meditation
Le coeur de Vie Trinitaire
C'est touchant de voir Jésus préoccupé par ce que ses disciples peuvent accueillir du mystère de sa vie et de sa mort à venir. C'est comme s'il se dévoilait à proportion de ce qu'ils peuvent entendre. Pourquoi continuer de remplir un verre d'eau quand il déborde ? On pourrait donc y voir le bon sens pastoral de Jésus. Mais c'est bien plus.
Ce que le Fils dévoile c'est la vie même de la Trinité. Le Père et le Fils se "possèdent" mutuellement. Les biens du Père sont au Fils. Et le Fils n'a de cesse de se recevoir de son Père. Communication permanente de soi établie par le lien entre les deux: l'Esprit. Cette page d'Evangile lève donc le voile sur le cœur de la vie divine qui n'est que circulation d'être et d'énergie. C'est dans cette intimité que Jésus entend conduire les siens.
Mais cela ne peut se faire que peu à peu. Cette circulation de soi n'est pas naturelle. Tout en nous y résiste, organise la rétention. La peur surgit à la première occasion. Jésus veut cependant introduire les siens dans la respiration même de la Trinité. C'est à un style de vie que les disciples sont conviés. Le style trinitaire est une respiration à deux temps: il s'agit de recevoir de l'Esprit du Père et du Fils les paroles du Fils pour y reconnaître la vérité et la vie et la transmettre. Le mode de vie trinitaire est donc simple : réception-transmission de ce qui vient de la source. C'est cela glorifier: rendre à la source ce qui lui appartient, recevoir et transmettre fidèlement ce bien partagé. Pour y arriver, il faut garder le cœur ouvert dans la perception que recevoir n'est pas thésauriser. Nous ne sommes pas promis à être des verres d'eau pleins, mais des sources jaillissantes en vie éternelle. Cela ne viendra pas de nous mais passera par nous.
C'est l'ordination fondamentale qui nous a saisis au baptême. Elle attend notre disponibilité à la mission que nous pouvons découvrir chaque jour un peu plus et embrasser toujours davantage. Dieu nous attend.
Je te préviens , je suis Passant par toi
Je te devance et je te souffle le Chemin
et je t'oblige en Vérité
Je te baptise en croix de moi
VA , Prends mon je t'aime
Sois moi
(Frère Christophe, moine de Tibhirine, 1950-1996)
Méditation de l’Equipe Evangile@Peinture – peinture Bernadette Lopez- Fribourg
Pentecôte : Cultiver sa Parole et Porter du fruit
Nous sentons à travers les paroles de Jésus combien ceux qu'il s'apprête à quitter sont au cœur de sa préoccupation. Jésus, à la veille de vivre sa Passion, n'a de souci que pour ceux qu'il va laisser et qui ont été ses compagnons de route.
Pourtant l'histoire ne s'arrête pas là. Ce qui est né dans le cœur de ses disciples ne périra pas. Et Jésus, le chemin, la vérité et la vie leur donne ici la clé pour la suite de la route. Il continue de montrer le chemin de la vie à ceux qui l'ont suivi. Car la mort de Jésus va opérer un discernement chez ses disciples. Il ne s'agira plus de suivre Jésus, mais de l'aimer. Et l'aimer, nous dit-il, c'est garder ses paroles. Ce faisant, Jésus introduit les siens sur de nouveaux sentiers. Il s'agit désormais d'un chemin plus intérieur, du temps de l'appropriation. La parole semée par Jésus dans le cœur doit désormais y rester et continuer son œuvre.
Aimer Jésus c'est désormais cultiver sa parole, la garder, la laisser faire son œuvre et porter son fruit. Pour cela, le Père envoie un nouveau don: l'Esprit Saint, l'aide-mémoire de tous ceux qui veulent vivre à partir du Christ et de sa parole. Le disciple véritable est un garde-parole, un christophore, l'hébergeur de Dieu lui-même qui dans son grand amour ne veut rien d'autre que d'ouvrir grand les portes de l'expérience vécue par Marie: l'Esprit Saint te prendra sous son ombre. Cette expérience fait partie désormais de notre histoire humaine. Jésus nous a montré ce que donne une vie ouverte au souffle de Dieu et qui garde sa parole. Sa chair accouche du Verbe de Dieu, le met au monde "pour que le monde sache qu'il est aimé d'amour". Marie, les disciples et nous aujourd'hui sommes ces arches d'alliance où la Parole est hébergée, gardée pour que la vie se déploie dans le monde par le souffle de l'Esprit-Saint.
Puissions-nous donc être au rendez-vous de ce discernement par l'amour: parole gardée et amour du Père vécu dans le Fils par la puissance de l'Esprit-Saint, mémoire de ceux qui l'accueillent.
Méditation de l’Equipe Evangile@Peinture – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
En toi, repose notre unité, notre désir de vivre et d'aimer
Nous voici placés au cœur de l'intimité de Jésus avec son Père. Les mots de sa prière nous embrassent pour nous entraîner dans un mouvement d'amour débordant. Tout part du lien entre le Père et le Fils puis entre le Fils et ceux qui l'ont reconnu et enfin entre ces derniers et ceux que leur parole atteindra. Comme des cercles rayonnants, le monde se trouve pris par cet amour en cascade provoqué par la parole.
Tout part du cœur du Père et s'y trouve relié par ce grand désir d'unité formulé par Jésus. Il est le motif de cette diffusion d'être : communion d'amour avec tous ceux qui l'accueillent. Mais c'est le Père qui en est la source. C'est dans son nom que nous nous recevons membres les uns des autres: Un. C'est en lui que nous puisons le désir et la force de vivre la promesse et l'exigence de l'amour.
Notre Père, que ton nom nous réunisse,
que ta paternité soit désirée de tous,
que ta volonté soit aimée sur la terre comme ciel.
Donnes-nous aujourd'hui la faim de cette unité,
pardonnes nous nos atteintes à l'amour
plus que nous le vivons avec ceux qui nous entourent,
mais donne-nous le goût d'y croire sans jamais y renoncer
car c'est en toi que reposent notre unité,
notre pouvoir d'aimer et de vivre. Amen !
méditation de l’Equipe Evangile@Peinture – peinture Bernadette Lopez – photos de Mathias et Marie – victimes du Bataclan
La Bénédiction du Seigneur
Beaucoup de mouvements dans cette page d'Evangile! Jésus Ressuscité ouvre la dernière phase de la réalisation des Ecritures. Mort, résurrection, annonce aux nations de la miséricorde de Dieu en sont les trois étapes pour que la puissance de vie à l'œuvre en Jésus atteigne tous les hommes.
Cette puissante œuvre de vie commence avec ses disciples. La mission s'inaugure par la bénédiction. Celle de Jésus sur les siens. Sa puissance se communique à eux, les choisit de nouveau pour les charger de sa vie. "A vous d'en être les témoins". Des témoins transformés. La Parole de bénédiction les a tellement chargés de lui, qu'il peut les quitter sans peine. Aucune tristesse de l'absence, au contraire.
C'est l'allégresse de la présence qui est célébrée naturellement au Temple d'où elle devra rayonner. C'est désormais dans ce lien établi par la bénédiction que les disciples eux aussi reviennent à la vie. La mission qui les attend est née de l'Ecriture et du lien d'amour qui les unit à Jésus, de sa bénédiction reçue comme un feu prêt à se propager. Pour cela il faut le Souffle, du Père et du Fils, la force venue d'en haut qui libèrera la joie des disciples et enverra ses témoins à toutes les nations.
Puissions-nous donc nous recevoir à tout instant de ces mots venus d'en haut, de cette bénédiction qui est la joie du Christ pour chacun d'entre nous. C'est lui notre point d'origine, la joie à demeure, avant d'être la joie envoyée. Alleluia !
Méditation de l’équipe Evangile @Peinture – Bernadette Lopez - Fribourg
L'accueil d'une Parole qui demande asile
Jésus continue de préparer ses disciples aux événements qui viennent. Dans ce passage, très riche, il lève le voile sur ce qui arrivera après que tout se soit passé. Jésus est le maître du temps et des événements. Il leur donne une parole qui va les garder au coeur du drame et leur permettre de ne pas sombrer. Une parole qui va les ouvrir à ce qui vient et les tenir dans l'espérance. Une parole qui peut difficilement être comprise sur le moment, mais qui laissera éclater son sens profond après Pâques. Une parole qui transcende le temps et les événements pour les conduire à leur maître véritable. Jésus aiguise leur écoute pour leur permettre de voir le moment venu. "Il vit et il crut". Voilà l'expérience qui attend le disciple que Jésus aimait. Parce qu'une parole avait précédé et éclairé l'improbable, et qu'elle avait ouvert le champ des possibles.
Aujourd'hui encore, Jésus pose la verticale de nos vies. A nous de lui offrir l'hospitalité. Tout comme Marie, Zachée, et d'autres qui ont ouvert leur coeur, c'est cette même parole qui demande asile chez ses disciples. La paix, la joie pour l'autre, c'est ce qui arrive quand le coeur s'ouvre à la parole. Et la foi quand tout se dérobe. Jésus nous place aujourd'hui, comme en son temps avec les siens, en situation d'accueil pour que nous recevions de lui le cadeau de la foi. Il se confie à notre mémoire aimante pour que demain soit empli de sa présence. Oeuvre trinitaire, délégation du Père: c'est en chacun d'entre nous que cela se passe. La parole sera-t-elle à demeure ?
Que l'Esprit-Saint nous aide à faire mémoire de cette parole semée dans nos coeurs et libère en nous la joie de croire à ce Père aimant qui ne cesse de nous enfanter en son Fils.
Méditation de l'équipe Evangile@Peinture – peinture Bernadette Lopez - Fribourg
Comme je vous ai aimés
En ce temps pascal, nous relisons ces derniers discours de Jésus à ses disciples qui ont valeur testamentaire. Nous le faisons comme nous relirions la dernière lettre d'un ami disparu, ou comme nous ferions mémoire de ces derniers instants passés ensemble qui prennent du relief, parce qu'une vie s'accomplissait sous nos yeux et que nous ne nous en sommes pas toujours rendu compte.
Celui qui va partir, s'il est suffisamment présent à lui-même, porte mystérieusement cette intuition que la fin approche. Il y a plusieurs moyens de lui faire face. Certains ressentent le besoin de s'adresser à leurs proches pour leur transmettre l'essentiel de ce qu'ils ont cherché à vivre. C'est ce que Jésus fait avec les siens. Il jette un regard sur sa vie qui n'a cherché qu'une seule chose: la glorification de Dieu, c'est à dire la totalité de son être orienté vers sa source et ordonnée à elle. Et au moment où il s'apprête à prendre la route de la croix, seul, il en ouvre une autre pour ses disciples: la voie de l'amour mutuel.
Le commandement nouveau devient l'école de la fidélité au maître qui s'en va. L'amour du frère devient le lieu de vérification de cette fidélité. Le modèle a été donné par Jésus. C'est le lavement des pieds qui est la réalisation du commandement nouveau. Le Fils a aimé le Père en chacun de ses disciples, y compris celui qui allait le livrer. Jésus nous offre tout simplement de vivre à ce point, de vivre jusqu'à mourir s'il le faut: "comme je vous ai aimés". La glorification du Fils dans ses disciples est en genèse.
Nous aimons-nous les uns les autres à ce point ? Nous sommes en tous les cas attendus jusque-là, même si pour le moment nous ne pouvons pas y aller. Le rendez-vous du jour c'est l'amour à vivre qui m'apprend à mourir chaque jour un petit peu. Il n'en faut pas plus pour glorifier Dieu.
Méditation de l’Equipe Evangile@Peinture – Peinture de Bernadette Lopez- Fribourg
Entrer dans la joie de l'amour
Le Ressuscité sait ménager ses effets ! Un jour de pêche malheureuse, Jésus se tient sur le rivage, et invite ses disciples à re-jeter les filets.
Sur sa parole, ils jettent de nouveau les filets. Cette fois la pêche déborde. Une impression de déjà vu ! Une telle abondance n'est la marque que d'un seul: du Seigneur.
Sur le rivage, il attend. Le poisson et le pain sont là, en attente du poisson qui vient d'être pris. Tout est prêt à être partagé, mais pas sans ce que tous ont à y apporter: repas eucharistique.
Le dialogue qui suit avec Simon-Pierre porte aussi la marque de l'excès. Excès d'amour et de miséricorde qui permet à Pierre de réaffirmer par trois fois son lien avec Jésus dont il s'était défendu au moment de son arrestation. L'amour demande l'amour, constamment. La miséricorde ne demande pas des comptes mais ramène à l'attachement initial pour lui permettre d'aller plus loin, y compris de surmonter la trahison et la culpabilité dont la chair reste marquée.
L'amour est mouvement vers l'avant. L'amour appelle à la vie et réouvre un avenir au passé blessé. L'amour pratique l'excès de confiance qui est espérance, et lui trace une mission.
Puissions-nous donc être des pratiquants de l'excès, et entrer dans la joie de l'amour dont le Seigneur nous appelle à dresser la table en tous temps : "Suis-moi!".
Méditation de l’Equipe Evangile@Peinture – peinture bernadette Lopez - Berna
Mon Seigneur et mon Dieu
Il s’est passé tant de choses en ce premier jour de la résurrection. Tout se précipité : depuis le matin, Christ se manifesté à ceux qui sont en tenue de service : Marie-Madeleine, aux disciples. A priori, une journée de joie évangélique !
Or, voilà que le soir vient et c’est dans la peur et l’enfermement que vivent les disciples. Pourtant, celui qui est au milieu d’eux et qui proclame « La paix soit avec vous », c’est bien celui qu’ils ont suivi, mais... sans forcément connaître le chemin. « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas, comment saurions-nous le chemin ? » déclare Thomas, qui demande maintenant des preuves pour croire.
En offrant ses plaies à toucher, c'est sa puissance de vie qui s'impose à Thomas et le conduit à la foi en reconnaissant l’identité réelle du Christ « Mon Seigneur et mon Dieu » Désormais, c'est une communauté attestante, ayant fait l'expérience du Ressuscité, qui est en mesure d'être "en sortie" comme dirait le pape François. On observe que Jésus prend soin de chacun des siens dans cette communauté car c'est chacun qui doit être affermi dans son expérience pour pouvoir en témoigner.
La peur de la mort et son repli, ainsi que l'incrédulité ont été les premiers obstacles à surmonter pour la communauté des disciples qui a essayé de se reconstituer au lendemain de la mort de Jésus. C'est encore Jésus qui va leur offrir son propre souffle pour surmonter la peur et leur permettre d'apporter leur foi aux hommes.
Puissions-nous donc en ce temps pascal nous laisser affermir par le Ressuscité dans notre foi en sa vie plus forte que toute mort et tout péché, pour pouvoir répandre à notre tour sa paix et son souffle tout autour de nous.
Extrait de la méditation de l’Equipe Evangile@Peinture – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
Pâques : Basculement dans la foi
Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine se rend au tombeau de grand matin : c’était encore les ténèbres. En voyant que la pierre a été enlevé du tombeau, Marie-Madeleine en déduit tout de suite que le corps de son Seigneur a été emporté ailleurs. C'est ce qu'elle va rapporter immédiatement à Pierre et Jean, qui se mettent en route pour constater par eux-mêmes. .
En restant sur le seuil, en ne voyant que ces linges posés, il n'y avait là pas assez pour remplir le cœur évidé par le deuil. C'est Jean qui ose le pas de la foi en entrant dans le tombeau qui le fait basculer dans la pleine vision, dans le cœur illuminé par les Ecritures, qui témoignent d'un accomplissement. Plus encore, c'est d'une nécessité dont les Ecritures font état. "Il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts". Pourquoi cette nécessité? Il fallait que Jésus passe réellement par la mort pour nous affranchir de son pouvoir. Nous savons désormais qu'en lui, la mort n'a pas le dernier mot.
C'est la résurrection qui est le dernier mot de la vie humaine. La disparition du corps n'est pas disparition de l'être. La pédagogie des apparitions qui vont suivre vont confirmer que la résurrection introduit dans un nouveau mode de relations. Mais entre les deux, c'est un acte de foi qui est nécessaire. "Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. Et tout homme qui croit en moi ne mourra Jamais. Crois-tu cela ?" demanda Jésus à Marthe devant le tombeau de son frère Lazare. Il faut la foi pour accueillir la suite de la vie blessée par la mort. Il faut la foi pour que la vie soit engendrée.
Oui, il fallait que Jésus meure. Vraiment. Et qu'il ressuscite, vraiment, pour que nous puissions croire. Il faut croire la mort de Jésus. Elle nous dit l'amour vécu jusqu'au bout. Nous pouvons croire alors la vie qui renaît de ce don. Le Seigneur n'est plus dans le tombeau car il renaît dans le cœur de chacun chaque fois que nous osons nous tenir dans ces lieux vides de lui. Il est le maître de la vie. Ne craignons pas d'entrer dans ce mystère. Jésus est à l'œuvre. Il descelle tous nos tombeaux, nos lieux de mort, nos enfermements. Laissons sa Résurrection nous renvoyer à la vie ! Alléluia, Alléluia!
Extrait de la méditation de l’Equipe Evangile@peinture – Bernadette Lopez
La Résurrection à Pâques
Jésus est mort sur la croix. Sa dépouille a été déposée à la veille du sabbat dans un tombeau neuf. Une journée s'est passée, les femmes s'y rendent de bonne heure pour s'occuper du corps. Mais c'est la stupeur: la pierre est roulée sur le côté, et il n'y a plus de corps ! Il faut l'apparition mystérieuse et lumineuse de deux hommes pour ouvrir la voie à la mémoire et leur permettre d'interpréter l'événement à la lumière des paroles mêmes de Jésus. C'est ce qui manquera encore à Pierre, étonné à la vue du tombeau vide.
La disparition, c'est la force de l'évidence, le premier niveau de lecture. On peut en rester là. Mais ce qui est donné aux femmes c'est la clé du sens. Pour que l'événement fasse sens, il faut qu'il soit relié à une histoire, à une parole. La disparition de Jésus est à recevoir avec tout ce qu'a été sa vie, et avec ce qu'il a dit de sa mort annoncée. Il faut faire mémoire.
La résurrection n'est pas un concept, mais le constat de la réalisation d'une parole qui sur le moment ne pouvait pas être comprise. Il a fallu tout l'itinéraire de la Passion, de la Mort et de son silence pour que cette parole puisse resurgir et éclairer l'absurdité d'un tombeau vide.
"Pourquoi chercher le Vivant parmi les morts? Il n'est pas ici il est ressuscité!" Il faut du temps pour accueillir cette parole. Elle bouscule. Que faire de la réalité de ce souffle remis, de cette lance perçant son côté? Que faire de ce corps descendu à la hâte et déposé sans pouvoir le préparer correctement avec les aromates? Justement, avec le corps disparu, l'évidence de la mort s'efface. Le Vivant est ailleurs. Le Vivant est dans la mémoire, dans les paroles prononcées, en cours de réalisation, et il est dans le mouvement de la vie qui se déroute et s'illumine. La résurrection est un choc, un saut qualitatif. La résurrection n'est pas le résultat mathématique d'une équation, mais le fruit de vie d'une parole qui a fait son chemin et accomplit la promesse qu'elle contenait. Livré, crucifié, ressuscité. Tel était le chemin tracé. Le troisième terme était en attente. Tout aussi inconcevable que les deux premiers. Et pourtant Jésus l'avait dit, plusieurs fois à ses disciples. La surdité continue.
La voie empruntée par Dieu est maintenant celle du cœur de l'homme mis en demeure de croire à cette puissance de vie à l'œuvre en Jésus, et en nous si nous le voulons bien. La résurrection est le déploiement de la vie quand elle se laisse saisir par la parole du Christ. Elle nous fait passer sans cesse de la mort à la vie, grignotant peu à peu sur tous les impossibles. Jésus institue le miracle de la vie, et nous fait don du sacrement de sa présence: sa parole nouvelle et éternelle au cœur de chacun, principe de renaissance permanent, prenant sens chaque jour un peu plus avec les événements. Un nouveau mode de vie est inauguré. Un deuxième niveau de lecture de la vie est désormais accessible. La résurrection c'est une affaire de lecture. Les chrétiens sont appelés à les scrutateurs du Vivant, les révélateurs de la vie victorieuse de la mort.
Les chrétiens devraient être cette mémoire vivante de la parole, capables de l'offrir au monde pour éclairer les événements et le faire accéder à un horizon de vie plus large. Voilà peut-être ce que nous avons à offrir de mieux en ce moment: une présence dans tous les lieux de mort et de souffrance pour donner corps à une parole qui permette de croiser le Vivant et de continuer le chemin. Notre coeur n'était-il pas tout brûlant ?
Extrait de la méditation de l’Equipe Evangile@Peinture – Peinture Bernadette Lopez – Berna - Fribourg - Peinture "Les disciples d'Emmaüs" d'Arcabas
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