimanche de l'Avent Année A

27 Novembre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

1er Dim. AVENT A : « Tenez-vous donc prêts, vous aussi... »

Evangile selon saint Matthieu (24, 37-44)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en serat-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » 

Ce dimanche nous entrons en AVENT, alors ne restons pas en arrière, résignés, blasés, incapables d'attendre encore, de désirer à la hauteur de Dieu...

Certes, il y a de quoi perdre le sens de l'orientation dans ce monde sans boussole. Quand les lances sont devenues des missiles, les arcs des drones, les chevaux et les chars des tanks avec leurs bombes... Quand tant d'hommes ne rêvent que de pouvoir et de puissance, de notoriété et de célébrité, de loisirs et de plaisirs...

Dans le silence de la nuit, Dieu se fait tout petit. Dieu se fait même naissance et enfance. Dieu se dit dans la proximité et l'humilité. Ainsi, patiemment, Dieu avec Joseph, Marie et une immense famille, construit notre Avenir.

Le guetteur est comme un ordinateur éteint : silencieux, sans image, mais il continue à fonctionner et, quand on le sollicite, en un instant il est prêt. De même le chrétien qui veille : il n'est pas sans cesse à l'église ou en train de parler de Dieu. Mais, dès que les circonstances le demandent, il agit comme chrétien. 

Dans le non-sens de notre monde, l’amour de Dieu éclate, inattendu. Mais il faut être attentifs, car il est possible de vivre sans voir les visages des personnes à la recherche d’une considération. Pour voir, il faut redresser la tête, élargir notre regard, déplacer notre horizon ! Prenons le temps de nous ouvrir. Nous ouvrir, c’est d’abord sortir ! Comme un poussin qui sort de l'œuf, sortir de nos coquilles, parfois bien trop épaisses ! 

Quand survient l'imprévu, beaucoup ne sont pas prêts à l'ouverture… Pour avancer, il nous faut apprendre à relire nos blocages, nos réactions premières. Puis essayons de nous mettre dans le point de vue de l'autre. Face un événement mal vécu, à partir de quoi je réagis ? Ma réaction est-elle uniquement liée à mon ressenti, à mes émotions ? Est-ce que je sais dépasser mes clichés, pour voir au-delà ? 

L’Évangile m’invite à un déplacement du cœur et du regard ! Prendre de la hauteur, c’est choisir une autre référence que moi-même. Avec Jésus, durant l’Avent, je laisse l’Esprit-saint déplacer, ouvrir et élargir mon horizon. Alors, en AVENT, ne restons pas en arrière ! Bel AVENT, belle nouvelle année.

 

EquipeEvangile@Peinture – Vincent Ravince – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation Fête du Christ Roi de l'Univers

20 Novembre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Luc (23, 35-43)

En ce temps-là, on venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. » L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
 

DERNIER MOT
Silence, parole et brouhaha se mélangent dans cette page d’évangile.

Le bruit des clous retentit encore dans les cœurs et les esprits de ce peuple qui reste comme prostré devant la scène surréaliste de cette crucifixion. Les cris de joie des jours précédents accueillant Jésus à son arrivée à Jérusalem ont fait place au silence. Désormais, c’est la victoire apparente de ces chefs qui ont enfin mis la main sur celui dont la parole laissait le peuple subjugué. La parole de dérision a pris la place. Elle déferle cherchant le rocher contre lequel se briser. Mais toute sa force lui est ôtée. La force est du côté de la croix qui résiste. Elle est devenue le marchepied, l’escabeau de ton trône Seigneur. Une autre parole semble y naître. La parole de contrition libère le don. L’homme aux bras ouverts a définitivement cloué la violence rivée à l’humanité. Il a repris le pouvoir des mots en gardant le dernier. Il a laissé tous les autres s’échapper. Il ne leur a donné aucune prise. Mais il a choisi d’exercer le pouvoir, son pouvoir, en ayant le dernier mot : un mot-porte, un mot-clé, un mot qui remplit le temps, le réquisitionne pour la grâce… « aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis »

La croix devient l’échelle pour le temps de la grâce, pour le lieu sûr. Avec toi, Seigneur, pas d’autre paradis ! Les autres voix n’ont plus qu’à se taire. Parce que nous savons que tu as les paroles de la vie éternelle. Ton bonheur nous aspire. Depuis le pied de ta croix, nous savons désormais que ton avenir nous est promis et c’est aujourd’hui. Reçois donc nos cœurs brisés sur le rocher de ton amour si grand, prends-nous avec toi dans ton paradis. Ta parole, nous y croyons. Ton avenir, nous en vivons. Ton pouls, nous le sentons. Ton désir que nous soyons tous avec toi nous saisit, nous entraîne par-delà toutes les croix dont nous connaissons désormais la fonction. C’est à toi qu’elles nous attachent, vers toi qu’elles nous font regarder. Elles nous hissent à la hauteur de ton pardon et de ta libération.

La croix est devenue l’épicentre de la vie nouvelle, le signe de reconnaissance de ton royaume. Ta vie, Seigneur, a créé un appel d’air. La mort a finalement pris le dernier rôle, laissant la porte grande ouverte à qui désire la vie. Heureux sommes-nous donc, tous, d’être les témoins-invités au festin de tes noces…

  
Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 33e dimanche du Temps Ordinaire

13 Novembre 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Luc (21, 5-19)

En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. » Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

ECOUTE INTEGRALE

Cette page d’Évangile frappe par l’effet miroir qu’elle nous présente. N’en sommes-nous pas là ? Sans catastrophisme, n’en sommes-nous pas rendus à ce point de rupture à vues humaines ? Tout y est : les phénomènes, les guerres, les famines et les épidémies… les persécutions aussi, pour bien des chrétiens. 

Cela fait bien longtemps que sur le tableau de bord du monde, cela clignote de tous côtés… oui, mais sauf que c’était lointain, sur d’autres continents. Nous n’avions peut-être pas la même perception, le même sentiment d’être pris, tout à coup, plongés dans le réel de ce passage évangélique en vivant les temps qui sont les nôtres. Le terrain de la guerre est pour ainsi dire à nos portes, les phénomènes climatiques extrêmes ne font plus exception, et les persécutions et les violences au nom de la foi arrivent ici aussi. Ce n’est pas un mauvais rêve ou une lecture cauchemardesque. C’est notre temps. Nous n’avons pas à forcer le trait, et cela en est évidemment troublant. Il nous faut donc faire refluer notre regard et notre écoute vers ce que la Parole nous dit. Et Jésus, comme dans les heures sombres qui l’ont lui-même assailli, nous offre sa propre consistance pour entrer en résistance.

« C’est moi », dit-il, qui vous donnerai d’être et de résister. Je serai votre consistance sur le moment. Une intensité d’humanité est aujourd’hui l’urgence absolue. Jésus continue de dire « Je suis », « c’est moi ». Et ce "moi", nous le savons, a embrassé et désarmé passion et mort sur la croix pour retrouver sa vie des mains du Père. 

Christ aux liens église de Neufchef

Cette présence ne se dédira pas. Notre vie chrétienne est mise au pied du mur de la foi par les croix qui ne manquent pas. Jésus nous donne abri. Il nous héberge, nous offre l’hospitalité. Nous pouvons nous réfugier à l’ombre de sa croix et y percevoir la victoire qui nous attend. Le Crucifié-Ressuscité sera notre dernier mot. Le détenteur de la vie nous l’a promis. Ne perdons pas sa vie ni son assurance en ces temps si difficiles. Il est notre lever de soleil notre espérance permanente. Mieux, notre martyre d’espérance doit, tout comme lui, héberger l’angoisse et la détresse de nos contemporains, nourrir la foi en une terre toute d’accueil et de paix. Il nous revient de l’habiter pour nous-mêmes et pour le service de tous, de la faire émerger. Le reste passera. Ce qui ne passera pas c’est la vérité de l’amour que rien ne doit troubler.

C’est moi qui vis en toi. C’est moi qui aime en toi. C’est moi espère en toi. C’est moi en toi, frère originel, pour défaire ce monde de tout mal par la bonté. Viens donc vers sa source. Viens vers le Père. C’est l’abri où le temps et l’espace deviennent densité de vie : éternité.
 

Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 

 

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