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François-Dominique Roger

meditation

Méditation 12e dimanche du Temps Ordinaire

20 Juin 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Marc (4, 35-41)
 

Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. » Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

La foi dans l’épreuve

Il arrive bien souvent que la parole de Dieu nous renvoie à une réalité toute simple de la vie, à savoir qu’aucune vie humaine n’est à l’abri des tempêtes. C’est le cas, dans les textes d’aujourd’hui, de Job et des disciples. 

Homme riche, pieux et juste, tout allait bien pour Job. Soudain tombe sur lui une tempête de malheurs qui le font sombrer dans la pauvreté, la misère et la souffrance. Broyé par la douleur, assailli par le doute et la révolte, il en vient à interroger Dieu. 

Ballotés par les vagues de la mer, les disciples, eux, laissent apparaître leurs tempêtes intérieures et se demandent pourquoi le Seigneur reste indifférent à leur sort. D’un côté, il y a le questionnement de Job et de l’autre la plainte des disciples. 

Derrière l’histoire de Job, nous apprenons que le désir de Dieu pour l’homme reste le même, malgré les tempêtes de la vie : le salut et non le malheur. Avec la tempête sur le lac, nous apprenons que tout disciple du Christ doit se décentrer et passer de la peur qui paralyse à la crainte respectueuse devant Jésus. 

Au final, il n’y a vraiment pas de quoi avoir peur, car, au sommeil de Jésus succède son réveil, comme plus tard à sa mort succédera sa résurrection, sa victoire sur le mal et sur la mort. 

Retenons que devant les épreuves et les menaces qui nous désorientent, nous pouvons garder la confiance et la foi. Prenons surtout conscience de nos limites. Ne gardons pas notre esprit centré sur nous-mêmes, mais sur le Christ. Il est mort et ressuscité pour nous.

Equipe PU@Peinture - Père Jean-Paul Sagadou- Prions en Église Afrique – Peinture Bernadette Lopez 
 

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11e dimanche du temps ordinaire 13 juin 2021

13 Juin 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Un peuple de vivants

Nous savons que Jésus ne cesse de parler en paraboles, avec des mots simples et vrais, des allusions concrètes à la vie quotidienne. Le langage des paraboles ne nous étonne plus, et pourtant, à chaque lecture, les paraboles n’ont jamais fini de nous surprendre, de nous déranger, de nous faire grandir. 

« Convertissez-vous, le règne de Dieu est tout proche ! » Ces premiers mots de Jésus dans l’évangile de Marc résonnent encore dans notre tête. Ils sonnent le début de la mission de Jésus. Par ses gestes, par ses paroles, par ses enseignements, ses miracles et ses guérisons, Jésus ne cesse de jeter en terre la semence du règne de Dieu. 

" Nos deux Cœurs Unis dans le St Esprit "

Dur labeur, sans doute épuisant devant la dureté du cœur de l’homme, mais travail de confiance, tout à l’écoute de son Père et de la mission qui est la sienne. Jésus sème et, jour et nuit, la semence grandit jusqu’à porter son fruit ! 

Aujourd’hui encore, elle est jetée dans la terre boueuse ou préparée de nos vies quotidiennes et de notre monde. Déjà là et encore à venir, le règne de Dieu ne cesse de nous surprendre si nous savons le guetter, le reconnaître, le nommer, mais aussi l’annoncer. Il étend ses branchages et nous devenons les fils de la promesse, un peuple de vivants, savourant et partageant les fruits du Royaume. À Dieu rien n’est impossible ! L’arbre sec peut reverdir. Le grain semé porte du fruit. Dieu tient parole !

Equipe Evangile@Peinture - Père Benoît Gschwind - PrionsenEglise - Peinture Bernadette Lopez - Oratoire de Kérizinen
 

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La Sainte Trinité - dimanche 30 mai 2021

30 Mai 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Évangile selon saint Matthieu (28,16-20)

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

 

ELAN MISSIONNAIRE

Au sortir du temps pascal, notre mémoire est pleine des dernières heures de Jésus, des apparitions multiples du Crucifié-Ressuscité, de ces paroles échangées avec ses disciples incrédules. Nous faisons l’expérience d’une présence presque charnelle de ce Jésus qui a traversé notre vie humaine en laissant derrière lui un parfum de bienfaisance tellement impressionnant qu’il a fait peur à bon nombre. Nous restons un peu sur le seuil de son mystère, mais d’année en année, le récit nous imprègne. Nous apprenons au fil des temps liturgiques à vivre comme lui, à penser comme lui. Une familiarité et une sensibilité se sont établies avec les années. Et peu à peu le désir d’imitation nous prend et chacune de ses paroles est recueillie comme une perle. Où tout cela va-t-il nous mener ? Impossible de le savoir. Là aussi il faut l’écouter... que dit-il aujourd’hui dans l’évangile ce dimanche ?

C’était au moment de quitter ceux avec qui il avait cheminé. Ses dernières paroles. Les plus importantes... il envoie ses disciples. Allez ! Sa toute dernière parole, c’est pour les envoyer en mission. Chargés de tout ce vécu avec lui, ils sont missionnés pour que l’amour dont ils ont vécu ensemble parvienne à tout être humain. Mission de restitution... L’amour n’a pas trouvé en nous son destinataire final. Il doit parvenir jusqu’aux confins de la terre. Jésus, fils de Dieu, est venu imprimer à quelques-uns l’élan même qui le traversait. Venu du Père et retournant vers lui dans la puissance de l’Esprit, il a marqué de son empreinte tous ceux qu’il a croisés, les laissant libres de prédisposer de leurs vies rencontrées en profondeur. Nul n’a pu éveiller si puissamment le désir de vivre et d’aimer.

Nous qui recevons cet évangile, nous sommes désormais participants, à travers le temps et l’espace, de cet amour qui, depuis, remplit l’univers. Nous recevons en chemin la proposition de nous joindre à ce grand mouvement né du cœur du Père, révélé par le Fils sous l’impulsion de l’Esprit, et destiné à embrasser la totalité des êtres de tous les temps. Le dernier mot sera au Dieu d’amour qui s’en est remis aux disciples d’hier et d’aujourd’hui pour que l’amour qui nous fait vivre poursuive son chemin et baigne le monde qui nous entoure. Son baptême dépend de nous. Allons ! C’est l’Esprit qui continue de présider à ce grand tremblement de joie. Baignons ce monde que Dieu aime de sa bonté et de ses bénédictions !
 
Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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PENTECÔTE 2021

23 Mai 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation

La force de Dieu

Avant de partir, un chef désigne souvent son successeur. Le Seigneur, lui, préfère nous laisser un héritage. Ni une personne ni quelques biens mais le trésor d’une relation. Le Père aime le Fils : il s’est reconnu dans tout ce qu’il a pu dire ou faire en son nom. Le Fils aime le Père : il n’a jamais cessé de se nourrir de sa présence et d’accomplir sa volonté. L’Esprit Saint vient de cette communion d’amour entre le Père et le Fils. Il nous est donné pour poursuivre l’aventure de la foi. Avec la Pentecôte, vient le temps de l’Église. Sa mission est d’annoncer à tous le salut, le salut de Dieu. 

Depuis de nombreux mois, nous expérimentons la fragilité de nos vies. Mais puissions-nous ressentir aussi la force de Dieu. Son salut est plus solide que nos santés éprouvées et nos cœurs endeuillés. Il est un remède contre la solitude ou les distances qui nous découragent. Aujourd’hui, le Père vient refaire nos forces et nous partager sa vie. 

Sur les chemins de Palestine, le Fils a manifesté la gloire de Dieu. Son Évangile a illuminé la vie de nos aînés dans la foi. Et depuis vingt siècles, l’Église célèbre la présence du Ressuscité. Nous aussi, nous avons écouté les paroles et observé les actes de Jésus. Avec l’Esprit Saint, nous accueillons la vérité du Fils. Au milieu de nous, se tient encore celui que nous ne cessons de découvrir.

Equipe Evangile@Peinture - Père Vincent Leclercq – PrionsenEglise – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 7e dimanche de Pâques - 16 mai 2021

16 Mai 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

PRIERE APOSTOLIQUE

Il est rare de pouvoir assister à la prière de Jésus. Jean nous y introduit. Au moment où Jésus s’apprête à vivre les événements de sa Passion, il se tourne avec une intensité toute particulière vers son Père, source de sa vie parmi les hommes. Avant d’être pris, il se remet. Et ce faisant, il remet aussi le souci de ceux qui ont partagé sa marche. 

Au moment de se livrer, Jésus pense aux siens et au bouleversement qui va leur arriver. Son dernier soin pour eux est d’intercéder pour que leur séparation soit l’occasion d’un nouveau don. Jésus les fait passer avec lui de ce monde vers son Père. Leur lien sera désormais du même ordre que celui qu’il avait avec son Père. De même qu’il vivait de la volonté de son Père et dans la force de son nom, de même, les disciples vont devoir vivre dans la puissance de la parole qu’il a déposée dans leur cœur, authentifiée par le don libre de sa vie pour chacun d’eux. Une parole remplie de toute sa vie offerte, attestant d’un amour sans aucune limite...

L’eucharistie que nous célébrons aujourd’hui nous fait entrer dans le don que Jésus fait de lui-même au Père pour que le monde ait la vie et qu’il ait en plénitude. Jésus est le célébrant, l’autel, et l’offrande. Et ce qui arrive aux disciples, c’est d’être baptisés dans cette offrande, d’être ordonnés. À leur suite, nous sommes pris dans cette offrande éternelle qui prend sa source dans le Père, et nous devenons avec lui, par lui et en lui une parole de vérité. Sa liturgie entraîne la nôtre.

Par notre consécration à Dieu et par la prière du Christ qui nous habite, le monde entre peu à peu dans la vérité bouleversante de l’amour qui donne sa vie pour ceux qu’il aime. Pas de plus grand bonheur. Secret de vie et de joie offert à tous. Notre prière est désormais attendue par le monde qui en a besoin pour vivre son passage. Pâques, c’est l’accession à la vie, c’est l’éternisation de nos relations, la pleine communion. C’est ici et maintenant, dans la foi, l’espérance, la charité, dans la force d’un cri, d’une prière, d’un nom qui nous a été donné pour que tout lui soit confié. Laissons-nous consacrer. Le monde en a tant besoin...
 

Equipe Evangile&Peinture - M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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Méditation 6e dimanche de Pâques

9 Mai 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Révolution de l’amour

Il n’y a pas de secret. Les mois et même l’année que nous venons de vivre, avec confinements et autre couvre-feu, nous ont fait mesurer combien le manque de relations était frustrant, voire démoralisant. Les peurs et les dangers de l’individualisme enferment et l’enfermement sur soi, surtout quand il est subi, n’ouvre pas au bonheur ; l’immobilisme et l’attentisme ne peuvent conduire à la vie.

L’évangile de ce jour est tout autre. Il est une invitation aux entrées multiples, car il s’agit de partir, de porter du fruit, de s’aimer les uns les autres, de donner sa vie, de passer de serviteurs à amis. Des invitations qui ne peuvent laisser insensibles les disciples. Les projets peuvent prendre corps, les rencontres peuvent se réaliser et la joie du vivre ensemble devenir réalité. Il s’agit donc d’entrer dans la nouveauté, nouveauté du don mais plus encore nouveauté de se donner… comme Jésus, qui a donné sa vie. Cela, il veut le partager avec ses amis, parce qu’on choisit ses amis et que l’amour et l’amitié se construisent dans la liberté.

Le serviteur est là pour servir le maître ; l’ami est là pour vivre la rencontre, pour vivre le cœur-à-cœur. Le changement de relation décidé par Jésus, « Je ne vous appelle plus serviteurs… », est une véritable révolution de l’amour. Dieu vient à la rencontre de l’homme pour lui offrir cette nouvelle relation.

Déconfinons notre façon d’être en relation ; cessons de chercher des hiérarchies ou des responsables. Prenons le risque que Jésus offre à ses disciples, de devenir ses amis et de vivre entre nous des changements en profondeur dans le dialogue et notre façon d’être, comme nous y invite le pape François dans Fratelli tutti.

Equipe Evangile@Peinture - Pierre-Yves Pecqueux - PrionsenEglise- Peinture Bernadette Lopez 

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Greffe féconde méditation 5e dimanche de Pâques

2 Mai 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Il y a dans l’Évangile du 5e dimanche de Pâques des refrains, des invitations qui se répètent parce que l’essentiel est bien là. L’Évangile de ce jour est traversé par un de ces refrains vitaux pour qui veut se mettre dans les pas de Jésus... Demeurez en moi, nous dit-il presque en boucle. Avec l’image de la vigne en renfort, on comprend bien que toutes ces grappes que le sarment est amené à porter ne viennent pas de lui, mais de cette sève qui lui vient de plus loin. Il porte le fruit d’un autre. Mais sans lui, sans son portage, pas de grappe. Le cep et le sarment sont tournés vers le fruit à porter. Et tous les soins dont le vigneron l’entoure est bien en vue des fruits attendus. L’image est parlante quand on pense au vin nouveau du Royaume. Que de soins, que de nécessités pour qu’advienne ce fruit précieux. Du temps, du soin. Dieu est à la tâche pour sa vigne. Il veille sur sa fécondité et coupe ce qui est mort pour vitaliser plus encore les sarments en voie de floraison. Tout nous parle de la vie qui pousse, de la sève de joie qui traverse le Royaume à l’idée que nous portions du fruit.

Laissons-nous atteindre par le grand désir de Dieu que nous ayons la vie en plénitude. Prenons soin de nous laisser faire par la parole qui émonde et purifie, qui nous greffe sur le cep éternel et nous fait produire des fruits pour la vie du monde. Nous ne sommes pas en vue d’un rêve ou de belles paroles. Notre vie est amenée à être broyée pour donner son fruit. L’enjeu du disciple est de vivre à la mesure de son maître. Le seul chemin est de le laisser être nous. C’est lui qui nous donne d’être et d’agir. Il faut un vrai acquiescement à cette présence, un vrai consentement à son action. « C’est d’être agi à quoi je suis résolu » écrivait frère Christophe, moine de Tibhirine. Une telle communion ne se donne que dans un long compagnonnage qui a déjà pu montrer ses premiers fruits : une parole qui tient la route, qui tient ses promesses. On ne s’abandonne que parce que l’on vise le mieux, le plus. Mais il ne se découvre et ne se donne qu’en chemin, au jour le jour...

Notre Père qui es aux cieux, donne-nous ensemble de ne tenir qu’à toi, à tes fruits promis, pour que nous soyons pour le monde cet avant-goût du vin nouveau, ce parfum de tendresse et de douceur qui annonce, de chair et d’os, le Royaume attendu parfois sans savoir le nommer. La parole se charge de nous. Chargeons-nous de la parole. Elle sait ce qui est bon pour nous. Et nous savons que nous nous ne pouvons pas désirer mieux que ce qu’elle a à nous offrir. Habitons chacun de ses mots prononcés pour la vie qui ne finit pas. Laissons-la faire ! C’est pour la joie de Dieu et l’espérance du monde.
 

Equipe Evangile@Peinture  - Marie-Dominique Trébuchet – PrionsenEglise – Peinture Berna - Fribourg

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Méditation 3e dimanche de Pâques

18 Avril 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

PASSAGE DE TEMOIN

Le Crucifié-Ressuscité a décidément bien du mal à se faire reconnaître des siens. Leur réel, c'est la mort de leur maître. La Résurrection demeure pour eux une lointaine idée. Il leur faut le Ressuscité pour la faire passer dans le concret et chasser la peur qui règne dans leurs esprits en perte de repères. Alors quand Jésus débarque au milieu d'eux, c'est bien pour opérer ce passage et ancrer leur relation dans cette nouveauté. « La paix soit avec vous... » Première conversion à vivre... Accueillir sa paix, se laisser faire par sa présence, sentir en soi la consolation de la relation retrouvée après la blessure de la séparation. Son évocation suffit à le rendre présent.
 
Deuxième conversion : la maîtrise des pensées... rester dans cette présence. Ne pas se laisser emporter par le doute ou les objections. La réalité de la Résurrection ne repose pas sur un simple faisceau d'indices ou le témoignage de quelques illuminés. C'est le Ressuscité lui-même qui vient interroger ses disciples et leur donner sa chair à voir, à croire. Elle est le point d'accomplissement de toute l'Écriture. Sa chair ressuscitée condense en elle toute l'histoire qui y trouve sa résolution. Point d'incandescence.
 
Troisième conversion : habiter l'Écriture... ne pas la quitter. Y contempler l'histoire du Fils de Dieu. C'est désormais dans les disciples que repose la vérité qu'elle contient. Ils deviennent le point de passage, le point d'ancrage pour une nouvelle genèse. Une autre page va s'écrire avec eux. Ils ont reçu la charge d'annonce. Leurs vies vont s'aligner sur l'événement et être en miroir de cette nouveauté. La Résurrection n'est pas une idée. Ce sont des existences qui ont basculé dans la paix du Christ et relayent sa vie au monde. Des vies qui donnent le Christ à croire par la vérité qui les anime et qu'ils partagent.
 
Quatrième conversion... Des hommes et des femmes baptisés dans la paix et la joie du Christ : diffuseurs d'espérance vive. Des vies qui ne font peut-être plus nombre, mais qui font signe… C'est désormais à nous de donner l'Amour à croire.
 


Equipe Evangile&Peinture - M-M Minassian – Peinture Berna et Arcabas

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Méditation du 2e dimanche de Pâques

11 Avril 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

RÉANIMATION PASCALE

Que d’obstacles ! Nous fêtons d’année en année la résurrection de Jésus, et c’est la liturgie qui nous confronte à la difficulté de croire. Les disciples n’y échappent pas. L’expérience du tombeau vide n’as pas été une évidence de foi pour tous. Pierre, Marie-Madeleine... Il a fallu un second temps, une répétition. Comme si les sécurités mentales devaient être d’abord ébranlées pour être ensuite définitivement levées. 

La foi est une reddition de tout l’être, un désarmement profond devant ce fait inouï qui dépasse l’entendement. La résurrection n’appartient pas à l’ordre de la nature. Elle le supplante ouvrant grandes les portes de la vie sur le vestibule du Royaume. 

Ce passage d’un monde à un autre, c’est la foi qui l’accomplit et y fait accéder. La foi est rencontre, modification de soi au contact du Royaume. Mais il peut y avoir refus, évitement, contournement, préservation de soi. Ceux qui ont croisé la route de Jésus ont vécu cela. Ses disciples aussi. Et au bout de leur compagnonnage avec leur maître, c’est pour eux la toute dernière épreuve, sa mort, qui les accule à l’acte de foi ultime, les faisant basculer dans la vie qui ne finit pas. 

Pour ce faire, Jésus leur apparaît. À quelques-uns d’abord... ils sont bouleversés mais ils ne sont pas crus par les Onze quand ils rapportent cette rencontre. Jésus va donc leur apparaître collectivement. Seul Thomas n’est pas là. Sa paix les rejoint dans leur peur. Mais malgré leur envoi en mission et le souffle reçu du Ressuscité, ils restaient toujours reclus, portes verrouillées. Il fallait une répétition. Il fallait vaincre la résistance ultime de l’un d’entre eux pour que le corps tout entier des disciples s’en trouve libéré, affranchi. Cela ne pouvait pas se faire par le témoignage des autres, mais seulement par un contact direct avec le Crucifié-Ressuscité...

La réalité de la mort n’est pas effacée par la Résurrection. Elle est supplantée. Elle n’est plus un point final mais le point focal qui emmène la vie sur un autre versant. La foi nous fait vivre depuis l’autre rive. Les croyants sont des survivants. La foi en la Résurrection n’est pas de l’ordre de l’évidence. Elle n’est pas matérielle. Elle lutte contre une absence. Elle est mémoire d’une annonce et bouleversement d’une rencontre. Elle a besoin du témoignage des autres et de la rencontre avec le Crucifié-Ressuscité. L’un valide l’autre.

Notre cœur est prompt au doute. Il lui faut la répétition de la grâce pour s’abandonner au mystère de la vie victorieuse de la mort. Dieu sait. Dieu donne. Et redonne. Béni soit Dieu !
  

Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Berna 
 

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Le Lundi de l'Ange

7 Avril 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #méditation

« A vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé de corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : deux anges, qui disaient qu’il est vivant. » Luc (24,1-8)

Le pape François a expliqué ce  lundi de Pâques que « même les femmes qui étaient allées au tombeau et l’avaient trouvé ouvert et vide, ne pouvaient pas affirmer: « Il est ressuscité », mais seulement dire que le tombeau était vide »: « Que Jésus était ressuscité, seulement un ange pouvait le dire avec le pouvoir d’être un messager du ciel, avec le pouvoir donné par Dieu pour le dire, de même qu’un ange – seulement un ange – avait pu dire à Marie: « Tu concevras un fils […], et il sera appelé fils du Très-Haut « (Lc 1, 31). C’est pour cela que nous disons que c’est le « Lundi de l’ange » parce que seul un ange peut dire par la force de Dieu : « Jésus est ressuscité »

Le Ressuscité n’envoie pas ses disciples « annoncer », comme dans les récits que nous le lisons ce mercredi de l’octave de Pâques. Nous comprenons que la rencontre avec le Christ, comme le ressente les disciples d’Emmaüs, ne peut se garder pour soi seul, qu’elle se partage. Là est le fondement d’une communauté de disciples du Christ appelée à célébrer le Vivant et à témoigner de sa présence comme missionnaire de sa Lumière, dans la proclamation et l’écoute de la Parole, dans la prière et la fraction du pain, dans une qualité d’être et d’amour fraternel, à vivre à travers nos vies quotidiennes.

Jour de Pâques à l'église St Martin de Hayange

Ressusciter, c’est renaître à une vie nouvelle, nous dit l’Évangile. Cette renaissance commence dès maintenant, et se vit tous les jours, chaque fois que nous devenons un peu plus libres et un peu plus aimants. « Alléluia, Alléluia, Voici le Point du Jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jours de bonheurs et de joies ! Alléluia »
 

Equipe Evangile@Peinture – sœur Emmanuelle Billoteau – PrionsenEglise – Peinture Fra Angelico

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