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François-Dominique Roger

meditation

Gare à la mondanité spirituelle

27 Octobre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

L’évangéliste Luc introduit la parabole de Jésus que nous lisons ce dimanche en rappelant que « certains étaient convaincus d’être justes et ils méprisaient les autres ». Un constat toujours d’actualité dénoncé par le pape François au tout début de son pontificat. Dès 2013, dans l’exhortation apostolique « La joie de l’Évangile », François met en garde toute l’Église contre cette tentation qu’il appelle « la mondanité spirituelle ». « C’est une terrible corruption sous l’apparence du bien, convient-il, qui consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine et le bien-être personnel. » 

Inutile de stigmatiser qui que ce soit puisque nous pouvons tous y succomber, certes à divers degrés. La mondanité spirituelle se manifeste de différentes manières et sous de nombreuses formes. Le pape en décrit certaines dans son exhortation. Quant à savoir comment l’éviter, François recommande de « mettre l’Église en mouvement de sortie de soi ». C’est-à-dire, se centrer en Jésus Christ, évangéliser et servir les pauvres. Et plus encore, souligne le pape, « cette mondanité asphyxiante se guérit en savourant l’air pur du Saint-Esprit ». 

L’histoire du pharisien et du publicain est une invitation à discerner l’Esprit à l’œuvre dans notre vie et dans notre monde. Car l’Esprit ajuste notre regard sur nous-mêmes, sur le bien-fondé de nos engagements, sur la qualité de nos relations, sur notre propre mondanité… Mais nous avons de l’avance sur le publicain car, après Pâques, l’Esprit nous dévoile que nous sommes pécheurs pardonnés.

Equipe Evangile@PrionsenEglise - Karem Bustica – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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Sens liturgique

13 Octobre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #méditation

Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus est en route vers Jérusalem. Ce n’est pas anodin, car dans cette petite annotation, c’est l’orientation de tout son être qui se prépare à ce qu’il va vivre à destination. Tout ce qu’il vit en chemin participe de sa préparation et de celle des disciples qui marchent avec lui. 

En arrivant dans ce village, il rencontre en fait la réalité de ceux pour qui il est en train marcher. Et il y a comme un courant d’air qui l’annonce à l’avance, parce que ce sont les périphéries qui viennent à lui. Et elles connaissent son nom. Son nom le précède et ouvre l’espoir dans le cœur des exclus, des pestiférés. Son nom les autorise à l’appeler et leur donne pouvoir sur lui. Jésus ne les entend pas, il les voit. Pourtant ils crient. Alors que voit-il ? La distance imposée à ceux qui étaient condamnés à vivre en dehors de la ville, la misère, le mépris de ceux dont on ne peut plus supporter la vue et l’espoir ouvert par son passage. Jésus voit et cela change tout. 

Son cœur compatissant est sans limite. Il les restitue immédiatement à la vie sociale, en les envoyant à l’autorité qui va pleinement les réintégrer. C’est seulement en chemin qu’ils se retrouvent purifiés. A distance. Une distance qui ne les enferme plus mais au contraire leur redonne d’être libres. Libres même de Jésus qui les a guéris. L’histoire pourrait s’arrêter là. D’ailleurs, elle s’arrête là pour 9 de ces lépreux qui ne le sont plus. 
Mais l’un d’entre eux, le dixième, a saisi l’extraordinaire apparu dans sa vie, et il a voulu en remercier celui à qui il devait sa vie nouvelle. Magnifique liturgie intérieure qui déborde de cette nouveauté extrême et qui a besoin de le dire à celui seul qui est capable de le comprendre en profondeur et d’accueillir sa joie. Cet homme était un lépreux. Il est devenu un gracié et un joyeux parce que reconnaissant. La reconnaissance fait partie de la vie du croyant. Elle augmente sa joie car elle prend acte à tout moment des merveilles que Dieu accomplit sans cesse dans nos vies. La nôtre, celle des autres. 

La relecture fait de nous des croyants, des reconnaissants et des joyeux. Décidément, les samaritains ont bien des choses à nous apprendre. Il y avait un modèle de diaconie (le bon SamaritaIn). Il y a maintenant un modèle de liturgie doublé d’un modèle d’annonce de la foi. Quoi de plus communicatif qu’un joyeux miraculé humble et reconnaissant ?

Oui, nous avons bien des choses à apprendre des autres qui nous réorientent sur l’essentiel dans nos vies. Jésus ne cesse pas de nous prendre dans sa marche, de nous prendre dans son cœur compatissant qui non seulement guérit mais accueille la joie après la souffrance. Il nous garde, corps et sang, dans son mouvement pour que nous puissions vivre comme lui cette liturgie essentielle, notre marche vers le Père et prendre avec nous tous ceux que nous portons dans notre cœur sans laisser personne en périphérie. 

Equipe Evangile@Peinture- M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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Faire mémoire pour écrire l'histoirze

22 Septembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

« Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent. » Alors que le risque guette nos sociétés d’être soumises au marché, de ne plus pouvoir elles-mêmes se soustraire à sa loi, le prophète Amos, lu aujourd’hui, vient à point nommé nous rappeler que les premières victimes de la domination du tout marchand sont les plus pauvres, les plus faibles, ceux auxquels on peut tout vendre, jusqu’aux déchets. 

On s’indigne légitimement devant de telles pratiques mais nous savons qu’elles perdurent. Et l’on s’indigne encore davantage devant l’incohérence de vie : comment la stricte observance du sabbat et du repos qu’il impose cohabite-t-elle dans le cœur de l’homme avec l’appât du gain et le dessein de tirer profit du plus faible en le trompant ? Le sabbat ne transforme-t-il pas le cœur de l’homme ?

Le respecter ne sert-il pas à lutter contre la cupidité ? N’y a-t-il pas de lien entre le culte et l’éthique, entre « piété et dignité » ? « Écoute Israël » : le temps du sabbat est un temps à part, ordonné à la mémoire. Parce qu’en faisant mémoire, on raconte l’histoire ; et en narrant l’histoire, on contribue à l’écrire en s’y engageant. On s’en imprègne pour y être fidèle aujourd’hui et inventer demain avec audace. 

 

Au cœur du sabbat repose la fraternité et l’égale dignité de tous : fils, serviteur, immigré. Faire mémoire ensemble de la libération de l’esclavage engage dans la promesse commune de ne plus jamais « tolérer que les uns se considèrent plus dignes que les autres » (Laudato si’ 90) et qu’ils puissent tirer profit du plus vulnérable. 

Dieu qui est patient nous dévoile notre histoire et attend l’humanité sur le chemin creusé par la mémoire de celui qui s’est donné.

Equipe Evangile@Prionsenglise- Marie-Dominique Trébuchet- Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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Tout ou rien

8 Septembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Voilà une parole qui avait de quoi percuter. Ces grandes foules qui suivaient Jésus étaient sans doute là pour des raisons diverses. Nous imaginons sans peine ce qui pouvait bien les attirer. Cela fait longtemps que Jésus marche. Il parle, il guérit, il fait du bien. Il semble avoir quelque secret pour une vie heureuse. Rien que cela vaut le déplacement. 

Mais voilà que Jésus adresse à ces foules une parole très personnelle, une parole qui vient rejoindre chacun et chacune au plus intime. Sa parole jusque-là se laissait écouter et regarder, comme un spectacle qui n’engage pas. Mais maintenant elle se retourne et c’est elle qui nous regarde et nous écoute. C’est elle qui nous scrute et nous visite, nous discerne dans le tréfonds de nous-mêmes. 

Et ce faisant, elle nous dit ce qu’il en coûte de vivre réellement à la suite de Jésus. Elle nous montre ce qui rechigne en nous sur le chemin. Elle vient, brûlante d’exigence, mettre en jeu celui qui l’accueille. Et c’est jusqu’au bout, sans repos, sans réserve, sans limite. 

Cette parole que nous regardons ou que nous admirons de loin devient hors de prix. Qui peut se l’offrir et l’inviter dans sa vie jusqu’à être prêt à la perdre ? La parole prend tout parce qu’elle donne tout. Elle commence par la croix dont elle nous charge d’entrée. Cette croix de Jésus qu’il va embrasser pour être porté par elle. Le disciple est pris dans ce grand mystère. C’est la croix qui porte celui qui s’en charge, parce que l’amour a eu raison d’elle. L’amour l’a privée de son pouvoir de mort. Elle est devenue signe d’une puissance de vie à nulle autre pareille. Une vie reçue d’en haut à chaque instant, une vie suspendue à l’Esprit qui l’investit et l’envoie. Une vie qui ne connaît plus d’autres liens que cette immense liberté dans le souffle, puissance de vie jusqu’à mourir s’il le faut. 

Qui parmi nous veut de cette vie-là ? Celle de Jésus qui aime jusqu’à l’extrême et qui se retourne vers nous pour nous donner sa vie d’éternité. La parole nous regarde. Entrererons-nous réellement dans sa vie, corps et sang

Equipe Evangile@Peinture - M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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"Entrez, entrez!"

1 Septembre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

Le mois de septembre est signe de rentrée. Les enseignants diront en ces jours « Entrez » dans les salles de classe et autres lieux de retrouvailles. La réalité sera vite « palpable », comme dit la lettre aux Hébreux, il y aura même des cloches ou des sonneries. 

L’entrée dans la communion avec Dieu est d’une certaine façon moins « palpable » … Elle engage dans une communion avec les vivants, elle fait rejoindre Jésus, le médiateur de l’Alliance nouvelle. Elle demande humilité, c’est-à-dire un esprit d’écoute en méditant les maximes de la sagesse. Un beau programme d’année : avoir une oreille qui écoute. 

L’évangile rappelle une attitude tout aussi fondamentale : l’esprit d’humilité. Jésus s’est fait pauvre avec les pauvres. Il nous indique la place à prendre – y compris dans la formation scolaire, académique ou professionnelle qui reprend en septembre. Non, il ne s’agit pas de se mettre au dernier rang pour ne pas suivre les enseignements mais d’être dans la disposition intérieure de celui qui se prépare à vivre au service de l’autre, et en particulier des pauvres. Tout savoir accumuler au service de l’autre, et non de soi, sera un enrichissement pour tous. Et Jésus lui-même nous montrera le chemin. 

 

L’Évangile est parfois renversant. Jésus vivant dans cette proximité qui peut devenir aussi notre priorité appelle à « monter pus haut » dans un esprit de communion avec les pauvres. Alors quel esprit pour la rentrée ? Vivre pleinement la communion avec les vivants, y entrer jusqu’à rejoindre celui qui la donne. Il appellera au service des pauvres, au service de celui qui souffre. Ils sont nos maîtres. 

Equipe Evangile@Peinture- Père Scholtes, Prions en Église- Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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Unifier nos paroles et nos actes

25 Août 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Le chemin de la foi parait souvent difficile et exigeant car il traverse toutes les incohérences de nos vies. Il nous aide à tenir dans les épreuves et dans les doutes mais il parait aussi souvent surprenant par rapport à notre perception humaine de l’existence. 

Notre tentation serait de croire qu’avec la foi tout est facile, or nous faisons tous l’expérience de blessures et de souffrances qui troublent notre cœur et notre âme. Nous attendons du Seigneur qu’il écarte de notre chemin toute embûche et toute montagne à gravir. 

Pourtant bien des événements nous paraissent insurmontables et nous font vivre des expériences insoupçonnées. 

N’est-ce pas cela la porte étroite dont parle Jésus à ses disciples ? 
-    Tenir dans la foi au milieu de chaque jour. 
-    Vivre chaque instant, quel qu’il soit, avec cette confiance en Dieu qui connaît toute chose. 
Mais aussi chercher chaque jour à unifier notre vie à la mesure de nos paroles de foi. 

Si nous affirmons que Jésus est vivant, alors la mort ne peut nous anéantir. 
Si nous croyons que Jésus est présent chaque jour, alors le chemin de la vie est toujours éclairé de son amour. 
Si nous accueillons sa grâce comme une expérience de salut, alors les épreuves sont un chemin de croissance. 
Si nous accueillons son Esprit comme le Défenseur, alors nous n’avons pas à craindre de témoigner de lui. 
Si nous entendons la promesse de Dieu de tous nous rassembler dans son Royaume, alors nous nous accueillons mutuellement tous comme les enfants du même Père. 

C’est bien ce que nous dit Jésus, les paroles ne peuvent rester sans résonances dans notre manière de vivre l'aujourd’hui ; sans quoi elles sont des paroles en l’air et elles risquent de nous enchaîner dans l’illusion du bonheur. 

En Jésus, paroles et actes ne font qu’un ; en lui toute l’existence se dit et s’accomplit de manière totalement unifiée. Pour nous c’est en cela que se façonne notre vocation à la sainteté, dans cette recherche de l’unité intérieure pour correspondre toujours davantage au projet de Dieu pour le bien de tous. 

C’est le chemin de toute une vie

Equipe Evangile@Peinture - Père Pascal Sarjas - diocèse de Metz – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg 
 

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C'est ma paix que je vous donne

18 Août 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

La paix n'est pas une pure absence de guerre et elle ne se borne pas seulement à assurer l'équilibre de forces adverses ; elle ne provient pas non plus d'une domination despotique, mais c'est en toute vérité qu'on la définit « œuvre de justice ». Elle est le fruit d'un ordre inscrit dans la société humaine par son fondateur divin, et qui doit être réalisé par des hommes qui ne cessent d'aspirer à une justice plus parfaite. 

La paix n'est jamais chose acquise une fois pour toutes, mais elle est sans cesse à construire. Comme, de plus, la volonté humaine est fragile et qu'elle est blessée par le péché, l'avènement de la paix exige de chacun le contrôle constant de ses passions et la vigilance de l'autorité légitime. Mais ceci est encore insuffisant…. La ferme volonté de respecter les autres hommes et les autres peuples ainsi que leur dignité, la pratique assidue de la fraternité sont absolument indispensables à la construction de la paix. Ainsi la paix est-elle aussi le fruit de l'amour qui va bien au-delà de ce que la justice peut apporter.

La paix terrestre qui naît de l'amour du prochain est une image et un effet de la paix du Christ qui vient de Dieu le Père. Car le Fils incarné en personne, « prince de la paix », a réconcilié tous les hommes avec Dieu par sa croix, rétablissant l'unité de tous en un seul peuple et un seul corps ; « il a tué la haine dans sa propre chair ». 

Et, après le triomphe de sa résurrection, il a répandu l'Esprit de charité dans le cœur des hommes. C'est pourquoi, accomplissant la vérité dans la charité, tous les chrétiens sont appelés avec insistance à se joindre aux hommes véritablement pacifiques pour implorer et instaurer la paix…

Dans la mesure où les hommes sont pécheurs, le danger de guerre menace, et il en sera ainsi jusqu'au retour du Christ. Mais dans la mesure où, unis dans l'amour, les hommes surmontent le péché, ils surmontent aussi la violence, jusqu'à l'accomplissement de cette parole : « De leurs épées ils forgeront des socs de charrue et de leurs lances des faucilles. Les nations ne tireront plus l'épée l'une contre l'autre et ne s'exerceront plus au combat ».

Equipe Evangile@Concile Vatican II- Constitution sur l’église dans le monde « Gaudium et spes »-Image Bernadette Lopez-Fribourg

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Corps et âme

15 Août 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

N.D. de l'Assomption Bosment

 

Alors que la technologie et les sciences ne cessent de nous promettre un avenir illimité pour les humains, y a-t-il un sens à célébrer l’Assomption de Marie aux Cieux ? 

Aujourd’hui, l’Église nous rappelle que, comme Marie, la vocation de l’être humain est d’entrer en relation avec son Créateur. Le souffle de vie par lequel Dieu anime le premier homme et la première femme marque toute l’humanité de son image et à sa ressemblance. 

La Bonne Nouvelle c’est que nous ne sommes pas seulement des organismes biologiques complexes… mais bien des créatures appelées à partager la vie de leur Créateur. L’Église nous rappelle aussi que Dieu sauve toute la personne humaine, âme et corps. 

 

L’âme de Marie était peut-être exceptionnelle. La tradition affirme sa « conception immaculée ». Mais c’est libre et volontaire qu’elle a mis Dieu au centre de sa vie, par sa confiance, ses choix, sa fidélité. 
Et le corps de Marie ? Nous avons du mal à l’imaginer autrement que parfait et rayonnant. Pourtant, tout comme le nôtre, son corps a subi les marques du temps qui passe, du souci de ses proches, du service, de la souffrance, peut-être même de la maladie… 

L’Assomption de Marie vient confirmer notre destin glorieux dans notre âme et dans notre corps, aussi limité soit-il. Cette « résurrection de la chair » est un point central de notre foi. Célébrer l’Assomption de Marie aux Cieux nous donne l’occasion de réentendre l’appel à servir et louer Dieu de tout notre être, âme et corps, dans le service des plus pauvres. Et de renouveler la joie de nous savoir promis à un tel avenir

Equipe Evangile@Peinture - Karem Bustica – PrionsenEglise - Arcabas
 

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Heureux le serviteur !

11 Août 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

Heureux le serviteur que le maître trouvera en train de veiller ! En quelques mots, tout est dit de l’attitude de celui qui sert. Dans l’Évangile du 19e dimanche du temps ordinaire, le service est une béatitude, un chemin de bonheur pour celui qui s’y engage. Le Christ ne cesse de nous montrer ce chemin qu’il dessine pour nous et qu’il emprunte lui-même comme serviteur des serviteurs. Heureux êtes-vous si vous êtes serviteurs les uns des autres ! 

Le service est un état de veille permanent. C’est être toujours prêt, disponible, capable de réagir à l’appel de son maître, à l’urgence du moment, à l’appel du frère. Il n’existe pas, je crois, de plus belle image pour nous inviter à la disponibilité et à l’humilité et pour faire de nous des veilleurs, des hommes et des femmes plongés dans l’attente de Dieu. Revêtir l’habit du serviteur, c’est choisir de devenir veilleur.

Nul ne sait ni le jour, ni l’heure ! Pour le serviteur il ne peut être question de repos. Attendre Dieu, le veiller, le guetter, le chercher, c’est être capable d’attention à ce qui, en nous et autour de nous, devient soudain signe de sa présence et parole de l’Esprit. 

Grâce à la foi, le serviteur devient veilleur et, tout comme Abraham autrefois, le serviteur se met à l’écoute de Dieu et de sa parole. Il risque et engage sa vie et sa disponibilité. Il devient instrument du travail de l’Esprit. 

Revêtir la tenue de service, c’est travailler au monde nouveau que la Bonne Nouvelle nous invite à construire de nos mains. Grâce à la foi, le serviteur prend à son tour, lui aussi, le chemin de cette patrie des cieux que Dieu prépare pour son peuple. Le Royaume est là, ici et maintenant. La table dressée en est le signe. Notre vie ouverte en est le fruit

Equipe Evangile@Peinture Père Benoît Gschwind-PrionsenEglise-Peinture Bernadette Lopez -Fribourg

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Audace filiale

28 Juillet 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Méditation

Dans évangile de ce jour, nous voyons Jésus qui revient de prier. Ce n’est pas la première fois. Il le fait souvent. Mais c’est la première fois que l’un de ses disciples lui demande de transmettre son expérience. 

Voilà une nouveauté pour Jésus : il fait école. Et qu’est-ce que l’on découvre ? Que la prière c’est une parole adressée, tournée vers le Père. Elle le regarde et aspire à son avènement. Ce n’est qu’ensuite qu’elle prend le visage d’une demande communautaire. La prière est personnelle, mais elle prend soin de tous. Elle demande l’essentiel communautaire : du pain pour tous, le pardon et la fidélité dans l’épreuve. À remettre sur le métier chaque jour. La prière est cette intention quotidienne confiée au Père de vivre du don de sa manne, de son pardon qui relance les relations blessées et de sa protection dans l’épreuve. 

La force de la prière repose non seulement sur l’audace de celui qui demande, mais bien plus encore sur la bonté de celui qui la reçoit, et la puissance qu’il est prêt à donner à qui le demande. 
La prière nous met en prise directe avec le Père pour rien de moins que l’avènement de son Royaume qui passe par le cœur de chacun. La prière ouvre durablement la porte de la communauté pour y planter les germes de l’amour et de la réconciliation. 

La prière est notre respiration commune. Regarder le même Père, emprunter les mêmes mots, nourrir le même désir, c’est peu à peu se ressembler de l’intérieur et échapper à la superficialité des relations et à l’épidémie des affinités. « Dieu nous aime ensemble » dit frère Christophe, moine de Tibhirine. 

Et si la prière le prenait au sérieux dans son grand désir que nous soyons un sous son regard ? A ne jamais perdre de vue puisque la prière nous rend la mémoire. C’est le Père qui est source de tout don : nourriture, pardon, persévérance dans l’Esprit. Jésus l’a vécu corps et sang. L’audace de sa prière nous conduit aujourd’hui à croire ce que nous demandons pour le recevoir : pain et vin, vie offerte à tous. 

Equipe Evangile@Peinture – M.D. Minassian 
 

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