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François-Dominique Roger

meditation

Humble Début

12 Janvier 2020 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Quelle image étrange... On peut comprendre le trouble de Jean-Baptiste. Celui dont il savait ne pas être digne de défaire la courroie de ses sandales s’approche pour recevoir de lui ce que le baptême dans l’Esprit va rendre caduque. Mais il n’y a pas erreur. Jésus ne vient pas abolir mais accomplir. Cela veut dire exécuter, parachever, mener à bien. Jésus vient faire ce que Jean-Baptiste annonce. Il vient montrer le chemin, vivre dans sa chair d’homme le retournement proposé par Jean-Baptiste. Il vient assumer la conversion prônée et cela commence par ce baptême qui en est le geste, le signe inaugural. 

C’est en fait un passage de témoin auquel nous assistons. Une voix succède à une autre. La voix qui criait dans le désert a vu celui qu’elle annonçait. Elle pouvait se taire désormais car le ciel lui-même l’a désigné comme le Fils bien-aimé. La joie du ciel débarque sur la terre. Jean l’a vu et s’est tu. Désormais, Jésus devient la voix à écouter. Celle qui fait la joie du Père et qu’il nous a envoyée pour que nous ayons sa vie en nous. Passation de vie... Jésus est là pour vivre de cette vie qu’il possède du Père et nous la transmettre. Vie “incendiaire”, s’émerveille frère Christophe, moine de Tibhirine. Il est venu allumer ce feu de l’amour de Dieu que rien ne pourra jamais éteindre. Pas même le meurtre qui voulait le réduire au silence. 

Messe du baptême du Seigneur à la cité Bosment

Et depuis, le ciel s’est associé une foule de témoins pour qu’il arrive jusqu’à nous, corps et sang. La cohorte de tous ceux qui ont cru à l’amour plus fort que tout nous précède pour nous encourager et nous montrer ce bonheur vrai. L’autel de notre quotidien est le lieu même de cet accomplissement. L’amour c’est vouloir que l’autre vive. Intensément... Ne laissons donc pas la voix de l’amour sans écho. Vivons de son intensité. Laissons Jésus nous mener sur des sentiers autres que ceux où nous le cantonnons.

Osons l’incandescence et le hors-piste. Dieu crée du neuf. Laissons-le faire ! 

Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Berna - Fribourg
 

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Famille nombreuse

29 Décembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

La liturgie nous invite aujourd’hui à contempler la famille de Jésus. Nous les représentons dans nos crèches : un homme, une femme et un bébé dans une étable avec parfois d’autres santons : le bœuf et l’âne, des anges, des bergers, des mages… Comme pour signifier que Dieu naît là où des hommes et des femmes sont prêts à le reconnaître. Comme Joseph, identifiant le Seigneur dans ses rêves et partant en exil avec sa jeune famille. Comme Marie, croyant à la promesse du Seigneur et acceptant une grossesse inattendue. Comme Zachée, comme Nicodème, comme la Samaritaine, comme Marie Madeleine… la liste est longue. La famille, nombreuse. Car Jésus le dit à plusieurs reprises à son auditoire : sa famille est constituée de « ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ».

Alors, qu’allons-nous contempler aujourd’hui ? Au moins, deux mystères :

D’abord, celui de Noël, où l’amour de Dieu nous apparaît aussi proche, fragile et dépendant qu’un bébé dans ses couches. Où rien de ce qui fait l’ordinaire de nos vies n’a de secret pour Dieu. Où nous ne serons plus jamais seuls car se faisant l’un de nous, Dieu nous ouvre les portes de sa famille. L’Emmanuel est avec nous. Nous pouvons louer Dieu. 

Le mystère de la révélation ensuite, quand l’amour de Dieu se fait Parole et se dit dans nos songes, nos intuitions, nos désirs les plus intérieurs et inespérés. Quand tout à coup Dieu fait irruption dans nos vies, provoquant des interrogations nouvelles, attendant des réponses inédites. Dieu devient Verbe. Nous sommes invités à tendre l’oreille et à mettre nos pas dans ceux du Christ. 

La fuite en Egypte - Peinture Berna Lopez

Equipe Evangile@Peinture - Karem Bustica - Prions en Église – Crèche de l’église Saint-Martin d’Hayange
 

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Jésus, l'appelait papa !

22 Décembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

L’évangile de ce dimanche est « l’annonce à Joseph ». Lui, le silencieux, le discret, éclaire singulièrement le mystère de Noël tout proche. 

Homme juste 

Parce qu’il est « juste », « ajusté » à la volonté du Seigneur, Joseph ne veut pas dénoncer Marie. Il prend la décision de la « renvoyer en secret », comme s’il la laissait libre… Il l’aime et lui accorde encore un a priori favorable malgré les apparences qui sont contre elle. Il sauve le Sauveur et sa Mère. Ce fut sa manière de donner la vie à Jésus ! Saint Joseph nous apprend le respect, la bienveillance, l’amour qui sauve et fait vivre. Il nous enseigne la justesse du regard qui cherche à comprendre et fait confiance. 

Homme de foi 

Dans un « songe », qui est autre chose qu’un rêve, Dieu offre à Joseph un destin inattendu : une place dans l’histoire du Salut, à lui le charpentier inconnu de Nazareth. Il va entrer dans une aventure exceptionnelle. « Il prit chez lui Marie ». Il insère le Sauveur dans la lignée de David, comme dit l’Apôtre Paul, et lui donne son nom « Jésus ». Par lui, Jésus n’est pas aux yeux du monde le fils de l’infidélité, mais le Fils de la Fidélité de Dieu, « l’Emmanuel » « Dieu-avec-nous » comme l’annonçait Isaïe. Saint Joseph nous apprend à entendre les appels de Dieu et à lui faire confiance pour entrer dans l’inattendu de l’Esprit. Il nous indique que « prendre Marie avec nous » est un chemin pour accueillir le Christ. 

Un père pour Jésus 

Jésus a grandi auprès de Joseph. Qui pourrait dire tout ce que le Christ a reçu de lui ? Il a fait l’expérience d’un père aimant. Dans l’Évangile, il appelle son Père « Abba ! » « Papa ! » ; c’est par ce nom qu’il appelait aussi Joseph. De lui, il a appris le métier de charpentier, le travail de la terre et le soin du troupeau, dont est si visiblement inspiré l’enseignement des paraboles. Saint Joseph nous apprend la part que prend le père dans la construction humaine et affective d’un enfant. Il nous conduit à accueillir comme lui « Celui qui doit venir »

Noël est la fête des espoirs qui prennent chair dans les situations vécues justes de notre quotidien et de la confiance au Dieu des vivants et des morts. « Portes, levez vos frontons, levez-les, portes éternelles : qu’il entre, le roi de gloire sur tout l’Univers ! ». Accueillons, nous aussi, Marie comme Mère et Reine pour que ce réalise pleinement le Royaume de Dieu au ciel et sur la terre.

Equipe Evangile@Peinture - Joseph Proux Prêtre – Peinture Bernadette Lopez- Fribourg- vitraux de l'église St Joseph de Serémange-Erzange

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Exultation naissante

15 Décembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Il y a foule de questions aujourd’hui dans l’évangile ! Ce sont autant de portes ouvertes pour entrer dans la vérité lovée au fond de soi et des événements. Jean-Baptiste ouvre le ciel depuis sa prison. Sa vibrante espérance cherche celui que son cœur attend. Son désir de ne pas vivre en vain cherche le sens. 

La prison le resserre dans l’urgence de désigner celui qu’il a rencontré alors qu’il était encore dans le sein de sa mère. Le signe à l’époque était l’exultation de joie. Les deux enfants célébraient déjà le Royaume naissant. « Il faut que lui grandisse et moi que je diminue » Après avoir baptisé son Seigneur, Jean-Baptiste, depuis sa prison, habite l’espérance de tout un peuple. Il la porte dans la nuit du doute et la lumière douce de la foi. 

Le prophète réduit au silence cherche la Parole. Au soir de sa vie, il attend la lumière. La réponse de Jésus : regarde ! Le prophète est renvoyé à la vie qui renaît. Mais c’est par d’autres qu’il va la voir. Ses envoyés étaient partis à vide. Ils reviennent vers lui chargés de cette vie en train de faire son travail. 

La Parole est à l’œuvre. C’est un présent à discerner autour de soi. C’est cela qui se donne à voir et à entendre. Que celui qui a des oreilles entende la rumeur de la joie en train de se frayer un chemin jusqu’à nous. Elle nous arrive par les autres. Leurs questions, leurs doutes, leurs vies toutes entières nous disent que tu es là, présent à nos douleurs. 

Jean-Baptiste est bien le précurseur. Celui qui, après Marie et Elisabeth, est le premier qui a cru au ciel sur la terre, et il nous a ouvert la route pour nous regarder entrer dans la joie. Il y a foule de bienheureux : c’est chacun de nous, les invités au festin des noces. Et c’est ici et maintenant le temps d’être témoin de cette vie en abondance pour la joie des autres. 

Vois-tu ?
Dedans ses murs
L’espérance à bout de souffle
Vois-tu celui qui vient ?
Dedans ses murs
La foi en question
Qui est celui qui vient ?
Dedans ses murs
La charité emprisonnée
Où est celui qui vient ?
Dedans ses murs
La joie libérée
Il est celui qui vient
Dehors les murs
Le miracle annoncé
Il n’y a plus à douter
Amen

Equipe Evangile@Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez-Fribourg - prière Minassian - fnp-edition.com

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Repère pour une conversion

8 Décembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #méditation

Trois témoins, ce dimanche, nous appellent à un changement de vie : Jean le Baptiste, Isaïe le prophète et Paul le bâtisseur d’Églises. 

Vivre en vérité évangélique 
Jean appelle à une conversion vécue dans le concret. Il dénonce l’hypocrisie religieuse qui se satisfait de pratiques formelles. Il secoue la fausse sécurité du sentiment d’appartenance invoquée comme un alibi à une foi active. 
La prédication de Jean nous interpelle. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de nos rites et de nos références chrétiennes, face aux défis de l’honnêteté professionnelle, du partage de notre bien-être, du respect de la vie et de la réputation d’autrui, de la fidélité conjugale, du service fraternel… Quels fruits portons-nous réellement pour Dieu, pour l’Église et pour le monde ? 

Être artisans de paix 
Isaïe annonce la venue d’un descendant de David sur qui l’Esprit du Seigneur reposera. La tradition biblique, juive et chrétienne, y reconnaît le Messie. Par une mise en scène qui fait rêver, le prophète décrit le projet de Dieu d’un monde réconcilié. 
Cette prophétie résonne fortement aujourd’hui. Notre époque est malade d'excès de la violence dont les médias nous apportent l’écho quasi quotidien. Elle atteint les peuples, les sociétés, les familles et même les enfants, en paroles et en actes ! 
En ce temps de l’Avent, qui nous prépare à la venue du « Prince de la Paix », nous sommes appelés à vérifier nos comportements. 

Nous accueillir les uns les autres 
Les premiers chrétiens de Rome, d’origines et de cultures diverses, éprouvaient des difficultés à vivre ensemble avec leurs différences. Ils ne construisaient pas la communauté ecclésiale. Paul leur rappelle l’accueil du Christ, la miséricorde et la fidélité de Dieu. Il les exhorte à s’accueillir mutuellement. 
L’Apôtre nous invite aujourd’hui à cet accueil, avec nos différences de sensibilités, de pratiques rituelles, de cultures religieuses et d’opinions. On peut s’enrichir de différences non séparatrices. 

Par ces chemins, pourra nous rejoindre Celui qui doit venir !

Ta voix dans le désert résonne
Tes mots détonnent
Proche est le Royaume

Ta voix dans le désert proclame
Ta parole prend visage
Proche est le salut

Ta voix dans le désert martèle
Ta colère fustige
Proche est la lumière

Ta voix dans le désert baptise
Ta foi discerne
Proche est l’Esprit

Ta voix dans le désert s’enflamme
Ton désir enrôle
Proche est ton feu

Amen

Méditation : Joseph Prou - Texte de la prière M-D Minassien et Jean Prou
Illustration : Bernadette Lopez - fnp-edition.com

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Il est temps de se réveiller

1 Décembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Dieu a un projet d’avenir pour le monde En créant l’être humain « à son image et à sa ressemblance », Dieu n’a cessé de le modeler, l’associant à son dessein d’amour et de salut. Ce projet est en cours, mais encore loin de son achèvement. Malgré tant de déceptions, dont la Bible nous livre l’écho, le Seigneur n’a jamais baissé les bras. 

Il a envoyé son Fils. 

Croire en un monde plus humain à l’image du Christ alimente notre espérance. Isaïe évoquait un monde rassemblé dans « la lumière du Seigneur ». À son époque, aussi tourmentée que la nôtre, il annonçait la fin des violences et l’avènement de la paix. 

Un monde nouveau est en train de naître Les pessimistes n’y croient pas. Il est vrai qu’est désolant le spectacle des relations humaines empreintes de domination, de maltraitance, d’exploitation, d’indifférence, d’exclusion... Mais tous ceux d’entre nous, habités par l’Évangile, ne baissent pas non plus les bras ! 

À petits pas, l’humanité avance et le projet de Dieu se concrétise : les jumelages entre peuples étrangers ou naguère ennemis, la communion entre les Églises, la solidarité avec les pauvres et ceux qui souffrent, le pardon donné au lieu de la vengeance... Autant de signes du monde nouveau que Dieu construit avec nous. On peut y ajouter les mille et une petites avancées quotidiennes : gestes d’amour, de paix, de partage, qui sont les indices de cet avenir entrevu par Isaïe... 

Veiller dans une attente active 

Mêlant l’histoire du déluge aux malheurs futurs de Jérusalem, Jésus appelait à la vigilance, toujours d’actualité aujourd’hui, quand nous attendons Celui qui doit venir pour l’enfantement d’une terre nouvelle. Paul, dans sa lettre, dénonçait sans ménagement ce qui provoquait une anesthésie spirituelle des premières communautés chrétiennes. S’il écrivait aujourd’hui, il en rajouterait sur les addictions qui endorment notre désir de Dieu. 

L’Avent est le temps du réveil pour ne pas rater le jour et l’heure du rendez-vous avec Celui qui est venu et ne cesse de venir. Il est proche !

Semblable au jour d’autrefois
Le jour de Dieu viendra
Rien ni personne n’y échappera

Semblable au jour d’autrefois
Le jour que Dieu voudra
L’un sera pris l’autre laissé

Semblable au jour d’autrefois
Le jour de Dieu viendra
Rien ne l’annoncera

Semblable au jour d’autrefois
Le jour de Dieu sera là
Il viendra

Seras-tu là ?

Amen

Equipe Evangile@Peinture  - Joseph Proux Prêtre – Peintrure Bernadette Lopez – prière M-D Minassian – fnp-edition.com
 

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Le Verbe est roi en vérité

24 Novembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

Voici une image forte pour terminer l’année liturgique. Le Verbe vient d’être mis en croix et la parole en est toute retournée. Les uns sont en silence, interdits. Les autres s’adonnent à la dérision, d’autres encore versent dans la moquerie et le sarcasme. La parole est détournée de sa fonction de bénédiction. Elle participe du supplice. 

Le Verbe impuissant est en silence. Il n’est pas le roi de ceux-là. Il est le roi du malfaiteur en croix, du disciple de la vérité, dont la parole ajustée regarde Jésus et y reconnaît Dieu lui-même. Dieu avec lui, subissant l’injustice, pour être espérance et consolation de ses enfants perdus mais retrouvés. 

La parole a retrouvé son sens. Elle est faite pour relier, espérer, prier. La parole ajustée regarde vers Jésus, voit Dieu et le prie. La parole ajustée est entendue. Le Verbe entend et exauce. Le Verbe est roi en vérité. La vérité et la justice lui appartiennent. Il reconnaît ceux qui en vivent. 
Alors le Verbe, devenu Parole éternelle pour les hommes, tranche : “aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis”.

Le royaume de Dieu est une Bonne Nouvelle à annoncer. Cette annonce est la mission de Jésus et aussi celle qu’il confie aux apôtres, en paroles et en actes. Peut-être sommes-nous de ceux qui annoncent ou de ceux qui agissent dans l’enfouissement ou qui prient… Et, comme les pharisiens, nous nous demandons légitimement : quand viendra enfin le royaume de Dieu ? La réponse de Jésus nous encourage à le reconnaître dans notre quotidien et à écrire nos propres paraboles : «  Il est au milieu de vous  ».

Equipe Evangile@Peinture – Bustica- Minissian  – Peinture Bernadette Lopez
 

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Réalité dévoilée

17 Novembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Il ne restera pas pierre sur pierre

Le dimanche nous appelle à vivre pleinement la joie de la résurrection du Christ, en particulier au moment de la messe. Les lectures de ce jour paraissent au contraire ajouter aux angoisses qui déjà nous assaillent, non seulement celles qui traversent nos vies personnelles et familiales, mais aussi les grandes inquiétudes de notre temps. 

Le genre littéraire de l’apocalyptique nous déconcerte car il suscite deux types d’incompréhensions. Annoncer de grandes catastrophes, comme si le pire était devant nous. Laisser croire que tout cela arrivera dans un futur proche, comme si le quotidien était limpide. 

Au contraire, par la mobilisation d’images saisissantes, ces textes veulent nous avertir, en dévoilant la réalité derrière des apparences parfois trompeuses. Contre la propagande et les fausses informations qui fragilisent nos démocraties, Malachie comme Luc attirent notre attention sur les profonds déséquilibres qui menacent aujourd’hui notre planète, nos pays, nos familles, nos existences singulières, à cause de l’arrogance, de la violence et de la division. 

L' Ouragan Dorian qui a dévasteé les Bahamas

La réponse de Paul, dans l’épître que nous lisons dimanche après dimanche, est pleine de bon sens, en nous ramenant au « travail » quotidien. Il ne s’agit pas uniquement du travail salarié mais de tout ce qui relève de notre responsabilité personnelle. 

Face au dévoilement d’un réel plus complexe qu’il n’y paraît, nous ne sommes ni écrasés, ni paralysés. Au contraire, notre liberté est suscitée pour collaborer, par toute notre vie, à l’œuvre de salut dans le monde. Voilà le pain quotidien que nous demandons à Dieu, notre Père

Equipe Evangile@Peinture – PrionsenEglise - Père Luc Forestier, oratorien – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg 
 

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Le Dieu des Vivants

10 Novembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

Dans l’Evangile de ce jour, le but de ces Saducéens, qui ne croyaient pas à la résurrection, est clair : prendre Jésus en défaut, qui, lui, croyait à la résurrection. Tout en s’appuyant sur la loi de Moïse, leur intention est de ridiculiser et Jésus et la croyance en la résurrection… Or, à bien réfléchir, cette idée de la résurrection n’est pas plus évidente aujourd’hui qu’il y a deux mille ans… Les Grecs, rencontrés par St Paul, n’y croyaient pas du tout. Et aujourd’hui, des chrétiens, même très pratiquants, sont de plus en plus nombreux à adhérer à la théorie de la réincarnation… Au fond les Saducéens ne seraient pas dépaysés parmi nous !

Reconnaissons que la résurrection est une réalité pour nous très mystérieuse. Quand Jésus ressuscité est apparu à ses disciples, il a dû user de beaucoup de pédagogie, de persuasion et de reproches pour les convaincre que c’était vraiment lui. Ils n’y ont pas cru d’emblée ! Dans le texte d'aujourd’hui, la pointe de l’enseignement de Jésus est sa parole : « Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

Autrement dit, ce que veut nous enseigner Jésus c’est que Dieu, le Créateur, est au-delà du temps. S’il suscite chaque être humain, c’est par un acte infini et donc éternel d’amour créateur. Il donne un nom unique, personnel à chaque homme. Il ne pourra donc jamais reprendre ni supprimer cet acte. Chaque être humain qui vient au monde est vraiment un « morceau d’éternité », enraciné dans l’amour éternel de Dieu…Cela veut donc dire concrètement que cette éternité, dont nous sommes dépositaires, nous avons à la construire dès maintenant sur cette terre et chacun des jours de notre vie, et non pas dans un au-delà dont nous ne savons pas ce qu’il sera…

Ainsi, la vie éternelle n’est pas une autre vie qui commencerait après la mort, c’est notre vie d’ici-bas gardée, sauvegardée, sauvée pour l’éternité. Seule la filiation vis-à-vis de Dieu aura du sens. Dieu aime trop les êtres humains pour accepter de les voir disparaître dans la mort. Et l’homme qui croit en Dieu, l’éternel vivant, ne peut penser que puisse cesser un jour la relation d’amour avec Lui. 

C’est sur cette relation d’amour réciproque que se fonde la résurrection. La mort devient alors le passage à cette communion inouïe pour l’éternité. Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants

Equipe Evangile@Fichesdominicales -Père Daniel Richard – Peinture Bernadette Lopez- Fribourg
 

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Hospitalité rêvée

3 Novembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #méditation

Tout Jéricho avait sans doute entendu parler de Jésus, spécialement après la guérison de la personne aveugle juste avant d’arriver dans la ville. On peut comprendre le désir de voir cet homme à qui on attribue un tel miracle. La foule désireuse de voir le bienfaiteur et de bénéficier de ses bienfaits se masse, et le désir se dresse en soi. Et si pour moi aussi quelque chose d’extraordinaire se passait ? Voir Jésus ou quelqu’un, c’est le faire entrer en soi. C’est lui donner l’hospitalité. 

Zachée voit, mais il est surtout vu par Jésus. Son désir a été capté par Jésus qui le prend au sérieux. Pour lui, Zachée n’a pas d’histoire. Il n’a qu’un présent et un désir suffisamment fort qui le pousse à courir en avant de la foule et à grimper sur un sycomore Il fallait que cette rencontre lui tienne vraiment à cœur pour qu'il se démène ainsi. 

Cela touche Jésus qui le voit dans ce qu’il porte de plus vrai en lui, dans son élan de vie qui l’a porté jusqu’à lui. Jésus, en regardant Zachée, ne voit pas les multiples délits commis, il voit la personne. Il est digne d’être salué, d’être sauvé. Et cela, aujourd’hui, pas seulement au jour du jugement dernier. 

Alors Jésus prend Zachée chez lui. Il accueille son désir de le voir. Il l’exauce en s’invitant chez lui. Jésus s’invite chez tous ceux qui le désirent au plus profond d’eux-mêmes. De même que la personne aveugle s’est fait entendre, le plus petit se fait voir. 

Et aux yeux de Jésus, sans doute Zachée était, parmi tous les gens du pays, celui qui avait le plus besoin de lui. Parce qu'à sa manière, il exprimait sans un mot son besoin d'être guéri. Jésus aime ceux qui s’imposent à lui par leur fort désir de sa vie. Cela a de quoi réveiller le nôtre. 

Quand Jésus passera entre nos mains, c’est bien pour que nous soyons saisis dans notre plus beau désir, dans notre plus grand élan, et que Jésus nous regarde tels que nous sommes et vienne s’attabler chez nous. Sa visite ne laisse pas indemne puisqu’avec lui, la tablée s’agrandit. Ce bien que nous voulions pour nous-mêmes se multiplie sous l’effet de la rencontre et se déploie dans le partage. 

Jésus nous regarde. Ce faisant, il ne nous possède pas. Il nous renvoie l’image qu’il a de nous : aimés de lui, épicentre de son amour, maison choisie pour y demeurer. Et pour nous ouvrir à sa vie à lui, accueillante à tous, il ne cesse de passer et repasser guettant notre désir de le prendre chez nous. Et c’est aujourd’hui. 

Equipe Evangile@Peinture- M.M. Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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