meditation
Soif de Bonheur
La liturgie d’aujourd’hui nous invite à commencer ce mois de novembre dans la clarté. La fête de la Toussaint, oriente notre regard vers le rayonnement de Dieu dans les saints et vers le Bonheur.
L'évangéliste Matthieu nous offre là un concentré de l’enseignement de Jésus qui s'ouvre par les Béatitudes. Certaines, au début et à la fin, sont au présent et attestent d'un bonheur déjà là; les autres, au milieu, sont au futur et orientent vers un bonheur encore à venir.
A l'écoute de Jésus, en retraite sur cette montagne, ses disciples découvrent ce qui les a mis en route: leur soif de bonheur. Et c'est ce que Jésus est venu offrir à tous ceux qui l'écoutent. Il énonce cependant une première béatitude qui résonne comme une condition: pour accéder à ce bonheur du Royaume, au ciel sur la terre, il convient d'être un pauvre de cœur. Pas un satisfait ou un orgueilleux...
S'ouvrent alors les portes d'un bonheur possible sur la terre comme au ciel. Les doux, les malheureux, les assoiffés de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix deviennent les témoins de ce Royaume qu'ils dévoilent et font advenir chaque jour un peu plus. Et c'est parce qu'ils vivent de ce Royaume, qu'ils sont heureux.
Le secret du bonheur véritable n'est pas dans un ailleurs mais dans une fidélité à cette aspiration au bonheur par lequel Dieu peut nous attirer à lui et nous combler. Le message est clair. Le bonheur commence ici et maintenant parce que nous nous sommes reconnus dans ces pauvres de cœur avides du Royaume et de la Bonne Nouvelle offerte en Jésus. Parce que nous croyons que ce que nous vivons envers et contre tout, et ce que nous désirons, nous rapproche vraiment de Dieu jusqu'à en être comblés le jour venu.
Puissions-nous donc croire à ce grand bonheur offert corps et sang en Jésus, et recevoir le pain et le vin du Royaume pour vivre ici sur la terre comme au ciel, et célébrer, avec la foule immense de ceux qui ont cru et nous ont précédé dans le Royaume, le don de la vie: par lui, avec lui et en lui... avec Ste Thérèse qui passe son ciel à faire du bien sur la terre...
Extrait de la méditation de l’Equipe Evangile@Peinture
Peinture Bernadette Lopez – Fribourg
" Ta foi t'a sauvé "
Les évangiles, inspirés par l’Esprit, ont été écrits après Pâques et à la lumière de Pâques, pour transmettre fidèlement aux premières communautés chrétiennes la Bonne Nouvelle qu’est Jésus-Christ. Ils reproduisent en même temps les propos du Jésus d’avant Pâques et ceux du Christ ressuscité, toujours présent au milieu de nous. Ce qu’on lit dans les évangiles est vraiment ce que notre Seigneur Jésus-Christ a dit et nous dit, à nous aussi, aujourd’hui.
Le bref passage de l’évangile du jour est la guérison de l’aveugle de Jéricho. Jésus exprime d’abord sa sollicitude en faisant appeler l’aveugle qui le sollicite avec force et que beaucoup voulaient faire taire. Jésus se laisse interpeler par ceux des « périphéries » dirait-on aujourd’hui et demande au mendiant aveugle ce qu’il veut. « Que je recouvre la vue » répond celui-ci. Jésus lui dit alors : « Va, ta foi t’a sauvé ».
La foi sauve nous dit Jésus et c’est là son enseignement. Et comme signe ou confirmation de cette réalité spirituelle, aussitôt l’aveugle recouvre la vue.
« Ta foi t’a sauvé » : croyons-nous cela ? La foi va droit au sens profond des choses, c’est la révélation des fins dernières de l’Univers. Elle est un raccourci accessible à tous. Elle ne change pas au cours des siècles même si la façon de la dire, qui n’est qu’humaine, peut varier sans que change son contenu. D’où une même foi qui sans cesse cherche, s’approfondit, grandit et aussi sollicite le Seigneur, comme les Apôtres l’exprimeront par leur demande : « Seigneur augmente en nous la foi » car la foi est d’abord, comme la vie, un don de Dieu qui est à l’origine de toute vie et qui en est aussi la finalité.
La foi ouvre à la vie éternelle qui commence ici sur terre dans une relation personnelle à Dieu, une relation d’amour qui est vie. La foi est souffle, source de vie, résurrection permanente. Ce souffle engage à ne pas vivre seul, car le souffle se transmet, s’offre, se propage, passe de personne à personne, anime chacun pour peu qu’il le reçoive et le donne. L’existence de Dieu est, à côté de chacun, l’existence d’un autre qui l’écoute et ainsi de suite... Dieu existe dans cette chaîne-là. C’est pourquoi, depuis les origines, nous faisons Eglise où nous trouvons des personnes que l’on a envie de suivre et que nous pouvons suivre. « Aussitôt l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route ».
Notre foi est magistralement résumée par le Credo, symbole des Apôtres définit au Concile au 5e siècle: « Je crois en Dieu le Père, …en son Fils …en l’Esprit, …je crois à la communion des saints, à la vie éternelle ». C’est au prix du martyr que les premiers chrétiens ont confessé leur profession de foi chrétienne. Aujourd’hui, le crédo est signe de reconnaissance et de communion qui balise notre chemin et notre vie spirituelle en Eglise. Redisons souvent cette prière-source...
Extrait de la méditation de Yves PERIER-MUZET - Frère de la Sainte Famille
Photo de l’équipe EDACE Hayange – octobre 2015-Image Evangile et Peinture Bernadette Lopez
Osons notre prière
Beaucoup de choses se passent en chemin pour les disciples... A mesure que le temps passe, les raisons qui avaient présidé au départ pour suivre Jésus s'affinent pour dévoiler des désirs plus profonds. Jacques et Jean illustrent bien l'ambivalence qui les habite. Le désir de gloire est humain. Vouloir être le premier est naturel. D'ailleurs, Jésus les accueille, il n'objecte rien de ce désir mais, comme toujours, il va le réorienter en lui offrant une nouvelle signification.
Il commence par dire aux deux frères que leur désir est aveugle: "vous ne savez pas ce que vous demandez"... Pouvez-vous boire à ma coupe ? rétorque Jésus. La gloire est bien au bout du chemin, mais ce qui précède pour y arriver... Pouvez-vous le vivre aussi ? Jésus sait ce qui l'attend. Il l'a choisi en connaissance de cause. Son désir à lui est autre. Il veut la vie pour tous. Devenir grand c'est soumettre sa vie à la multitude, et non l'inverse.
Jésus offre une nouvelle manière de régner en maître. Il inaugure par son désir un nouveau pouvoir. Celui du service qui implique de donner sa vie pour la multitude. Ce sont les multitudes qui le guident dans son désir de vie. Il veut la vie pour tous. Il est donc prêt à la donner. Voilà sa gloire. Et elle va rayonner à mesure qu'il va la communiquer: en guérissant, en enseignant... jusqu'à la croix où son pouvoir de vie va éclater. Siéger à sa droite et à sa gauche, les deux larrons ne l'ont pas désiré, mais l'un d'entre eux sera le premier à être en vie de ce pouvoir de Jésus sur la croix. Pouvoir paradoxal qui donne la vie en la perdant.
Que le Christ mort et ressuscité nous introduise toujours plus dans son pouvoir d'offrir sa vie. Ta coupe nous pouvons la boire Jésus... Ta gloire c'est nous: vivants de toi! Osons notre prière !
Méditation de l'Equipe Evangile@Peinture - Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
Le centuple offert par Jésus
Avec cette rencontre sur le chemin, Jésus ouvre une fenêtre sur les exigences du Royaume. Mais il dévoile également ce que le présent porte déjà de ce Royaume. Le centuple c'est maintenant dit Jésus. Et la vie éternelle dans le monde à venir. Ce n'est pas une promesse électorale, mais les indices sur le chemin que Dieu est à l'œuvre dans notre vie.
C'est non seulement la vie qui s'ouvre aux exigences du Royaume mais qui inséparablement se trouve enrichie et transformée. La réalité du "quitter" dans la vie des disciples est prégnante: "Nous avons tout quitté pour toi".
Mais Jésus réoriente le regard vers la profusion d'une vie qui choisit de s'associer à la sienne. Ainsi la vie d'itinérance devient aussi le lieu d'expérience de l'hospitalité, du partage, de la fraternité... De la persécution aussi. La vie du disciple n'est pas autre que celle du maître.
Ses joies et ses épreuves sont celles qui attendent ses disciples. Mais sa puissance de vie les soulève aussi à mesure. "Pour les hommes c'est impossible, mais à Dieu tout est possible". Les disciples sont convoqués à un style de vie où la perte se commue en don, la mort en vie.
Puissions-nous, en ce dimanche, nous réjouir de ce grand mystère d'une vie certes marquée par les pertes mais attendue par le centuple offert en Jésus, et dont l'Eglise devrait être un signe permanent...
Méditation par l' Equipe Evangile@Peinture
Tableau Bernadette Lopez - Fribourg
Le mariage, socle de la Famille
Le texte qui ouvre la liturgie de la Parole ce dimanche, a un air de fête, de création originelle ! En ce 4 octobre comment pas ne pas penser à St. François d’Assise que l’on fête aujourd’hui ; il est là présent dans ce jardin de la Genèse !
Émerveillement devant tous ces êtres vivants que Dieu a façonnés et à qui l’Homme donne un nom !
Émerveillement d’Adam devant le surgissement de la Femme, partie de lui-même. « Cette fois voilà l’os de mes os, la chair de ma chair ».C’est la beauté de l’amour conjugal à sa source !
Émerveillement aussi : le nôtre, devant ce Dieu "pour qui et par qui tout existe, veut conduire la multitude de ses fils jusqu’à sa Gloire, par Jésus." Il nous appelle ses frères. Nous avons tous la même origine divine et sommes appelés à vivre en communion avec tous les autres vivants de la nature mais nous dit le Pape François : « Ce sentiment d’union intime avec les autres êtres de la nature ne peut être réel s’il n’y a pas dans le cœur, de la tendresse, de la compassion et de la préoccupation pour les autres êtres humains ».
Cette recommandation nous rejoint fort au moment où tant de nos frères humains arrivent par milliers sur « nos terres » et demandent un regard accueillant, des maisons et des cœurs ouverts. Comment pouvons-nous répondre à ces migrations inédites qui ne peuvent nous laisser indifférents ?
Évangile de St. Marc nous montre plusieurs fois, les Pharisiens en train de tendre des pièges à Jésus. Cette fois il s’agit de la loi sur le mariage ! Nous sommes loin, ici de la beauté première du couple au jardin d’Eden ! Les Pharisiens s’en tiennent aux questions plutôt juridiques. Jésus dans ses réponses, rejoint le texte de la Genèse « …Dieu les fit homme et femme…ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ».
Aujourd’hui, nous savons bien que le mariage est souvent mis à mal par nos sociétés. Pourtant il reste le socle de la famille ! Nous attendons avec espérance la tenue du second synode sur la famille et implorons l’Esprit, d’illuminer nos esprits et nos cœurs, pour entrer plus avant dans la connaissance profonde de l’amour de Dieu, pour toute l’humanité à travers le bonheur de toutes les familles et de la création.
Extrait de la méditation de Sr Gabrielle Marguin - Peinture de Bernadette Lopez - Fribourg
En Ton Nom
Voici que les Douze assurent le service d'ordre et stoppent un homme qui faisait des guérisons au nom de Jésus. Il est vite fait de s'approprier les choses. Pire: de les détourner à son profit. Jésus est clair et redonne les critères de discernement.
Tout d'abord, les Douze ne sont pas propriétaires du nom de Jésus. Celui qui s'en sert pour faire le bien ne peut pas lui causer du tort, et est donc au service de la vie. Et toute personne qui se réjouit de ce bien, et y collabore d'une manière ou d'une autre, participe de la vie contenue dans ce nom. Car en Jésus se trouve la vie en plénitude.
En revanche, toute personne qui détourne cette puissance de vie à son profit, ou déroute quelqu'un, celui-là fait œuvre de mort, et se pose en adversaire de la vie voulue par le Christ. Le discernement ultime passe par le cœur et l'usage que l'on fait de la vie que l'on porte en soi.
La vie est au service de la vie. La vie n'est pas le préservation de soi mais la diffusion du bien en soi. Le langage de Jésus est chirurgical. La gangrène est aux portes si la vie ne circule plus en soi et vers les autres.
C'est là le vrai combat. Puissions-nous donc, en ce dimanche, favoriser et nous réjouir de tout ce qui participe de la vie et lutter, nous séparer de tout ce qui pourrait scléroser la vie du Christ en nous.
Extrait de la méditation de l’Equipe Evangile@Peinture
Peinture de Benardette Lopez – Fribourg
Accueillir un enfant
Marc, l ' Evangéliste lève le voile sur un décalage que Jésus n'a cessé d'éprouver vis à vis de son entourage. Quand il tente de leur montrer quelle va être sa route, c'est comme s'il y avait une surdité parmi le groupe des disciples. Ils n'entendent ni ne voient rien d'autre que ce qui les a peut-être même poussés à suivre Jésus... Les disciples sont préoccupés d'eux-mêmes. « Qui est le plus grand ?»
Voilà donc ce qui arrive en chemin : une révélation de soi et des véritables motifs de nos actions. Jésus offre un nouveau centre de gravité. Non plus soi-même, mais le plus petit, le plus insignifiant, celui qui est compté pour rien. Voilà le nouvel axe de vie que Jésus propose à ses disciples.
Le changement de modèle est conséquent. Non seulement le règne de Jésus n'aura pas lieu comme imaginé, mais c'est en plus l'échelle du service qui leur est présentée comme style de vie. En son nom, mettre l'autre au centre de son souci et faire l'expérience de la présence du Père... Il faut faire un bout de chemin pour vivre à la manière du Fils.
Puissions-nous donc nous appuyer sur sa Parole et sa volonté, de faire celle du Père, et nous laisser ainsi recentrer sur ceux que nous ne voyons plus, ceux que nous n'entendons plus. Laissons-nous interpeller par le Père présent en chacun d'eux.
Extrait de la méditation de l’Equipe Evangile@Peinture
Peinture de Bernadette Lopez
Dialogue avec le Christ
La page d'Evangile de ce jour nous place devant une double révélation. Nous assistons non seulement au dévoilement de l'identité de Jésus, mais tout en même temps au dévoilement du cœur de l'homme.
La pédagogie de Jésus emmène les siens peu à peu au coeur d'eux-mêmes. "Au dire des gens, qui suis-je?", questionne Jésus. Cette question ne les engage pas encore personnellement, mais elle permet de lancer le sujet. Puis vient la question qui engage: "Et vous ? Pour vous...?" Le récit ne nous rapporte que la réponse de Pierre, fulgurante, " Tu es le Christ " venant de plus loin que lui, presque trop grande pour lui. Son coeur a l'intuition, mais il ne sait pas encore ce que cela veut dire.
C'est Jésus qui va donner un contenu à celui qu'il désigne comme le Christ. Et d'ailleurs, il remet Pierre à sa place quand il cède à la tentation de projeter un avenir pour lui. Le Christ devra souffrir, passer par la mort et ressusciter le troisième jour. Le programme n'est pas à choix. Il ne l'est ni pour le maître, ni pour le disciple. Celui qui veut suivre le maître doit pouvoir tout quitter, se quitter lui-même, tout perdre, jusqu'à souffrir comme le maître pour prendre part à la vie qu'il est venu apporter. Cet avenir n'est pas à choix. La vie est au prix d'une perte qui n'est pas naturelle au cœur de l'homme toujours prompt, à l'instar de Pierre, à choisir ce qui lui convient.
Jésus fait faire à tous, dans ce dialogue, un pas décisif dans leur propre identité de disciple. En se disant lui-même, il les révèle dans leur identité profonde. Leur identité est une identité relationnelle, fondée sur le Christ qui les emmène sur leur propre chemin vers un seul: celui de l'Evangile. C'est à nous aujourd'hui que se pose la question tous les jours, et que nous mesurons à travers les appels de la vie, les événements, ce que veut dire être disciples du Christ.
Puissions-nous donc répondre nous aussi à cette question qui nous révèle et nous engage de manière décisive sur les chemins de la vie et recevoir le pain et le vin de la route à la suite du Crucifié-Ressuscité.
Extrait de la méditation de l’Equipe Evangile et Peinture
Photo hozana.org et Peinture Berna - Fribourg
Ouverture des coeurs
Jésus opère aujourd'hui une guérison en ce territoire de la Décapole où sa renommée le précède puisqu'il avait délivré un homme, d'un esprit impur et que celui-ci avait ensuite proclamé sa libération dans toute la Décapole. La venue de Jésus va permettre un nouveau pas dans la foi de la foule de cette région. De fait, on lui amène un sourd ayant des difficultés à parler. La scène se passe à l'écart de la foule, avec le groupe, et de manière très intimiste, le récit centre d'abord notre attention sur Jésus qui établit une relation par le toucher. Les doigts dans les oreilles, la salive sur la langue... Les yeux levés au ciel, il est lui-même ouvert au Père de qui il reçoit tout. La Parole rompt le silence dans lequel l'homme était muré. D'abord par le geste et la proximité, puis par la demande. Jésus porte le désir de tous. Il l'investit de sa parole et de son autorité. Il fait corps avec cet homme et son infirmité pour lui offrir sa parole et son désir de vie pour lui. L'effet est immédiat. Tout se dénoue et s'ouvre. Et Jésus lui-même ne peut pas contenir le flot de vie qui afflue tant chez cet homme que chez ceux qui l'accompagnent et parmi la foule qui ne peut que s'émerveiller du prodige.
Comment ne pas nous laisser ouvrir nous-mêmes par ce récit et cette parole de Jésus? Comment ne pas, nous ses disciples d'aujourd'hui, faire corps à notre tour avec tous ceux qui sont emmurés de multiples manières dans la souffrance? Comment ne pas faire corps avec tous ceux dont le cri éteint ne parvient plus à frapper à notre porte? Comment ne pas faire corps aujourd'hui avec tous ceux migrants qui viennent mourir sur nos côtes, traversent nos villes en quête de paix et de sécurité ? Nous sommes les sourds muets d'aujourd'hui. Mais Jésus vient faire corps avec nous pour libérer notre pouvoir de vie, faire de nous des témoins de ses merveilles. Jésus vient faire corps avec nous: pain et vin, corps et sang. Communion pour une libération : ephata !
Extrait de Equipe Evangile et Peinture- Peinture Berna- Fribourg
Se convertir en profondeur
La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie. Voilà ce qui intéresse Dieu, bien plus que l’extérieur. Ce que veut Jésus, ce sont nos cœurs. Voilà ce qu’il essaie d’expliquer dans l’Evangile de ce dimanche aux Pharisiens, à tous ses disciples, à nous-mêmes.
Il est tout à fait possible d’apparaître comme un chrétien irréprochable aux yeux des autres tout en étant au fond de parfaits égoïstes. On peut aller à la Messe régulièrement, en évitant tous les péchés publics, récitant des prières, faire tout cela extérieurement, et pendant ce temps nourrir des pensées mauvaises et des désirs égoïstes dans notre cœur.
Mais ce comportement, appelé hypocrisie, ne peut pas durer. Comme le dit l’adage, à moins de vivre comme on pense, on finira tôt ou tard par penser comme on vit. Ou, comme le dit Jésus ailleurs dans les Évangiles, là où est notre cœur, là aussi sera notre trésor.
Le cœur est le lieu où nous décidons en harmonie ou en opposition avec notre conscience, pour ou contre la volonté de Dieu. Notre amitié avec le Christ, et l’énergie, la force et la vigueur qui en découlent, dépendent de notre attachement intérieur à lui, et ne pourront jamais être remplacés par une petite couche de vernis. Jésus ne se soucie pas de l’impression que nous faisons aux autres, mais de ce que nous sommes en vérité.
Nous devons nous efforcer de vivre en vérité. Il ne s’agit pas d’éliminer toutes nos attitudes, paroles et actions égoïstes en un clin d’œil, mais plutôt par un effort permanent.
Notre vie spirituelle ressemble en un sens à un jardin. Un bon jardinier ne peut jamais abandonner purement et simplement le jardin à lui-même, même si les plantes sont vigoureuses et saines. Pour que le jardin puisse porte des fruits, le jardinier doit régulièrement l’arroser, mettre de l’engrais, protéger et en arracher les mauvaises herbes. Si nous baissons la garde, les mauvaises herbes prendront le dessus. Nous aussi, nous devons faire constamment des efforts pour mieux connaître le Christ et conformer notre vie à ses exigences.
Renouvelons notre engagement envers Jésus en lui disant avec force et détermination notre volonté de vivre comme des hommes et des femmes de cœur, attentifs à une conversion en profondeur.
Voilà un évangile qui décape, non pas en surface pour nous rendre bien propres aux yeux de Dieu et des autres, mais en profondeur, là où Dieu seul et nous-mêmes voyons ce qui se passe. Cette attention à une conversion en profondeur nous donne une très grande liberté à l’égard du monde. Ce dernier n’est plus diabolique. Nous n’avons pas à nous en préserver, mais comme Jésus à y vivre en faisant le bien partout où nous passons. « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu. »
Extrait R.F. de la méditation d’un prêtre de la Martinique – foyer de charité
Images Evangile et Peinture – Berna et cœur de Kérézinan
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