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François-Dominique Roger

meditation dominicale

Méditation Dimanche de la Divine Miséricorde 27 avril 2025

27 Avril 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)

« Huit jours plus tard, Jésus vient » C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse  d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

"La paix soit avec vous !"

Jusqu’à la fin de sa vie, Saint Jean a rapporté ce qu’il a vu. Il fut le dernier témoin oculaire, il mourut très âgé, à la fin du 1er siècle. St Jean n’a pas écrit tout ce qu’il a vu. Il a noté et retenu ce qui lui paraissait important. Voici le souvenir qu’il a retenu du jour de Pâques : Les disciples avaient peur. Car les premiers temps furent une époque de persécution. Alors ils ont fermé les portes. Jean nous montre d’abord une communauté repliée sur elle-même : ils n’osent sortir et s’affirmer face à la Synagogue dont ils ont été chassés. Le moral n’y est pas : L’avenir, comme les portes, paraît verrouillé. Et pourtant, malgré les portes fermées, Jésus se tint soudain au milieu d’eux ! La présence de Jésus-ressuscité est ressentie, expérimentée, dans le cadre d’une rencontre communautaire. Ils sont ensemble, le 1er jour de la semaine, réunis, en Église, comme nous le dimanche !

Comme Thomas, nous voulons expérimenter nous-mêmes la foi. Et nous avons raison. Expérimenter au plus profond de notre être, englué dans une descente qui semble parfois sans fin dans le malheur, qu'un chemin est possible aujourd'hui à la suite et avec Jésus, le Crucifié Ressuscité. Nous n'avons que faire de preuves mais nous avons besoin d'entendre personnellement cette parole du Christ vivant :

"La paix soit avec toi, avec vous !"

Merci Seigneur pour ta présence réelle au milieu de nous.
Merci pour notre frère Thomas,
qui doute, un peu comme nous tous.
Aide-nous, Seigneur, à dire, en te reconnaissant
dans les signes où tu te donnes : Mon Seigneur et mon Dieu !

 

Miséricorde ? Vous avez dit miséricorde ?
Le monde ne croit plus à la miséricorde. « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » dit Saint Thomas.

Parce que l’élitisme de notre société, ce désir d’excellence exigée à tout niveau nous fait oublier que l’homme est faillible. Résultat : à la moindre erreur, c’est le rejet de l’autre, et parfois de soi-même.

Même dans nos paroisses, tout le monde a ce beau mot sur les lèvres mais passer du concept à la réalité est un défi rarement honoré. Pourtant, le Christ est bel et bien vivant, il s’est manifesté à ses disciples, leur donnant sa paix, montrant ses plaies à celui qui refusait de croire à sa première apparition.

En permettant à Thomas de mettre ses mains dans ses stigmates, 
c’est l’humanité pécheresse, bourreau du Christ, 
qui est invitée à expérimenter la miséricorde 
de Celui qu’ils ont transpercé.

Alors, comme saint Thomas, il nous faut passer de l’incrédulité à la foi, de la fermeture à l’ouverture, de l’orgueil à l’humilité, pour se redécouvrir pécheurs, faibles, faillibles mais pardonnés et aimés par le Christ, pour voir la miséricorde vivante et réelle au cœur de notre monde. 🙏

 

Merci Bernadette

EquipeMéditation@Evangile - Extrait de l'Echo d'Ozanam N°140 et N°295- Vincent Ravince - François Rhiel -  François-Dominique Roger - Peinture Bernadette Lopez
 

 

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Méditation Dimanche des Rameaux 13 avril 2025

13 Avril 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Evangile selon saint Luc (Lc 19, 28-40)

Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem. Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie, près de l’endroit appelé mont des Oliviers, il envoya deux de ses disciples, en disant : « Allez à ce village d’en face. À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous demande : “Pourquoi le détachez-vous ?” vous répondrez : “Parce que le Seigneur en a besoin.” » Les envoyés partirent et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit. Alors qu’ils détachaient le petit âne, ses maîtres leur demandèrent : « Pourquoi détachez-vous l’âne ? » Ils répondirent : « Parce que le Seigneur en a besoin. » Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus, jetèrent leurs manteaux dessus, et y firent monter Jésus. À mesure que Jésus avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimande tes disciples ! » Mais il prit la parole en disant : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. » (Passion selon saint Luc : Lc 22, 14 – 23, 56)

LIESSE DÉBORDANTE

La joie déborde. La joie de tout le peuple. Elle récapitule tout. Elle restitue à Jésus tout le bien qu’il lui a fait. Elle est l’écho d’une mission qui touche à sa fin. Une apogée en quelque sorte. D’autres se seraient emparés de cette joie-là, l’auraient détournée à leur profit. Cette action de grâces est de lui et pour lui, mais il n’en fera rien. Il est effectivement leur Roi et Seigneur, mais il n’en fera rien.

Il sait exactement ce qui va se passer et pourrait s’en échapper mais il n’en fera rien. Jésus n’a plus qu’une seule nécessité: rester sur cette route qui l’emmène à Jérusalem pour y vivre son « installation ». Le marqueur de sa royauté, c’est cet ânon. Ce triomphe à l’envers a planté dans le cœur de tous la certitude que Jésus est pour eux. Ils ne savent pas encore à quel point. Ils se défont de leurs manteaux, lui va se défaire de sa vie qu’il va déposer aux pieds de chacun de ses disciples avant de l’offrir au monde dans sa nudité la plus extrême. Ce roi sans attribut nous parlera d’un pouvoir désarmé: celui de l’amour.

Il est venu à bout de tous les autres et il érigera sur la croix son trône son corps meurtri et supplicié en miroir pour tous les hommes. Il est venu délier les cœurs de la folie du péché. La clameur de la foule va se taire l’espace d’un instant pour faire place à la stupeur puis à l’espérance. Jésus sait tout cela au moment où il s’avance avec cet ânon. Il sait quelle traversée tous ses disciples auront à vivre après lui. Mais cette joie-là, il le sait, prend sa source dans le cœur du Père qui a entendu la rumeur de son peuple, son aspiration au bonheur. Sa réponse est venue, vient et viendra. Le temps est désormais complice de cette joie-là que rien ni personne ne saurait dédire ni contenir.

Alors, viens, Seigneur, cette foule, ton peuple, te suivra dans ce nouvel exode. Seigneur, regarde ces rameaux que nous portons, ils signifient que le printemps est plus fort que l’hiver, que la vie triomphe de la mort, que le Christ ressuscité nous a laissé son Esprit. Qu’au cours de cette Semaine Sainte, ces rameaux nous redisent que tu es le Dieu des passages vers la vie et que le bois de la Croix refleurit en Toi. 

Le désir du Christ est que, poussés par l'Esprit qui jaillit de son cœur transpercé, " avec Lui et en Lui", nous allions vers de Père ( Dilexit nos n°77)


Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 5ième dimanche de Carême 6 avril 2025

6 Avril 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Jean (8, 1-11)

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Voici que je fais une chose nouvelle 

L’Evangile de ce jour, porte sur la rencontre de Jésus et d’une femme adultère, accusée et persécutée par des pharisiens. Ces pharisiens sont chargés de faire appliquer la loi de Moïse, et Jésus leur montre par un signe très simple que la loi et très relative à la manière dont on veut s’en servir. : soit elle enferme les personnes dans un règlement sans sortie possible, soit elle libère la personne de l’enfermement en indiquant « une direction dans laquelle nous sommes invités à marcher de manière réaliste sur nos possibilités, mais avec confiance dans l’avenir ». ». C’est pourquoi, plutôt que de condamner cette femme, Jésus lui dit simplement : « Va et ne pêche plus »

Le regard de Jésus est tourné vers son Père qui met toujours en valeur ce qu’il y a de plus beau et de plus grand dans l’humain, y compris dans la dignité abusée de la femme qui est là devant lui.  

Que de gâchis autour de nous où tant de personnes sont méprisées et réduites à n’être que des objets. Il suffit de penser à toutes ces victimes innocentes en Ukraine et Russie, bande de Gaza, Soudan, à tous ces otages décapités, ces milliers de migrants agglutinés aux barbelés et ceux qui pataugent dans la boue. Sans faire un étalage des misères du monde, que chacun regarde bien autour de lui avec un cœur compatissant. Car, il n’y a rien de plus beau et de plus dynamisant que d’être reconnu, aimé, respecté dans sa dignité d’homme et de femme. 

Que ce temps de carême nous aide à faire disparaître de nos horizons tous les classements, les étiquettes et les jugements tout faits, et reconnaître en chacun de nous un enfant de Dieu. On n’a jamais le droit d’utiliser la vie d’une personne pour ses intérêts personnels. Il s’agit d’une conversion à laquelle nous sommes tous appelés. Cette conversion doit nous amener à servir l’espérance et la liberté d’un chacun. Et ce sera aussi pour chacun l’occasion de repartir, comme la femme adultère, vers un avenir nouveau. Le temps des combines, des magouilles et des paradis fiscaux devrait se terminer pour faire place à la justice et à la dignité de chacun.

La nouveauté, c’est que le Dieu créateur, le Dieu libérateur apparaît désormais comme le Dieu consolateur. L’Emmanuel, Dieu avec nous, est la réponse de Dieu à la violence et à l’endurcissement du cœur de l’homme. Les petits et les pauvres, les pécheurs sont les premiers à être au cœur de son attention. Dieu penché sur la terre depuis la crèche jusqu’à la croix plantée en signe de victoire sur tout ce qui blesse l’homme… hier, aujourd’hui comme demain.

Equipe Evangile&Peinture – Extrait de Marie-Dominique Minassian - François Rhiel – François-Dominique Roger - Peinture Bernadette Lopez

Prière

En contemplant le Cœur du Christ, toute vérité de son amour divin et infini se manifeste ( Dilexit nos n°64)

Seigneur, toi qui fais toutes choses nouvelles,
quand passe le vent de l’Esprit,
Viens encore accomplir tes merveilles aujourd’hui.

Donne-nous la grâce d’une écoute libre,
sans préjugés, sans interprétations hâtives et sans crainte.

Donne-nous de discerner dans la parole des autres
ce qui pourrait être une invitation à inventer, à oser, à créer.

Donne-nous la grâce d’un regard libre et renouvelé,
qui ne s’arrête pas à la surface des choses,
à l’image que nous avons des autres,
et que n’encombre pas le souci de notre propre image.

Donne-nous la grâce d’une intelligence libre, ouverte, aventureuse,
capable de replacer toutes choses dans un contexte plus large,
sans esprit de système, sans théories toutes prêtes, 
sans désir personnel de s’affirmer, sans désir de puissance.

Donne-nous la grâce d’une parole libre,
qui soit toujours respectueuse des autres, 
donne-nous d’offrir aux autres une présence qui délivre,
Cela, nous ne pouvons le recevoir que de Toi.

Donne-nous, pour ce qui est de notre responsabilité 
l’audace de projets ambitieux et la patience de la mise en œuvre.
Délivre-nous de l’instinct du propriétaire
que nous risquons d’avoir sur les projets que nous formons.

Seigneur, Toi, qui fait toutes choses nouvelles,
quand passe le vent de l’Esprit,

Viens encore accomplir tes merveilles aujourd’hui.

Le Corre - Philosophe, écrivaine, Rédactrice à la revue Etude

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Méditation 4ième dimanche de Carême 30 mars 2025

30 Mars 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (15,1-3.11-32)

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer (...)

Joie de le Réconciliation

On appelle habituellement l’Evangile de ce dimanche la « parabole de l’enfant prodige ». Mais, en fait, il faudrait l’appeler «  la parabole du père prodigue »… un drame en deux actes : le conflit d’un père avec ses deux enfants, également et follement aimés. C’est lui qui « prodigue » son amour et son pardon.

Acte premier : l’attitude du père envers le plus jeune

Le plus jeune de ses enfants est un profiteur : il réclame de l’argent, beaucoup d’argent. Il ne pense qu’à lui. Il reçoit tout de son père et ne semble même pas le remercier, ni le reconnaître. Il ne sait qu’une chose : exiger, réclamer, forcer la main, jouir pour soi. Son retour à la maison est encore un calcul, pour retrouver le gîte et le couvert. il veut « se remplir le ventre ». Il a davantage mal au ventre que mal au cœur, apparemment. Il a perdu l’habitude d’aimer. Il est bien à plaindre… Il est malheureux. Il faut l’aimer.

C’est justement ce que ne cesse de faire son père Lui, est justement tout le contraire de ce fils dévoyé. Il n’est que gratuité, don désintéressé, amour. Et quand l’enfant revient, c’est encore le père qui fait tout. Avant même que l’enfant n’ait ouvert la bouche, c’est le père qui fait des gestes significatifs : « il l’aperçoit de loin... » « il est ému de compassion » … « il court » …« il l’embrase » …Et c’est lui, le père, qui décide cette prodigalité dans la fête de la réconciliation : « le plus beau vêtement »  .. « la bague au doigt »  ..’anneau de la réconciliation. « la sandales neuves au pieds » ... « le veau gras » pour un festin joyeux avec musique et danses…

Telle est l’image de Dieu, que Jésus veut nous révéler : un  Dieu de Jésus n’est qu’Amour…prodigue d’amour ! Il attend avec patience, respectant la liberté de ceux qui sont éloignés de Lui. Et puis, quand Il les voit revenir à la maison, Il court à leur encontre, et les embrasse tendrement, et les invite à boire le vin nouveau dans la fête du Royaume. 

Acte second : l’attitude du père envers l’aîné

Le frère aîné, en refusant d’entrer dans la maison en fête, montre qu’il n’a jamais compris, lui non plus, l’amour de ce père. Lui aussi, comme son cadet, se situe dans un système de revendication : « Tu n’as jamais donné un chevreau… » Ce fils aîné représente bien les pharisiens, qui « pratique » scrupuleusement leur religion, mais sans joie, et de manière intéressée, et surtout sans pitié pour les autres : ils passent leur temps à juger, à condamner, à dénoncer les péchés de leurs frères. Ils se croient en règle avec un Dieu comptable.

Le Père au contraire, ne joue pas « comptabilité », il joue « l’amour ». Et voici que ce pauvre père plein d’amour recommence sans fin, envers le second, les démarches de réconciliation qu’il vient de prodiguer au premier : « il sort au-devant de son fils révolté » … « il le supplie » …,

Là encore, Jésus nous révèle l’image de Dieu : un Dieu qui ne cesse jamais d’aimer Ses enfants, tous Ses enfants, car ils sont tous aussi pécheurs les uns que les autres… mais ils sont aussi aimés aussi bien les uns que les autres. Dieu nous invitent à nous ouvrir au don de la communion humaine et spirituelle dans l’Esprit de Vérité.et de Justice.

Allons-nous, nous mettre à vraiment aimer nos frères sans ambigüités ? 
Dieu est Père, c’est sûr. Mais sommes-nous des frères entre nous ? La parabole reste tragiquement inachevée : l’aîné va-t-il se laisser convaincre et rentrer dans la joie de son père ?
C’est à nous de donner la conclusion : entrons durant ce carême, avec un cœur simple, dans la joie et la paix de l’amour que Dieu nous a préparée. 

 

EquipeMéditation@Evangile – Noël Quesson – Marie-Dominique  Minassian – François-Dominique Roger – Peinture Bernadette Lopez

« Le monde peut changer à partir du cœur » (Dilexit n°27)

Prière 
Joie de la Réconciliation  - 
CCFD TERRE SOLIDAIRE 

Dieu, qui nous invite à boire le vin nouveau dans le Royaume,
Tu ne nous regardes pas comme une masse humaine, sociale ou économique, 
mais Tu noues avec nous un lien toujours unique. 
Pour que la Joie de la Réconciliation se répande autour de nous.
Apprends-nous 
à ouvrir nos cœurs aux détresses des personnes que nous côtoyons
à pardonner à ceux qui nous ont offensés  
à nous Réconcilier avec nos ennemis
à aimer notre prochain, à partager nos vies avec les autres, 
et à communier avec Toi par toute notre vie..

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Méditation 3ième dimanche de Carême 23 mars 2025

23 Mars 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (13, 1-9)

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?” Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

DIVINE ESPÉRANCE 

Il y a de quoi être décontenancé devant ces événements. Les catastrophes, les guerres ont accompagné la vie des hommes depuis toujours. La mort violente ne cesse de semer le trouble sur le sens de la vie et sur celui qui en est le divin maître. Il n’y aurait qu’un pas à faire pour attribuer à Dieu la culpabilité de cette tragédie humaine. Car l’absurdité de la mort rattrape à chaque événement et ramène à ce questionnement essentiel.

L’appel urgent de Dieu à la conversion

Pourquoi ? pourquoi tant de malheurs ? L’Evangile d’aujourd’hui nous montre que Jésus n’a pas, vécu dans une époque tranquille. On vient rapporter à Jésus deux catastrophes : le police de Pilate a tué, des manifestants… et puis, un édifice de Jérusalem s’est écroulé en écrasant dix-huit personnes… Pourquoi ? Pourquoi tout ce mal ?

Nous cherchons le coupable. Qui est responsables ?  Pas étonnant, l’écroulement de cet HLM ! Les promoteurs l’avaient construit en matériaux trop légers pour faire de économies… Pas étonnant ce jeune homme qui s’est tué au volant de sa voiture, il conduisait sous l’emprise de l’alcool…
Et puis, avec le même état d’esprit, il nous arrive de chercher un coupable du côté de Dieu ; « s’il y avait un bon Dieu, tout cela n’arriverait pas ! » 
Enfin, il nous arrive de penser que les épreuves arrivant à quelqu’un seraient comme une sorte de punition : « qu’est-ce que nous avons fait de mal pour qu’il nous arrive cela ? »

La réponse de Jésus : l’épreuve n’est pas une punition Et Jésus suggère : « pensez-vous que les victimes étaient de plus grands pêcheurs que les autres ? ». Et Jésus suggère : « Non ! ils n’étaient pas plus coupables que d’autres ! » Et nous le savons bien : le mal n’est souvent que la conséquence des lois naturelles de la matière : fragilité, pesanteur. ou encore la conséquence du non-respect des lois morales de l’humanité : erreurs de calcul, crimes, habitudes mauvaise…Et nous avons donc à lutter de toutes nos forces et de toute notre intelligence, pour vaincre tout le mal que nous pouvons éviter.

L’invitation de Jésus : convertissez-vous, sinon vous périrez tous. En effet, Jésus nous invite à ne pas enlever aux évènement leur puissance de choc. Ils sont avertissement, dit-il avec force. " si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous..."

C’est un appel à la responsabilité personnelle. Ses évènements mortels devraient nous réveiller. Au fond, en rapportant à Jésus les catastrophes qui avaient fait des victimes, les gens s’attendaient à ce que Jésus fasse le procès de Pilate ou des constructeurs de la tour de Siloé… ou des victimes. Or, voilà que ce sont eux qui sont interpellés : « Pensez-vous qu’ils étaient plus pêcheurs que vous ? » « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez vous tous »

De qu’elle mort s’agit-il ? Jésus se place à un autre niveau que l’humain. Il fait ici une révélation d’ordre religieux. Il affirme qu’il y a une « autre mort », une « autre perdition », à laquelle nous ne pensons pas assez…non pas cette mort biologique que nous pouvions constater autour de nous, mais d’une autre beaucoup plus grave que celle donnée par le glaive de soldats de Pilate, ou par les pierres tombées de la tour. C’est vraiment pour notre bien que Jésus nous invite à nous convertir. Et, pour cela, dit-il, un « temps de grâce » nous est accordé. Ce figuier stérile jusque-là, « laisse-le encore avoir une chance pendant une année ». « Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir ? »

Le Temps de Carême fait partie de cette pédagogie divine. Allons-nous en profiter pour « porter du fruit », afin de vivre ? Me convertir. Changer quelque chose dans ma vie, dans mes comportements, dans mes habitudes. Préparons-nous à une confession pascale.

Prière

Laissons-nous dés aujourd’hui attirer par l’espérance et faisons en sorte qu’elle devienne contagieuse à travers nous, pour ceux qui la désirent. Puisse la force de l’Esprit d’Espérance remplir notre présent, dans l’attente confiante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle. Répandons aujourd’hui sur le monde entier la joie et la paix du Rédempteur.

Père céleste, que la grâce du Jubilé 2025 transforme le monde pour porter de bons fruits et que Ta gloire se manifeste aujourd’hui et pour toujours. Amen

 

EquipeMéditation@Evangile – Noël Quesson – M-D Minassian – F-D Roger – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 2ième dimanche de Carême mars 2025

16 Mars 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (9, 28b-36)
 

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul.

Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

MESSAGE NOCTURNE

« Jésus

alla sur une montagne pour prier, et pendant qu’il prier son visage devint tout autre ». Cette transparence du divin dans l’humain – est comme une réponse à la prière de Jésus

La nuit… Souvent, on nous dit que Jésus la passait en prière avec son Père. Il y recevait la lumière, communiant avec lui et son dessein d’amour. Cette fois, il plonge ses trois disciples au cœur de son intimité. Cette fois, c’est l’histoire et ses grandes figures qui sont aussi présentes. L’image est unique. Il y a de quoi se demander si l’on n’est pas en train de rêver. D’autant que les disciples luttent contre le sommeil.

Jésus a voulu les associer à ce moment décisif pour lui. Ce carrefour nocturne est plus qu’une vision fugace. C’est un rendez-vous avec la vérité et l’histoire. Pierre est dépassé par l’événement, comme les autres. Reste l’intuition d’un quelque chose à faire: offrir l’hospitalité semble dérisoire, mais c’est l’ouverture à l’inconnu qui se dessine. Pierre essaie d’habiter la brèche ouverte dans leur cheminement avec Jésus. C’est toute l’histoire sainte qui les rattrape et leur conte par avance l’enjeu du moment. La vie de Jésus, leurs vies sont baignées d’une lumière à nulle autre pareille.

Dans la prière de Jésus, s’éclaire la route à prendre pour un rendez-vous avec le salut. La nuit devient alors parole personnelle, rencontre avec le Père, esquisse d’une fraternité solidaire, choix impossible. La nuit se fait lumière, invitation à devenir tout oreille, à entrer dans l’obéissance du Fils. Excessive luminosité qui embarque maître et disciples dans un périple sans retour vers Jérusalem. Une histoire à héberger, à habiter ensemble. Oui, l’intuition de Pierre cherchait à échapper à la fugacité. Il goûtait la luminosité quand il fallait pourtant retrouver la nuit. Il fallait juste en garder la mémoire dans le cœur avant d’en découvrir jour après jour l’ampleur.

Ce jour-là Seigneur, tu as fait de tes apôtres des martyrs. Ils ne le savent pas encore, mais ils vivront le jusqu’au bout de cette lumière d’une nuit qui éclairera toutes les autres. Tu as fait de tes proches des témoins d’une histoire en plein dénouement.

Nous sommes dans ton cœur, Seigneur. C’est toi qui nous y a fait une tente, une demeure d’éternité. Chez toi, nous sommes à demeure. C’est notre secret de Thabor et notre force dans la nuit. Nous ne pouvons plus avoir peur ni de la nuit ni de l’histoire. Nous en connaissons le sens. Nous savons d’où elle vient et où elle va. Notre cœur n’est-il pas tout brûlant ?

Equipe Evangile@Peinture – M-D Minassiain – F-D Roger – Peinture Bernadette Lopez

Prière

" Les projets de Dieu son en eau profonde, l'homme raisonnable y puisera" (ps 20,6)

Le Seigneur travaille nos cœurs en profondeur, nous change. Christ transfiguré, quand tout au long de ma route, en moi la peur et le doute s'installent, montre-moi ton visage, visage de l'homme issu tout droit de Dieu, visage de lumière qui vit au sein de la lumière, image du Dieu vivant.

Quand tout au long de ma vie, en moi la tristesse et la langueur se posent, quand mes désirs s'égarent, quand ma foi vacille, fais-moi voir ton corps transfiguré, corps brisé sur une croix, corps de l'homme recréé entre les mains de Dieu, image du Dieu vainqueur de la mort.

Seigneur, fais de nous des Témoins lumineux, qui transforment la vie,
transfigurent les visages, et laissent éclater en eux la puissance de ton Amour.

« Dans les derniers jours, je répandrai mon Esprit sur toute chair. » 
Jésus, glorifié par le Père, accomplit les Ecritures et réalise les promesses de Dieu.

Par l’Esprit Saint, Dieu se communique et se fait connaître.
 

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Méditation 8ième dimanche du Temps Ordinaire C 2 mars 2025

2 Mars 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (6,39-45)

Peinture Bernadette Lopez

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître. Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : “ Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil ”, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. » Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur.

CŒUR ET ESPRIT DESHUMANISES

Voici que l’Évangile se met de manière très troublante en résonance avec ce que nous sommes en train de vivre. Au moment où la rhétorique de la guerre prend le dessus, nous voyons comme en plein jour ce dont notre cœur déborde. L’évangile nous renverra toujours à ces profondeurs où se négocie notre rapport au monde, aux autres et aux événements, laissant apparaître en filigrane nos consistances et nos lâchetés. Il y a de quoi scruter dans le ballet de pensées et de paroles qui défilent tout le jour et habitent nos intérieurs bouleversés en quête d’une voix qui dirait les mots qui se bousculent en nous.

Les camps de la mort nazis

Voici le vrai champ de bataille: celui où la paix fait rage et terrasse toutes les forces mortifères qui trouvent encore en nous un espace accueillant. Passons notre cœur au tamis. Il y a de quoi faire pour débusquer l’ennemi intérieur de la complaisance, de la lâcheté, de la demi-mesure. Il n’y a pas de petites atteintes à la paix et à la fraternité. Elles commencent à exister dans notre pensée, à occuper le terrain en trouvant toutes sortes de justifications, pour ensuite embourber notre cœur, finir par sortir de notre bouche et envenimer l’atmosphère jusqu’à ce que les gestes ne trouvent plus le chemin de la bonté.

Cet engrenage et cette atteinte du mal nous concerne. Devant les événements affligeants, les insultes, l'humiliation infligée, il faut un sursaut de vérité et de bonté qui sont à notre portée. Quelle douceur et quel bien pouvons-nous inventer dans notre environnement immédiat pour faire barrage à la pensée dévastatrice que l’homme est mauvais, violent et qu’il n’y a pas d’autre langage que celui de la violence pour s’opposer à la violence? Commençons par déposer chacun les armes du jugement, de l’indifférence, de l’omission ou du mensonge. Saisissons celles de la foi, de la fraternisé, l’espérance et du partage que Dieu a semées dans nos existences pour que son règne vienne et que sa volonté soit faite. Mangeons ce pain de la bénédiction et de l’intercession, opposons le pardon à l’offense, la tendresse obstinée à la dureté et à la violence, et ne nous lassons pas de croire en la victoire de l’amour crucifié-ressuscité qui grandit chaque jour sur notre champ de bataille.

Les camps de la mort russes

Restons ensemble à l’unisson de l’Amour-Don plus fort que la guerre, le meurtre et continuons de croire à la puissance d’une fraternité qui puise sa force au corps et au sang du Crucifié-Ressuscité. Revenons à la sève de notre être chrétien qui crie ici et maintenant son besoin d’être vrai. N’ayons pas peur et ne désertons pas ce champ de bataille-là. Il est notre contribution directe à ce combat qui s’est toujours joué dans le cœur des hommes et qui nous stupéfie toujours. Ecoutons Alexandre Soljenitsyne Alexandre, prix Nobel de Littérature, le jour où il est expulsé de Russie en 1974.

« Quand la violence fait irruption dans la vie paisible des hommes, son visage flamboie d’arrogance, elle porte effrontément inscrit sur son drapeau, elle crie, je suis la violence, place écartez-vous où, je vous écrase. Mais la violence vieillie vite, encore quelques années et elle perd de son assurance et pour se maintenir, pour faire bonne figure, elle cherche obligatoirement l’alliance avec le mensonge, car la violence ne peut s’abriter sous rien d’autres que le mensonge et le mensonge ne peut se maintenir que par la violence »

Son propos peut encore avoir une raisonnante aujourd’hui. L’Archipel du Goulag, les camps de la mort nazis, sont des révélations du totalitarisme et du capitalisme aux cœurs déshumanisés. D’un seul coup, tout s’éclaire : l’abolition de la « Mémoire » est une vision pour maintenir le secret sur la terreur qui ne cesse de monter partout dans le monde des cœurs et des esprits. « ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur " et de l’esprit.
Soyons sûrs que notre pouvoir de faire advenir le bien que Dieu veut pour tous est plus grand que les forces de mort à l’œuvre en nous et autour de nous. Il est livré à notre désir, à renouveler chaque jour, de nous y engager par la conversion du cœur, de l'esprit et par l'écoute de la Parole incarnée de Dieu en nous et autour de nous.

L'Esprit de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et d'Esperance

EquipeMéditation@Evangile - Marie-Dominique Minassian - François-Domlinique Roger

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Méditation 7iéme dimanche du Temps Ordinaire

23 Février 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (6, 27-38)

En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous »

LIBRE BONTÉ

Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Moi qui croyais qu’il suffisait de « ne pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu’ils me fassent ». On a fait tellement de progrès dans le domaine de la technique... Pourquoi des progrès équivalents ne seraient-ils pas possibles pour l’espèce humaine? Si je réponds à un geste de haine par l’amitié, si j’aime celui qui m’a fait du mal, mon geste crée une dette d’amour. Je sors de l’ordre de la simple justice humaine pour entrer dans l’ordre de la grâce, c’est-à-dire de l’amour gratuit. J’étais tout simplement un homme... Je deviens fils du Très-Haut, le Miséricordieux ! Son amour n'est pas dépendant des autres, il est totalement libre ; libre d’aimer, de donner et de pardonner sans mesure !

Quand nous prions, nous avons peut-être l'habitude de demander au Christ qu'il nous débarrasse du mal qui est en nous et autour de nous, et de nos ennemis qui nous font souffrir ? Mais aujourd'hui le Christ nous demande d'aimer comme il aime et de prier comme il prie ! Prier non plus contre nos ennemis, mais pour eux, pour ceux qui nous font du mal, nous dénigrent, nous dépouillent, ceux qui nous trompent !

La référence n'est plus un acte raté, mais une personne à aimer ! Seul Jésus pouvait nous prescrire cela car, jusque sur la croix, dans le plus total abandon, il est capable de demander à son Père : « Pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.»*

Equipe Evangile@Peinture - Extrait de l'Echo d'Ozanam N°131 - Vincent Ravince - prêtre spiritain - peinture Bernadette Lopez - mise en parole François Roger

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Méditation du 6iéme Dimanche du Temps Ordinaire 2025

16 Février 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (6, 17.20-26)

En ce temps-là, Jésus descendit de la montagne avec les Douze et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »

DISCERNEMENT PROPHÉTIQUE

Jésus vient de connaître ses premières oppositions et controverses. Il sait quelles forces extérieures il va devoir affronter. Après une nuit de prière, ce sont douze apôtres qu’il se choisit pour être témoins de ce qui est en lui, témoins de l’Évangile, parole du Père pour le bonheur de tous. Douze apôtres discernés dans le fond de son cœur, en conversation avec le Père. Douze hommes qu’il choisit pour être avec lui, le Dieu de la vie. Douze hommes qui vont cheminer avec lui, voir comment il affronte l’existence et ses blessures.

Ils ne sont pas meilleurs que les autres, juste prêts à suivre. Ils vont voir comment Jésus fait face au mal qui cherche à le cerner. Ils vont voir sa résolution à communiquer la vie, coûte que coûte, quitte à y laisser la sienne. Il est venu pour cela: vivre en fils et en frère, pour nous apprendre à le faire. Dans ses pas, tout s’éclaire. Ses apôtres pèlerins n’ont qu’à écouter. « J’ai mis devant toi la vie et la mort. Choisis donc la vie… », exhortait l’auteur du livre du Deutéronome. Jésus actualise : heureux, malheureux êtes-vous!

Nous sommes finalement les deux et c’est la Parole de Dieu qui nous discerne, nous révèle le bon grain et l’ivraie en nous. Tant pis pour nos envies de pureté. Pour l’heure, c’est le choix de la vie avec Dieu qui importe. Alors à nous le bonheur, parce que sa vie à lui ne ment pas. Il est Amour et sur ses traces, il nous invite à croire. Ses possibles s’infiltrent en nous à la mesure de notre foi. Sa venue parmi nous était miséricorde de la part du Père. C’est toujours vrai.

Sa Parole nous regarde et nous attire jusque dans nos recoins qui rechignent encore à la lumière et au partage. Nos replis n’auront pas le dernier mot. En les nommant, Jésus nous en délivre. Alors oui, heureux sommes nous d’avoir choisi sa vie en festin. Elle n’est pas pour demain. C’est aujourd’hui même que le paradis s’offre à nous.

Oui, c’est ici et maintenant, la joie du cœur qui nous brûle comme un feu. Nous l’avons reconnu. C’est Dieu qui nous attend pour nous faire entrer dans son bonheur. Il s’offre en partage, corps et sang, posés là, sur la table de l'humanité, appelée à siéger à la droite du Père et à participer à sa divinité.

Équipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez - confirmation de Parole François-Dominique Roger

O Dieu, fais de nous, à l'image de ton Fils,
des hommes et femmes amoureux de la vie,
luttant pour la justice avec les armes du pardon, de la paix.
Qu'à son exemple, nous soyons prêts à déraciner toute violence.
Envoie-nous ton Esprit, souffle qui réconcilie le frère avec le frère.
Que, par sa force et sa douceur, nous devenions vraiment ingénieux
pour planter des signes d'Espérance,
signes de Ta présence aujourd'hui au cœur des hommes.

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Méditation 5ème dimanche du Temps Ordinaire 2025

9 Février 2025 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Evangile selon saint Luc (5, 1-11) 

En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.» Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

HUMBLES COOPÉRATEURS

Le désir d’entendre la Parole de Dieu de cette foule massée autour de Jésus est touchant. Jésus a même ressenti le besoin de s’en extraire tellement cette foule le pressait. Ce ne sera pas la dernière fois. Il faut de la distance pour sentir, il faut de l’espace pour rester soi-même et entendre en résonance les échos d’une rencontre.

Jésus veut rester libre. Et c’est beau de voir qu’il va chercher de l’aide. Pas parmi les convaincus, mais bien plutôt parmi les besogneux, à priori pas en recherche comme cette foule. Ils sont extérieurs à ce mouvement. C’est Jésus qui va les concerner et s’appuyer sur eux et leurs efforts infructueux pour leur montrer où ils seraient utiles. Jésus n’instrumentalise pas, il valorise. Il investit et s’appuie sur ces ouvriers courageux à la tâche et confiants dans une parole folle qui va les chercher au-delà de leurs esprits dépités et abattus par une nuit blanche non récompensée. Ils découvrent la force de la Parole.

C’est elle qui porte du fruit. C’est elle qui vaut la peine qu’on se mette à son service. On comprend maintenant la foule assoiffée de cette Parole de Dieu et tellement en attente de Jésus qu’il suffit d’approcher pour que la vie bascule vers une fécondité qui la dépasse. Le débordement et l’excès sont les marques de Dieu quand il embarque dans une existence. Il ne faut pas avoir peur. Il nous fait quitter nos rivages pour y trouver une nouvelle profondeur. Nous les retrouvons toujours, mais chargés d’un nouveau savoir: un savoir d’espérance, un horizon tracé par la Parole qui n’a de cesse de chercher l’humain depuis ses premiers jours. Où es-tu ? Expérience bouleversante de se découvrir à portée de voix de Dieu.

Seigneur, ta voix résonne soudain. Je ne te savais pas si proche. Se peut-il que tu sois si concerné par nos vies que tu t’y embarques pour en tirer le meilleur ? Fini le pain de douleur. Tu nous verses ta joie pour la vie du monde. Tu saisis notre désir et l’envoies chercher dans le cœur des autres ce reflet de ton visage. Tu nous espères en chacun. Tu nous rencontres en tous. Ton style de vie nous atteint, nous bouleverse. Plus rien n’a d’importance. Tu nous places aux avant-postes de la Parole attendue, grands témoins de tes merveille

Un grand merci d’avoir dit « me voici » à tous les membres de notre service évangélique des malades.


Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian - mise en parole François-Dominique Roger - Peinture Bernadette Lopez

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