meditation
Sur le chemin d’Emmaüs

Nous aurions sans doute bien aimé nous trouver sur le chemin d'Emmaüs pour écouter Jésus récapituler toute l'histoire biblique pour en montrer le fil rouge. Pour les deux hommes, il y a un avant et un après cette rencontre. Ils vivent un retournement complet de situation. Ce qui se présentait comme une catastrophe devient la clé de lecture d'un événement qui ouvre tellement de possibles que la route s'en trouve bouleversée: inversée. La mort de Jésus est l'événement par lequel l'Ecriture se trouve accomplie, et la vie définitivement ouverte à la puissance du Ressuscité.
En réalité, l'expérience d'Emmaüs nous arrive symboliquement à chaque fois que nous célébrons l'eucharistie. C'est véritablement le lieu où Jésus nous rejoint sur notre chemin de vie avec tout ce dont nous sommes chargés. Jésus vient et marche avec nous. L'eucharistie n'est pas un moment d'arrêt mais une marche au cours de laquelle Jésus vient nous emboîter le pas pour nous écouter et relier son histoire à la nôtre. Il vient embrasser notre histoire par la sienne. Pour les pèlerins d'Emmaüs, la tristesse et les espoirs déçus se sont effacés pour laisser place à la confiance et à la joie. Les cœurs se sont mis à rêver, à vibrer, à voir le chemin autrement, à faire face à la vie. Le Christ Ressuscité vient ainsi réactualiser notre désir de vie et notre capacité à le partager.
Le Christ est mort mais il est ressuscité. De même pour nous: nous avons à mourir à une manière de voir les choses pour entrer dans la paix qui nous vient de sa Parole, dans le va et vient entre les Ecritures et la réalité, dans le partage fraternel, dans la prière du Notre Père, dans la communion réalisée, dans un autre récit qui fortifient notre cœur et alimentent notre foi pour transmettre et proclamer à notre tour « Christ est ressuscité !»
Equipe Evangile@peinture – Peintures Arcabas et Bernadette Lopez - Fribourg
Dimanche de Pâques : Croire ! – Jn 20,1-9
«Il vit, et il crut ». La foi du disciple, ce n’est pas de chercher des explications, des preuves. C’est croire, contre toute raison, que la mort (sous toutes ses formes) n’a pas le dernier mot ; que la victoire, toujours, revient à la Vie. Jésus absent, invisible, nous a conduits jusqu’ici pour que nous devenions comme lui. Pâques n’est pas un point d’aboutissement, mais le début d’une vie toute nouvelle, d’une nouvelle aventure
Tu es vivant !? Je me remémore un moment où ma vie a été ressuscitée,
où les forces de mort ont été vaincues. Que veut dire, pour moi,
«vivre en ressuscité-e» dès maintenant ?
5ème dimanche de carême
Etre du côté de la vie ne signifie pas échapper à la mort : Jésus pleure son ami Lazare et va lui-même connaître le tombeau. Mais il est peut-être possible de se préparer à «mourir vivant», c’est-à-dire à vivre sa mort comme le dernier acte d’une existence toute donnée, assumée jusqu’au bout. Difficile à entendre, dans notre société où la mort est tabou, où tout ce qui l’évoque est occulté…
Tu es proche de moiPrière de Nancy de Montpellier - Image Joêlle Dalle - fnp-édition
L'aveugle-né- Mise en Lumière

Passer de la Loi à la foi

Que votre lumière brille devant les hommes

8 janvier L'Epiphanie, 15 janvier Journée du Migrant et du Réfugié
Depuis quelques décennies, le jour de l’Epiphanie est devenu dans de nombreuses paroisses le dimanche des migrants. Ce jour-là des cantiques en langue étrangère agrémentent la liturgie du jour et des costumes folkloriques d’autres horizons, plus colorés les uns que les autres, mettent quelques touches de fraîcheur au milieu de la grisaille hivernale, tout comme les rois mages qui ont pris place dans la crèche, drapés dans leurs habits dorés. Venus de l’Orient mystérieux, ils sont eux aussi les migrants de la fête.
Les migrants d’aujourd’hui sont bien différents, ils ne viennent pas les mains chargées de cadeaux et décidés à repartir après quelques jours de tourisme. Ils sont des migrants politiques demandeurs d’asile ou des migrants économiques cherchant sur notre vieux continent une vie plus humaine. Les sages de chez nous les saluent poliment et leur expliquent pudiquement qu’ils ne peuvent pas accueillir toute la misère du monde, mais les migrants continuent à frapper à la porte comme l’ami importun* de la parabole de Jésus.
Quelques vétérans de chez nous se souviennent qu’ils ont été eux aussi évacués, réfugiés ou même déportés, heureux eux aussi d’avoir été accueillis ou même parfois simplement soutenus par un morceau de main tendu par-delà une barrière de barbelés.
Tous, en tous cas beaucoup des migrants gardent l’espoir de pouvoir dire un jour, comme dans la parabole du jugement dernier : « J’étais étranger, et vous m’avez accueilli. »** Et le lecteur assidu de la Bible se dit : « Le peuple de Dieu n’a-t-il pas toujours été un peuple de migrants ? »
*Luc XI,5-8 ; ** Matthieu XXV,38 ; *** comme Abraham ou les fils de Jacob en Egypte.
l’AGENDA BUISSONNIER - Pierre BEKER
Témoignages de migrants
Je souhaite apprendre un métier !
« J’ai quitté le Mali en septembre 2014 à 16 ans et suis arrivé à Brest quatorze mois plus tard, après être passé par la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne où j’ai travaillé pour payer le voyage. Pris en charge par le Conseil général jusqu’à mes 18 ans (mars 2016), je vis depuis dans un squat, mange dans les associations, vais quatre fois par semaine à l’Abaafe. J’y apprends à lire, écrire, parler mieux français. J’ai l’autorisation de séjour jusqu’en février 2021, mais pas celle de travailler. Fin 2015, j’ai téléphoné à mes parents, ils étaient persuadés que j’étais mort. Je ne regrette pas d’être venu ici, je souhaite apprendre un métier, faire n’importe quel travail».
Marie, témoin du salut en marche

Nous commençons la nouvelle année avec une clé importante. Il y a comme deux vitesses dans l'Evangile de ce jour: tout commence par la hâte. C'est celle des bergers mis en route par l'annonce de cette naissance extraordinaire et de ce que cet enfant deviendra. Le signe donné par l'ange est au rendez-vous. La Bonne Nouvelle est en marche. Les bergers sont les premiers témoins de l'événement. Jésus bouscule le temps de ceux qu'il rencontre. Une urgence est née. L'urgence d'une bonne nouvelle pour tous. L'urgence de la joie.
Pour Marie, sa mère, c'est un autre vécu. Plus charnel. Elle a un lien à nul autre pareil avec cet enfant. Elle vient de le mettre au monde. Il est son enfant et il ne l'est pas. Déjà, il ne lui appartient plus. On reconnaît déjà en lui bien plus que l'enfant de Marie et Joseph. Cette vie lui échappe. Son silence méditatif contraste avec l'effusion de joie des bergers.
Marie recueille en elle tout ce qui s'est vécu depuis le début et se tient au milieu de tout cela qui la dépasse. C'est tout son être qui est requis pour suivre désormais le salut qu'elle a mis au monde. Elle ne le contient plus. C'est lui qui l'enveloppe de son mystère. Sa capacité à accueillir l'avenir est tout entier dans cet acte de mémoire des paroles qui lui furent dites. Marie est témoin.
Ce que Marie nous enseigne, c'est qu'il y a une manière contemplative de se tenir dans la vie et une joie profonde pour qui fait bon accueil par la foi au grand désir de Dieu que nous ayons la vie, la paix, la joie.
Puissions-nous donc, comme Marie, méditer tout ce qui nous arrive à la lumière de cette Bonne Nouvelle promise à chacun-e d'entre nous, chercher en toutes choses le sens par l'écho de la Parole en soi, être témoin de la joie du salut à l'œuvre chez ceux qui l'accueillent.
Joyeuse nouvelle année dans le Seigneur! Vivons la Paix
Equipe Evangile@Peinture - Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
Ultime tentation
Jésus est en croix. Le voici cloué dans cette ultime solidarité entre deux malfaiteurs. L'écriteau dit juste. Jésus est roi. Et il est en train d'exercer sa royauté.
Il n'est pas roi pour lui-même. Il est le roi de ceux qui le reçoivent. Il est le roi nu et pauvre des sans titres, des sans pouvoir, des humiliés et des exclus, des repentants et des craignant Dieu. Il n'exerce pas son pouvoir pour son service. Il y renonce pour lui-même.
Sa royauté est au service de ces autres qui l'ont conduit là. L'amour va jusque-là, la mort de la croix pour que rien n'échappe à son pouvoir : pardon pour tous. Non, ce n'est pas un point final, mais le point focal et décisif. Jésus est venu pour cette heure: pour ouvrir les bras à tous les fautifs, les souffrants, et les ignorants.
La reconnaissance de cette véritable royauté du Christ sera faite par l’un des malfaiteurs condamnés avec lui. C’est au moment où Jésus est dépouillé de tout, où retentie les ricanements des chefs, les moqueries des soldats et les injures d’un des malfaiteurs qu’éclate son pouvoir de sauver et de conduire au Paradis ceux qui, comme le bon laron, se confient en son amour crucifié. « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans la Paradis.. »
Il n’est pas celui qui se sauve lui-même, mais celui qui aime jusqu’à la croix. Notre royauté est de croire en lui. Puissions-nous donc rester avec lui de bout en bout, ne pas quitter sa parole, pour que nous prenions chair, corps et sang, de son souffle.
Equipe Evangile@Peinture- peinture Bernadette Lopez- Fribourg
Le Temple Nouveau
Cette parole de Jésus dans l'Evangile d'aujourd'hui a de quoi ramener les pieds sur terre. L'émerveillement causé par le Temple est balayé par le regard de Jésus qui en annonce la destruction. La fin du Temple et de ses dévotions... Le temps ne sera plus à l'inscription du sacré dans les pierres, mais à l'incarnation du divin dans la chair. Jésus a ouvert une nouvelle ère, initie au culte nouveau. Il s'agit d'être au milieu du monde en proie à tous ses déchirements et d'être le temple nouveau, celui de la présence de Dieu. Présence de chair et de souffle: persécutée, livrée mais inspirée pour rendre témoignage au nom de Jésus.
Le monde est en douleurs d'enfantement. La violence qui le traverse depuis la nuit des temps a toujours trouvé des témoins qui ne lui ont pas donné prise. Des témoins qui ont choisi la vie et qui l'ont reconnu et reçue de Jésus. Pour son nom, ils ont choisi d'être ces balises où l'amour et la vérité ont rayonné au risque de leur vie. Risquer sa vie ainsi, c'est la conserver dit Jésus. Puissions-nous donc entrer toujours plus profondément dans le mystère de cette vie qui prend le risque de vivre et d'aimer comme Jésus.
C'est chaque jour que Jésus a promis d'être avec nous. Il nous prend avec lui pour nous introduire dans son point de vue: d'en haut.
Méditation de l’équipe Evangile@peinture – peinture Bernadette Lopez-Fribourg
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