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François-Dominique Roger

meditation dominicale

Méditation 13e dimanche du Temps Ordinaire 30 juin 2024

30 Juin 2024 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (5, 21-43)

En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait. Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.

FOI PROSTERNÉE 

Un homme de haut rang désespéré à l’idée que sa fille meure, une femme abusée et malade en quête d’un miracle… Voilà deux personnes qui se frayent un passage dans la foule et se retrouvent prosternées aux pieds de Jésus : l’un pour supplier qu’il vienne sauver sa fille, l’autre pour reconnaître avoir touché son manteau et en avoir été guérie. Dans les deux cas, Jésus s’est laissé toucher. Il part avec l’homme au chevet de sa fille. Et c’est alors que l’on voit la foule partir avec eux, que cette femme vient par derrière pour tenter sa chance et ravir une hypothétique guérison. L’intuition est juste dans les deux cas. Jésus est la source de tous les possibles et de toutes les grâces. 

C’est la foi qui s’aventure à les rêver et à les demander à Celui qui peut tout. C’est la foi qui sait reconnaître la source de tout bien. Il n’y a rien de magique. La foi dépose tout aux pieds de Jésus et s’abandonne à son pouvoir et à son vouloir. Et elle y revient pour reconnaître la source de tout bien, vivre l’action de grâce. La foi place dans les pas de Jésus, ajuste à ses paroles et à ses demandes. La foi relie au maître de la vie qui n’a que faire des railleries extérieures. La foi focalise sur l’impossible et le fait advenir. Le réel se plie à la foi car la foi donne de désirer ce que Dieu veut: la vie pour tous. Pas la vie désespérée, ni la vie à la dérobée, mais la vie debout, libre.

La foi sait reconnaître en Jésus cette source de vie heureuse. Tout en nous y aspire, pour nous même, mais aussi pour tous ces autres qui ne savent plus vers qui se tourner pour que le fatalisme ne nous emporte pas tout vivant. La maladie, la mort, le mal qui étreignent notre histoire personnelle et collective trouvent aux pieds de Jésus un contrepouvoir, une écoute, un écho, une force de traverser l’épreuve, une issue pour aller de l’avant.

La prosternation n’est pas facultative. Elle est l’expression d’une morsure, d’un désir de vivre qui embrasse le réel, l’extirpe de l’impasse et s’en remet à plus grand. Le temps et l’espace n’ont plus d’emprise sur les croyants. Ils sont sûrs d’avoir gain de cause, ici et maintenant. Prosternés, ils guettent la grâce.


Equipe Evangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez

Souffle de l’amour du Christ,
Esprit Saint,
en chacun de nous tu déposes la foi :
elle est une confiance toute simple,
si simple que tous pourraient l’accueillir.
Connu ou ignoré,
dans nos obscurités,
tu allumes un feu 
qui ne s’éteint jamais.
 

prière de fr.roger, de Taizé

 

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Méditation Fête de la Sainte Trinité 2024

26 Mai 2024 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Mathieu (28,16-20)

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » 
 

BAPTÊME PERPÉTUEL 

Nous faisons partie des nations que les apôtres étaient appelés à baptiser au nom du Père, du Fils et de l’Esprit. Proposer le baptême aux nations, ne consistait pas à leur imposer de vivre sous les prescriptions de la Loi juive. Il a fallu très vite sortir du légalisme pour suivre Jésus-Christ sur d’autres chemins.

Aujourd’hui comme hier, baptiser les nations au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, ne consiste pas à leur imposer nos manières de penser. Vouloir que les autres deviennent comme nous, c’est réduire Dieu à être l’Un sans l’Autre et c’est faire de Lui une idole de nous-mêmes. Il ne s’agit pas de chercher à réduire leur différence puisque, bien loin d’être un obstacle à la rencontre, elles en sont la condition. Il s’agit d’avoir un profond respect pour l’histoire singulière de chacun. Lui dire « bonjour » de la part de Dieu c’est croire qu’il est bon ce jour où nous accueillons l’étranger parmi nous comme un frère en humanité. Dieu n’est jamais l’Un sans l’Autre .

Jésus-Christ est là tous les jours jusqu’à la fin du monde pour nous rappeler que nous ne pouvons pas construire d’unité entre les hommes sans respect des différences. Il nous invite à croire qu’à sa suite nous pouvons de jour en jour incarner le mystère de la Trinité sur la terre des hommes. C’est aujourd’hui le moment favorable pour accomplir cette œuvre de salut." France souviens-toi de ton baptême"

 

Equipe PU@Evangile – Extrait de l’Echo d’Ozanam – N°405 – Vincent Ravince – communauté spiritaine de Fameck – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 4e dimanche du temps ordinaire

28 Janvier 2024 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation, #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Marc (1, 21-28) 

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

LA PAROLE DE JESUS MET DE L'ORDRE

Quel démarrage ! À peine Jésus vient d’appeler ses disciples pour en faire des pêcheurs d’hommes que se présente une première situation. C’est d’abord par la parole que Jésus éblouit. La comparaison avec les scribes donne à penser. En quoi cette parole-là est différente ? Pourquoi fait-elle autorité? L’évangéliste ne dit rien du contenu mais il présente simplement son effet sur ses auditeurs. La parole de Jésus rejoint, parle au cœur. Elle sert la vie. Elle crée un pont. 

« Tais-toi ! Sors de cet homme. » ordonne Jésus à l’esprit « mauvais » qui habitait ce pauvre fou, capable de mélanger le vrai et le faux – comme cela se pratique si bien aujourd’hui-. 

Jésus parle et agit avec autorité. Sa présence dérange les forces qui se mettent en travers de la libération de la vie, de la vérité. Les réactions peureuses nous font découvrir ce qui est à l'œuvre. Jésus nous offre de devenir « co-auteur » de notre existence et nous aide à nous débarrasser des esprits réels ou fictifs qui ont pris le pouvoir sur nous et qui nous tirent vers le bas. Jésus donne à voir les oppressions qui nous entravent et met en œuvre le pouvoir pour nous en extraire.

Le démon a trouvé plus fort que lui ! Jésus impose le silence aux paroles blessantes et qui tuent. La parole de Jésus est bienveillante, et elle fait ce qu’elle dit : elle chasse la malveillance, elle nous délivre du mauvais. La Parole de Jésus met de l’ordre ; elle ordonne à Dieu, elle relie à Dieu.

En ce dimanche, laissons Dieu mettre de l'ordre dans nos vies bien folles ; prenons quelques instants pour faire silence, et Le laisser agir, parler avec autorité, pour nous faire grandir ! Heureuse rencontre avec Jésus qui redonne envie de vivre. Les forces de mort ne peuvent que capituler devant ce désir impérieux que nous ayons la vie du Père en nous. Il nous réveille, nous ressuscite. 

 " Oui, Seigneur, que ta Parole nous libère, et manifeste ainsi en nous toute son autorité ! Donne-nous de savoir nous taire afin que nous nous laissions pleinement envahir par la puissance de ton Esprit d’Amour et de Paix !"

 

Equipe Méditation@Evangile – Extrait de l’Echo d’Ozanam N°388 – Vincent Ravince - spiritain – Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 2e Dimanche de l'Avent (B)

14 Janvier 2024 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Jean (1, 35-42) 

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit: « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire: Pierre. 

VITALITÉ ÉVANGÉLIQUE 

C’est une très belle page d’évangile qui nous est offerte en ce dimanche. Il y a beaucoup de silence. Des plans reculés, quasi panoramiques, embrassant les allées et venues de Jésus. Des gros plans sur Jean-Baptiste, reconnaissant en Jésus l’Agneau de Dieu. Sur Jésus aussi, qui accueille ces deux disciples et regarde Simon. Des paroles essentielles faisant passerelle pour les disciples autorisés à suivre un autre. Il y a de l’introspection dans la question de Jésus qui appelle une réponse. Il y a de la liberté, de l’espace offert à ces deux disciples pour entrer dans l’intime du maître désigné. Entre Jean-Baptiste et Jésus, le passage de témoin est acté. La liberté de Jean-Baptiste et son effacement devant l’Agneau signent l’aboutissement de sa mission et de son enseignement. La liberté de Jésus devient l’espace pour que d’autres puissent faire l’expérience de l’évangile et de son mouvement. La vie panoramique de Jésus est accessible à tous. Il n’y a qu’à venir voir ! 

Simplicité déconcertante qui suffit à accrocher son cœur. Jésus donne consistance à tous ceux qu’il touche. “Tu t’appelleras Pierre”. Genèse d’un nom et d’une vocation nés d’un regard et d’une chaîne de rencontres. Nous avons ici la vitalité évangélique à ses premières heures qui perdure aujourd’hui encore à chaque conversion et bouleversement d’évangile. L’attraction de la bonté incarnée n’a pas besoin d’explication. Son rayonnement suffit à réveiller les cœurs transis. L’évangile est en marche. Il nous traverse, nous percute et nous envoie. C’est dans le choc et la douceur d’un regard que tout cela se noue. C’est Dieu lui-même qui nous regarde depuis le cœur de chacun de ses disciples, depuis le premier jour de la création. Il nous confie son regard qui passe entre nous pour le poser sur tous ses enfants. Qu’y verront-ils ? 

Ne pas gêner le regard de Dieu... S’offrir corps et sang pour que l’amour vive, grandisse. Gagner en consistance en ne perdant rien de la vie du maître et en transparence en ne retenant rien du don qu’il nous fait. Gagner en reconnaissance: c’est lui l’Agneau de Dieu.


Équipe Évangile&Peinture - Marie-Dominque Minassian - Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation Epiphanie du Seigneur

6 Janvier 2024 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation, #Méditation Dominicale

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 1-15)

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » 

Convocation des mages par Hérode

En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez-vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » 

L'adoration des mages

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, 

Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Moment favorable

La ville de Bethléem, aujourd’hui, est le lieu le plus improbable pour la naissance du Sauveur. Entourée d’un immense mur, cette ville de Judas est le lieu inattendu par excellence pour accueillir le libérateur et pourtant, c’est bien là que Jésus est né. 

Bethléem en Palestine aujourd'hui

À son époque, il en allait différemment : tout le monde savait que Bethléem accueillerait le Messie, car elle était la ville de naissance du roi David : son descendant devait naître là-bas. Hérode et tous les scribes, les spécialistes de la religion, savaient que de Bethléem sortirait un berger, mais le seul problème était de savoir quand. À l’inverse, les rois mages ont su lire les astres, les signes des temps : ils savaient quand le roi du monde devait naître, mais ils ignoraient où. 

Bien souvent, nous sommes un peu comme Hérode. Nous connaissons la Bible et nous savons où attendre Dieu : dans les sacrements, le prochain, la lecture de la Torah, du Coran, de la Bible. Pour autant, nous ne le voyons pas toujours et nous risquons de rater le moment favorable, car nous ne sommes pas assez attentifs aux signes des temps. 

J’ai eu la joie de reconnaître, un signe donné par Dieu et j’ai éprouvé le besoin d’être guidé par des hommes, des femmes, des prêtres et des laïcs et des personnalités de tous horizons et de comprendre. Comme beaucoup de chrétiens, fidèles au baptême, je suis disciple du Christ, missionnaire de Sa lumière. Mission, qui n'est pas affaire de stratégies ou de moyens, mais le résultat d'une expérience, celle de l'échange d'un regard entre Dieu et l'homme, celui de Jésus sur Pierre ou celui d'un nouveau-né sur nous.

Admirer un nouveau-né nous comble de bonheur. Que dire quand il s’agit du Messie, du Fils de Dieu, de cette étoile qui brille dans les ténèbres ? Comme les mages, nous pouvons nous mettre en route, à la rencontre du Sauveur en accueillant son amour gratuit Sur nos chemins de solitude, de souffrance, d’incompréhension, nous pouvons nous laisser guider par sa divine et mystérieuse lumière. Le moment est favorable aujourd’hui pour l’accueillir « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. »  (Ep 3, 2-3a.5-6)

Rencontrer Dieu lui-même, dans l'invisibilité et une discrétion inouïe, ne laisse pas indifférent. Les mages, Balthasar, Gaspard, Melchior repartent évidemment par un Nouveau Chemin. Celui qu'ils ont adoré, ils le croient déjà, est le Chemin, la Vérité et la Vie.

L’épiphanie est la fête de la manifestation du Christ dans l’humilité de la condition humaine.    A la suite des mages, en ce début d'année, déplaçons nos petits horizons réduits à nos idées et à nos pensées du moment. Accueillons l'invisible d'un Dieu qui se dit totalement avec nous par cet enfant exilé puis en ce jeune adulte, nommé roi éphémère par ceux qui vont le tuer, jeune crucifié qui révèle sa véritable royauté en pardonnant à ses bourreaux, en donnant sa vie, en triomphant de la haine, du péché et de la mort. Christ est de retour par son Esprit Créateur en nous et parmi nous : contemplons son humble présence au cœur de ce monde dans la douleur d’un enfantement.

Accueillir le fruit du mystère de la nativité dans nos vies

Equipe Méditation@Evangile – Frère Olivier Catel - Vincent Chopart spiritain - François Roger – Peinture Arcabas et Bernadette Lopez

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Méditation 32e dimanche du Temps Ordinaire A

12 Novembre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Matthieu (25, 1-13) 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

ATTENTE NUPTIALE

La fin du cycle liturgique nous projette dans la perspective du Royaume. Qu’est-ce qui nous attend ? L’Écriture nous aide à mettre des mots sur cette réalité étrange. Pour les disciples, les mots de Jésus se voulaient comme des traits d’union avec leur vécu commun. 

L’image des noces renvoie à la dimension festive de ce mystérieux Royaume. Mais nous savons tous qu’avant un mariage, c’est beaucoup de préparatifs et aussi l’attente du temps fort de ces noces: la réunion des époux. Pourtant cette noce est curieuse. L’épousée semble absente, tout comme les convives. Á moins que cette noce ne désigne l’évènement à la fois personnel et collectif de la Rencontre, de ce rendez-vous inconnu qui devra nous trouver à l’unique tâche qui semble compter: avoir sa lampe allumée. On peut deviner la panique s’emparer des jeunes filles au bout de leur réserve après s’être endormies. 

La faute n’est pas dans l’endormissement mais dans la perte de sens au réveil. L’insouciance n’a pas sa place dans le Royaume au contraire de la prévoyance. Et il y a des choses qui de toute évidence ne servent pas pour les autres ou qui ne peuvent être partagées. Cette lampe et cette huile ont le rayonnement unique du désir de cette noce, du bonheur de l’époux et de l’épouse. Pas de place pour ceux ou celles qui ont perdu le sens de leur emploi. Tenir la lampe allumée c’est, au milieu des aléas de la vie présente, garder le sens et le goût de l’évènement à venir. Pas de place pour la dispersion. 

Plus que jamais la boussole du Royaume doit guider notre manière d’habiter le monde, le temps. La garde de notre cœur tout entier dévoué à cette attente et à ce désir devrait être notre seule préoccupation. Et même si le style de vie des uns ne semble apparemment pas utile aux autres, la durée de l’attente ne doit pas affaiblir la perspective et le service de l’accueil dévolu à quelques-uns. La certitude de la rencontre sera récompensée par la participation au festin nuptial initialement promis à tous. L’heure est à la veille, plus que jamais, au désir de la venue de l’Époux, du Prince de la Paix. 

Viens, Seigneur, presse notre cœur pour que sorte l’huile de ton désir, le goût de ta paix et de ta joie pour l’humanité plongée dans la nuit. Viens ! 

 
Équipe Évangile@Peinture -  Marie-Dominique Minassian - Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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Méditation 33e dimanche du Temps Ordinaire A

12 Novembre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Evangile selon Mathieu 25,14-30

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.’ Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’ Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.’ Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’ Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’
Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents ! »

En cette Journée mondiale des Pauvres et journée nationale du Secours Catholique, le thème nous invite « à ne pas détourner notre visage d'aucun pauvre ». Cette parole nous rappelle que l’on ne peut pas être disciple du Christ si on ne se laisse pas toucher par les appels de tous ceux qui crient, prient et supplient. Comme Jésus lui-même, sans cesse, s'est laissé toucher par tous les blessés de la vie, les suppliants. Et les disciples réfractaires, sourds à leurs cris et souffrances, sont devenus peu à peu, une oreille attentive, compassion et tendresse ; ils sont devenus le visage du Christ, le visage de Dieu. En cette Journée mondiale des pauvres, la parabole des talents confiés que Jésus raconte nous fait comprendre que Dieu fait confiance à chacun. Il donne à chacun suivant ses possibilités. Une confiance immense car Dieu se retire pour laisser pleinement s'épanouir notre liberté, notre capacité à recevoir, à accueillir, à vivre comme Lui.

Mais ce don reçu peut se transformer en un avoir, en un pouvoir, en un savoir qui deviennent une propriété privée et nous éloigne des autres. En voulant nous mettre au-dessus des autres, nous enfouissons le don reçu en nous-mêmes, comme dans un congélateur afin de le garder pour nous, de peur qu'il s'abîme à l'extérieur. Peur de l'avenir, peur des autres, peur de nous-mêmes, peur de ce que nous sommes appelés à être.

Mais ce dont reçu, nous pouvons le recevoir pour ce qu’il est : signe d’une infinie confiance. Au lieu de nous l'approprier, de l'enfermer et de le garder, au contraire, en accueillant cette confiance et ce don qui nous est fait, nous devenons nous-mêmes un don lumineux et joyeux.
Don à offrir, don à redonner à Celui qui nous l’a confié.
Don à partager, don à multiplier !
Puissions-nous vivre et rayonner de ce que nous avons reçu.
Devenons ce que nous recevons :
Nous sommes le corps de Christ.
Chacun de nous est un membre de ce Corps.

 

Equipe Méditation@Evangile – Extrait de l’Echo d’Ozanam N°378 – Vincent CHOPART - spiritain - Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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Méditation 30e dimanche du Temps Ordinaire A

29 Octobre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Matthieu (22, 34-40)

En ce temps-là, les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.’ Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. » 

SOMMET JURIDIQUE

Voilà de nouveau Jésus mis sous pression par un autre groupe, les pharisiens, bien décidés à sortir vainqueur de l’affrontement verbal avec lui, forts de leur connaissance de la Loi.

La LOI ? Tu ne PEUX PAS. Il est INTERDIT. Tu DOIS. Il FAUT… Pour les Juifs, Moïse avait gravé sur 2 pierres les 10 paroles de Vie données par Dieu. 

Les docteurs de la Loi ont ajouté des commandements, certains importants, d’autres moins… Le Judaïsme, a 613 préceptes (248 commandements et 365 interdictions). D’où l’interrogation sur la hiérarchie entre tous. Les pharisiens décident de prendre Jésus au piège : ‘Quel est le plus grand des commandements ?’  

Ce dimanche, Jésus déjoue le piège du détail (multiples prescriptions et règlements accumulés, qui font la fierté des législateurs religieux) où se perdent ses interlocuteurs. Un même et unique commandement, comme une croix fissurée plantée à la fois tournée vers les cieux et à la fois 2 bras largement ouverts pour accueillir et aimer sans limite.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme
et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement.
Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Non seulement il va falloir s’efforcer d’aimer ce ‘prochain’,  mais aussi lui accorder la même estime qu’on accorde à Dieu !

C’est la mission que Dieu indique à l’Église et à chacun d’entre nous : vivre plus intensément et plus concrètement la communion et la marche ensemble. Nous sommes invité à dépasser les manières d’agir en autonomie où les voies parallèles ne se rencontrent jamais : le clergé séparé des laïcs, la foi intellectuelle de certaines élites séparée de la foi populaire, les jeunes séparés des personnes âgées, les conjoints et les familles peu impliqués dans la vie des communautés, etc. 

Il y a encore beaucoup de chemin à faire pour que l’Église et chaque baptisés vivent comme un corps, comme un vrai Peuple, uni par l’unique foi dans le Christ Sauveur, animé par le même Esprit et orienté vers la même mission d’annoncer l’amour miséricordieux de Dieu le Père. 

Un Peuple uni dans la mission. Partager la mission rapproche les pasteurs et les laïcs, crée la communion d’intentions, manifeste la complémentarité des divers charismes et suscite donc en tous le désir de marcher ensemble…  

Le message de Paul (1ère lettre Thes 1, 5-10) à la communauté de Théssalonique  pourrait-il nous être adressé à nous aujourd’hui, dans nos paroisses et communautés de paroisses ? 

Chez nous, à cause de leur foi au Christ, des personnes se donnent : écoute et accueil de familles éprouvées ; visite de personnes seules, malades ou isolées ; animation dans les EHPADs ; accueil des jeunes primo-arrivants : de familles nouvellement arrivées ; cafés conviviaux ; solidarité avec les plus ulnérables avec le Secours Catholique ; Migr’action ; l'ACE, action catholique de l'enfance, proche des enfants de familles réfugiées ; l’ACAT ; Justice et Paix Intégrité de la Création ; le Casa ; le Secours populaire ; les Restos du cœur ; les centres sociaux de nos villes ; l'Accorderie ; les groupes de partage autour de la parole de Dieu ; les groupes de prière ; les mouvements d'action catholique (ACI, MCR, ACO) ; le CCFD Terre lointaine pour vivre la solidarité au niveau international.

Cette liste pourrait certainement s'allonger car tant d'entre nous sont présents et actifs dans divers engagements à la fois dans la proximité, et à la fois pour le "bien commun" (par exemple dans le social, le politique, la protection de la planète, etc.).

Au cœur des nouvelles éprouvantes, 
nous sommes appelés à passer de nos peurs à l'audace, 
de nos petits cocons protecteurs au risque de la fécondité fraternelle. Dépêchons-nous d’aimer !

Equipe Méditation@Evangile – Extrait de l’Echo d’Ozanam N°375 – Vincent Chopart, spiritain – par François Roger – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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Méditation 29e dimanche du Temps Ordinaire A

22 Octobre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Matthieu (22, 15-21)

Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » 

La meule de Gaza

L'évangile de ce dimanche nous relate un piège tendu par les pharisiens au sujet d'un impôt à payer à l'empereur romain. Jésus dénonce tout d'abord l'hypocrisie qui habitent les pharisiens et leurs disciples.

" Rendez donc à César ce qui est à César."
" et à Dieu ce qui est à Dieu !
"

Les pharisiens aimaient jouer avec la confusion, on dirait aujourd'hui l'enfumage, avec un flot de messages contradictoires comme nous savons si bien le faire à notre époque des réseaux a-sociaux.

Notre belle laïcité en est même dépassée car c'est Dieu lui-même qui crée en séparant, depuis le début de la Création, afin de nous arracher à toute confusion. Mais les intégrismes et dictatures aiment jouer de la confusion pour assouvir leur pouvoir et domination, en multipliant les règles et règlements, les lois et décrets pour se sécuriser à l'infini.

Dieu clarifie, élève et purifie. Il nous fait marcher sur un Chemin de Vérité, de Liberté et de Vie. "Rendez à Dieu ce qui est à Dieu", quel appel à nous arracher, par la force de son Esprit, à toute illusion et esprit de domination. 

« Tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu » disent les pharisiens, mais ils sont persuadés du contraire ! Jésus affirme la distinction la plus gigantesque qui soit. L’argent n’est pas Dieu ! Le pouvoir n’est pas Dieu. Dieu est Dieu et cela change tout. « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ! » 

Samson et Dalila - Livre des Juges

Chrétiens, nous croyons en Dieu ; nous prononçons son nom. Puissions-nous déceler le travail de ce mot dans chacune des rencontres, dans chacun des regards que nous échangeons. Puissions-nous, avec ce Nom-là, arracher au mépris tous ceux que la société ignore ; reconnaître la dignité de chaque personne et de chaque peuple. 

Où est Dieu ? Là-même où nous nous rencontrons. Nous le reconnaissons dans l’acte qui nous distingue et nous permet de nous reconnaître. Où donc est Dieu ? Là où nous broyons la meule de Gaza ? Où là où nous nous parlons en réussissant à nous entendre.

 

Equipe méditation@Evangile - Extrait de l’Echo d’Ozanam N°374 – Vincent Chopart spiritain - François Roger – Peinture Bernadette Lopez 

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Méditation 28e dimanche du Temps Ordinaire A

15 Octobre 2023 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Matthieu (22,11-14) 

En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux anciens du peuple, et il leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.” Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.” Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.” Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

ANNONCE OUVERTE

L'évangile de ce dimanche nous raconte, en parabole, l'histoire d'une noce extraordinaire où les invités déclinent avec violence l'invitation ! 

Des invités ne désire pas venir. Peut-être qu’ils ne souhaitaient pas manger à côté des autres invités ? Que cela les dérangeait de savoir qu’au festin, il y aura des prostituées, des publicains, des petits et des pauvres assis à la même table qu’eux ? 

Alors ils trouvent toutes sortes d’excuses pour ne pas venir, pour ne pas avoir à se mélanger avec ces gens-là ! 

Mais le projet de Dieu ne se laisse enfermer dans le divertissement des puissants. Dieu ouvre les portes de la noce aux blessés et humiliés, aux petits et à ceux qui manquent de tout, à celles et ceux qui sont toujours en marche et en attente, à ceux qui sont méprisés et rejetés. 

Jésus dans cette Evangile veut nous faire comprendre comment ça marche dans son Royaume : là, il n’y aura pas de compartiments. Et n’y rentreront que ceux qui le désireront. Jésus dit que « tous sont appelés mais que peu sont élus ». 

Si, aujourd’hui sur terre, il nous est difficile d’accueillir ceux qui sont différents, alors on risque de ne pas trouver cela plus facile au ciel ! Oui tous sont appelés à vivre les mœurs de Dieu, mais peu acceptent de les vivre vraiment. Voilà qui nous bouscule ! Il faut nous habituer à la bonté inconditionnelle de Dieu pour tous ! Cette attitude du cœur, nous l’apprenons en nous mettant à l’école de Dieu. La joie du Royaume est à portée de tous. Pas d’autre privilège que cet appel à partager la joie de Dieu déposée en son fils...

Dieu invite alors que les hommes s'évitent, se divisent et se détruisent.
Dieu est patient et grand, Dieu attend et nous espère, Dieu est notre Père


Prière de la semaine missionnaire mondiale

Ô Seigneur Jésus, comme les disciples d’Emmaüs, 
nous sommes tentés par le découragement.
Viens nous rejoindre et marcher avec nous.
Sèche nos larmes, réchauffe nos cœurs, relève ceux qui sont affligés, 
guéris les blessés, soulage les malades, réconforte les foyers.la famille.
Donne-nous la grâce d’une plus grande foi en ton Eucharistie, 
que nous puissions sentir ton Amour immense, ardent, 
et que nos cœurs devenus brûlants nous poussent sur les chemins, 
par toute la terre, proclamer ta Bonne Nouvelle :
“ Jésus est ressuscité ! Il est vivant ! Nous l’avons vu et
 je vous annonce son retour au milieu de nous par la communion 
de son Esprit à travers nos Paroles et nos Gestes  ”


Equipe Méditation@Evangile – extrait de l’Echo d’Ozanam N°373 – Vincent Chopart spiritain et François Roger – Peinture Bernadette Lopez Fribourg
 

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