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François-Dominique Roger

meditation

Pâques initiale

5 Mai 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #méditation

Nous sentons bien au début du récit dans l'évangile du 3e dimanche de Pâques, l’atmosphère déprimée des disciples, un peu perdus, qui restent ensemble sans trop de conviction. La pêche elle-même est infructueuse. Pas de quoi tirer les esprits de leur morosité... Mais une présence sur le rivage va tout changer. De morts qu’ils étaient, ils vont accueillir la vie foisonnante née d’une parole qui les a rejoints pour les tirer de leur marasme. Il n’y a que lui pour créer une telle explosion de vie. C’est sa marque. Tous le savent. Cette expérience est inscrite dans leur histoire, dans leur cœur. Ils ne peuvent se tromper. Que se passe-t-il ? 

Ils sont en train d’être baptisés dans cette vie nouvelle que Jésus a reçue de son Père. De nouveau, il ne retient rien de lui. La profusion est son style de vie. Il n’en faut pas plus pour Pierre qui plonge et va à la rencontre de celui qui avait tellement donné sens à sa vie. Il fait ainsi fi de sa mort et part vers sa vie. 

Sur le rivage le repas fait lui aussi écho à cet autre à la veille de mourir au cours duquel il avait donné un ultime enseignement à ses disciples. Pierre vit sa Pâque : Jésus l’amène à la vérité de son désir d’aimer, à sa fragilité embrassée, pardonnée et envoyée. Qu’est-ce que sera sa vie désormais ? Il dressera comme Jésus la table du festin du Royaume et y invitera tous ceux qu’il croisera. L’amour plus fort que la mort, il l’a vécue dans sa chair. Rien de théorique. C’est l’amour l’aliment de toute vie. Pierre a retrouvé le sens de sa vie, et il va y entraîner désormais tous ceux qu’il va croiser. 

Nous aussi, reprenons sens. La Pâque à vivre est bien la nôtre ici aujourd’hui. Cela se passe autour d’une table. Une parole, un peu de pain et de vin. C’est Dieu tout entier qui continue de se donner, de nous dire son amour pour qu’il nous porte plus loin. Va, suis-moi. Le baptême c’est maintenant. Plongeons dans sa Parole, vivons de ce qu’il nous donne sur le rivage et faisons fi du passé infructueux. Accueillons la vie en abondance que nous offre le Ressuscité qui nous précède sur nos chemins ! 

Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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Merci pour tes doutes

28 Avril 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Oui, merci Thomas pour les doutes que tu exprimes dans l’Evangile de ce jour. Ils rejoignent bien des hésitations et des incrédulités qui nous habitent. Nous comprenons ton besoin de preuves pour asseoir tes convictions. Nous mesurons combien affirmer la rencontre du Ressuscité demande une démarche de foi qui ne peut pas s’appuyer sur des preuves mais sur des témoins. Il s’agit de sortir de ses peurs, de ses enfermements, d’ouvrir les verrous et les portes pour recevoir l’Esprit de paix qui permettra de pousser ton cri de foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

C’est au cœur d’une rencontre que Jésus ressuscité se révèle. C’est le premier jour de la semaine, jour de la Résurrection, que la communauté rencontre celui qui va faire son unité et de qui elle va recevoir sa mission : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » 

Nous venons de vivre, la semaine dernière, les fêtes du mystère pascal, mort et résurrection du Seigneur. En ce dimanche, nous avons à prendre position pour vivre à frais nouveaux le premier jour de la semaine. Le dimanche est toujours un jour nouveau à célébrer, c’est la résurrection du Seigneur, hier, aujourd’hui et toujours comme nous le chantons dans l’anamnèse ! Comment faire de nos dimanches, un premier jour toujours neuf, jour où la communauté prend corps, se nourrit de la Parole et se laisse envoyer en mission par le Ressuscité ? Ne banalisons pas nos dimanches et donnons-leur une vie et un contenu qui témoignent de notre foi et de notre joie de la Résurrection. 

En ce 2e dimanche de Pâques, accueillions l’amour de Dieu, rendu visible, tangible par le signe de la Croix. C’est là que Dieu nous aime jusqu’à l’extrême. En se mettant au rang des malfaiteurs, en « se faisant péché pour nous », Jésus témoigne que personne n’est exclu de la miséricorde divine, que nous célébrons aujourd’hui.

Equipe Evangile@Peinture -Père Pierre-Yves Pecqueux – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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Mort a décharge

14 Avril 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Aujourd’hui, c’est le jour où nous entendons les cris d’acclamation de Jésus lors de son entrée à Jérusalem, par la foule de ses disciples, et les cris du peuple réclamant sa mort et la libération à sa place de Barrabas. C’est le jour où nous voyons Jésus vivre avec intensité ses derniers moments et accomplir sa Pâque, tandis que l’un de ses plus proches, mangeant avec lui, allait le trahir et le livrer, et que les autres discouraient et se divisaient à propos de leur rang. 

C’est le jour où nous voyons Jésus lucidement accorder sa confiance et missionner Pierre tandis que les velléités de courage de celui-ci seront mises à mal par l’épreuve du témoignage. 
C’est le jour où nous voyons Jésus dans l’angoisse, déjà abandonné par ses proches accablés de sommeil. 
C’est le jour où nous voyons Jésus ne compter que sur le Père, quand d’autres se saisissent de l’épée. 
C’est le jour où Jésus laisse les ténèbres l’emporter, l’accuser, le condamner, l’injurier, le bafouer, le supplicier, le mettre en croix. 
C’est le jour où nous voyons Jésus demander pardon pour tous ceux-là qui ne savent pas ce qu’ils font. Derniers mots de son humanité réduite désormais au silence. 

C’est le jour où nous voyons Jésus mourir. Sa Pâque est accomplie et nous en voyons les premiers fruits. Un centurion touché par la mort de cet homme juste. Premiers mots de vérité d’une humanité sauvée. Nous voyons une foule s’en retourner en se frappant la poitrine. 
Nous voyons un membre du Conseil qui s’était désolidarisé de tout cela venir prendre soin du corps de Jésus et lui offrir une sépulture digne. 
Nous voyons les femmes en attente de pouvoir s’occuper de son corps avec les aromates qu’elles avaient préparé. 

Silence de ces actes qui parlent de ce que la violence n’a pas réussi à détruire. Jour de contrastes où le meilleur et le pire de l’homme se côtoient. Tout est assumé. La vie n’est pas réduite au silence. Elle poursuit son œuvre. Pour le moment, la vie prend soin de la mort. Elle ne voit rien d’autre. Jésus, le roi des juifs, est mort. 

Mais il a semé sa vie en parcourant la Galilée, en enseignant, en guérissant, en pardonnant. Entrons donc dans cette grande semaine pour revivre avec lui cette mort et ces ténèbres qui paraissent toujours l’emporter, mais regardons la vie semée. Jésus vient pour la moisson. Que voyons-nous de ce récit dans nos vies ? 

Equipe Evangile@Peinture- M-D Minassian- Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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La force de la nouveauté

7 Avril 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

« Voici que je fais une chose nouvelle » dit le Seigneur en Isaïe. Et d’ajouter « Elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » Le Carême est un chemin qui conduit à Pâques. Là, tout sera neuf, dans une vie nouvelle. 
Ce chemin n’est pas une petite route de montagne à arpenter tranquillement en balade touristique. « Je cours vers le but » dit saint Paul. Au prix du but à atteindre, saint Paul renonce à tout. 

La vie chrétienne n’est pas non plus la simple routine d’un agenda des fêtes religieuses dont on tournerait les pages, semaine après semaine. Elle est l’audace de croire au neuf, radicalement neuf, le choix de renoncer à ce qui empêche d’aimer et d’être aimé. Un élan que nous ne soupçonnons peut-être pas, un mouvement intérieur nous fait aller de l’avant, quelle que soit notre force ou notre fragilité naturelle. Que nous soyons vaillants ou fragiles, dans nos santés physique et morale, dans notre vie spirituelle, dans nos situations économiques ou politiques, c’est du côté de l’amour qu’il faut regarder, comme une force motrice. 

Et l’évangile de ce dimanche nous le montre bien. Une femme aurait pu être lapidée selon les pratiques de la Loi. Elle n’est finalement condamnée par personne. Ni par Jésus, ni par les anciens présents. 

La force du pardon, reçu et donné, transforme radicalement les êtres. Prendre conscience de son péché, c’est avant tout prendre conscience du pardon déjà reçu. Face à ce don, certains s’avancent. D’autres s’en vont. Pourtant, Jésus est si clair : « Va, et désormais ne pèche plus » Rien n’est banalisé. Jésus rend à l’amour la force créatrice grâce à laquelle cette femme a de nouveau accès à la plénitude de la vie et de sainteté qui vient de Dieu. Comme la nôtre.

Equipe Evangile@Peinture - Méditation Père Tommy Scholtes – Peinture Benrnadette Lopez – Fribourg
 

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Bien plus qu'une affaire de famille

31 Mars 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

L'évangile de ce jour, appelé généralement la parabole du fils prodigue, nous parle en réalité d'un père et de ses deux fils :

-    le fils le plus jeune n'est pas seulement « prodigue » c'est à dire follement dépensier, mais égoïste et ingrat. Il part avec la moitié des biens du père et il part sans projet de retour. Il revient uniquement à cause de la misère où il est tombé, n'imaginant rien d'autre qu'un emploi de salarié chez son père.

-    le fils aîné lui aussi semble se considérer comme un simple employé de son père ; il se montre jaloux de son frère et très rancunier à son égard.

-    le père lui, n'a jamais oublié celui qui est parti et a toujours espéré son retour. Il l'accueille sans reproche et lui rend tout de suite sa confiance. Et il invite l’aîné, avec lequel il partage tout, au même pardon et à la même joie.

Plus que le fils prodigue, le personnage principal c'est le Père, en qui nous sommes invités à reconnaître Dieu lui-même :

Jésus, « que les publicains et les pécheurs viennent tous écouter », Jésus « qui leur fait bon accueil et qui mange avec eux » raconte cette parabole pour justifier son comportement : il ne fait rien d'autre qu'adopter le regard de son Père.

-    A ceux qui se reconnaissent dans le fils prodigue, Jésus leur annonce le pardon sans limites.
-    A ceux qui condamnent sévèrement les autres, Jésus les invite à la miséricorde.

Que d’attentes et de souffrances sont ainsi vécues ! Dans la durée, avec une dégradation des états de vie, le père comme le fils cherchent des signes d’espérance. Le père et le cadet vont réinventer une relation nouvelle. Plus question d’héritage, plus question de rester dans l’ignorance de l’autre, il s’agit de réapprendre à vivre ensemble dans une vérité nouvelle de l’amour : le pardon, ce don au-delà de l’attendu. La fidélité du frère aîné n’est pas en cause, il se situe dans le droit, ses droits, sans établir une communication avec son père et son frère… 

Entrer dans les retrouvailles demande un abandon qui ouvre à l’amour et l’amour est toujours un choix. C’est le choix du Père prodigue d’amour qu’il nous faut oser !
« Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ » écrit St Paul. « Il n'a pas tenu compte de nos fautes...Laissez-nous réconcilier avec Dieu ».

Equipe Evangile@Peinture - Père P-Y Pecqueux – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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Porter enfin du fruit

24 Mars 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

On croirait cette page d’évangile de ce dimanche 24 mars 2019 sortie tout droit de notre actualité. Des centaines de personnes périssent chaque jour de manière dramatique dans des intempéries ou assassinées. Nos journaux sont remplis de ces actualités. Sont-ils donc coupables ?

La réponse de Jésus ne pointe pas tant sur la fatalité que sur l’état dans lequel on se trouve au moment de la mort. Jésus renvoie ceux qui viennent le questionner avec une autre question comme souvent... Morts ou vivants ? Sommes-nous réellement des vivants, ou bien sommes-nous déjà morts, coupés de la vie par le péché qui nous étreint ? C’est le moment de vérité. Le critère qui montre que nous ne sommes pas spirituellement morts, ce sont les fruits d’amour que nous portons. Il n’y a que l’amour qui nous mette en vie et qui transmette la vie. 

Le péché, c’est tout ce qui porte atteinte à la vie et à l’amour. Personne n’est exempt de cela. Mais vouloir faire grandir l’amour dans notre vie, voilà ce qui est à notre portée à chaque instant et qui devrait constituer le vrai combat dans nos vies. 

N'attendez pas à demain pour vivre l'essentiel. La mort peut venir nous cueillir à chaque instant. Cela ne doit pas nous faire peur mais au contraire donner de la valeur à chaque seconde que nous vivons. L’important c’est que nous soyons jusque-là des vivants ! Ne passons pas à côté de notre vie si précieuse et donnons à l’amour toute sa place. Chassons ce qui l’empêche de se déployer en nous, et offrons ainsi à ceux qui nous entourent ces fruits de vie qui libèrent l’envie d’aimer plus loin. 

Le vigneron, c’est le Christ, sans cesse il nous invite à nous convertir. En ce début de printemps, prions le Christ de bêcher notre cœur, d’y mettre l’engrais de sa Parole pour porter enfin du fruit.

EquipeEvangile@Peinture M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez  - Fribourg
 

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Pleine Lumière

17 Mars 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Il y a des moments forts dans une vie. Pour les trois disciples, accompagner Jésus qui va prier, cela en fait certainement partie. Mais ce qu’ils ont vu et entendu dépasse leur entendement. Pierre d’ailleurs essaie de reprendre le contrôle, de mettre la main sur ce moment inouï. Mais les mots s’évaporent tant ils sont loin de ce qui est en train de se vivre. Ils n’ont pas le poids de ce réel de lumière. Ils ne veulent que le retenir sans y entrer vraiment. Cependant, la prière de Jésus va leur faire vivre l’expérience de toute prière, c’est-à-dire l’entrée dans une perspective nouvelle et dans une parole. 

La prière introduit dans une histoire, dans l’histoire sainte, dans l’Alliance. Par la prière, on rejoint l’expérience de tant d’autres en marche vers le Royaume depuis les Patriarches. Le Je est rejoint par un Nous qui le précède. Le peuple de Dieu nous prend dans sa clameur, nous porte dans l’espérance des promesses de Dieu. 

Et puis la prière c’est l’expérience d’une parole. Pas une parole extérieure, mais une parole qui nous fait entrer en elle, qui nous prend “sous son ombre” et nous invite à l’écoute du Christ. Une parole paternelle qui fait silence et prépare le chemin du Verbe. Une parole qui dissipe toute autre parole et concentre toute l’attention sur Jésus. Parce que Jésus est le Verbe, la Parole du Père pour les hommes. Ce qu’il à dire, il a commencé à le faire. Les mots qu’il prononce sont pleins de tous ses gestes qui accompagnent ses rencontres. Ses mots sont à voir. Ils coïncident. Mais la parole qui vient surpasse toute parole. Elle va se dire à Jérusalem. C’est tellement fort qu’il faut préparer les plus proches. Leur donner à comprendre à posteriori... c’est l’histoire qui est en chemin. Une histoire qui remonte à loin et qui va embrasser loin. Jusqu’à aujourd’hui et demain. Ce sont tous les temps qui ont été traversés par cette pleine lumière. Le Verbe n’est contenu par rien. C’est lui qui nous contient, nous prend avec lui pour nous offrir sa lumière sur toutes choses. C’est lui qui nous fait participer à sa vie et à sa sagesse, à son éternelle présence à la vie des hommes. 

Puissions donc en ce carême entrer dans l’expérience de la prière, de la lumière du Christ sur la vie et les choses. La liturgie de la Parole ne nous conduit pas ailleurs que dans cette proximité du Christ s’offrant aujourd’hui comme hier, transfigurée  pour la vie du monde. 

Equipe Evangile@Peinture- M.-D. Minassian-Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

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Adversaire véritable

10 Mars 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

C’est le carême qui s’est ouvert cette semaine. Et la page d'Evangile de ce dimanche centre notre attention sur ce qui est au cœur de la vie chrétienne, non comme son centre de gravité, mais comme un risque permanent. 

Le véritable centre de gravité de notre vie, c’est l’Esprit Saint. Jésus en a été rempli à son baptême et c’est sous sa conduite qu’il s’avance au désert. Que va-t-il y vivre ? L’épreuve de la tentation par le diable. L’adversaire véritable est dévoilé immédiatement. L’adversaire dans toute vie spirituelle c’est le diable, le diviseur qui ne cesse d’utiliser le pouvoir de suggestion pour capter le désir et le détourner de l’essentiel. Jésus ne s’y trompe pas. 

La première tentation est le détournement de son identité. Sa qualité de Fils de Dieu ne dépend pas de capacité à faire des miracles, mais de son lien avec son Père. Voilà la vraie nourriture du Fils « L'homme ne vit pas seulement de pain ».

La deuxième tentation utilise le besoin de posséder pour détourner Jésus de cette relation fondamentale. Mais Jésus est tourné vers le Père, et personne, ni rien d’autre « c’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte ».

La dernière tentation vient mettre en doute le Père lui-même et sa capacité à le protéger. Là encore, Jésus trouve son bouclier dans la Parole « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ».

La triple tentative de détournement de Jésus au début de son chemin a échoué. Un autre rendez-vous, au final de sa route, est fixé. Que vaut une résistance quand sa propre vie est en jeu ? Le chrétien est ainsi réveillé. Le réel adversaire se tient sans cesse “accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer”. Le diviseur est à l’œuvre. Mais l’Esprit Saint est en nous, comme notre cœur battant, comme cette force appelante en nous notre meilleur profil : enfants de Dieu, nous le sommes. Reste à agir comme tels. 

Demandons donc les uns pour les autres en ce début de carême la grâce de la cohérence filiale. Recevons-la dans le témoignage d’une Bonne Nouvelle de Jésus, et retrouvons les énergies du combat spirituel permanent que nous impose le diviseur. Car il n’a pas d’autre pouvoir que celui que nous lui donnons. Dans la lumière, sans nous éblouir, converti-nous à Ta simplicité.

Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg- fnp édition Anne Wouters
 

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Trésor intérieur

3 Mars 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

Le bon comme le mauvais peut déborder du cœur, dit Jésus. La bouche en sera le témoin. Tour à tour consolantes et encourageantes ou blessantes et mensongères, nos paroles signent les contradictions de notre cœur. Mais si ce dernier est rendu mauvais par le péché, il possède un trésor de bonté qui le sauve : savons-nous le reconnaître ? Comme une source intérieure bienfaisante, le Christ est ce trésor qui dilate notre cœur. La paille et la poutre décrivent alors ce lien entre le péché et le Christ. 

Si mon œil est obscurci, s’il ne voit pas le trésor agissant du Christ en moi, c’est qu’une poutre intérieure lui en interdit la vue. Là réside notre plus grand danger et la première urgence : redécouvrir la présence de celui qui guérit de tout mal. Nous verrons alors clairement que le péché du frère est une broutille par rapport au trésor qui habite son cœur, simple paille dans un œil au fond duquel je vois briller la configuration au Christ qui est image de Dieu.

En Christ, le cœur, la bouche et le regard mauvais sont engloutis par le trésor de sa présence. Un mot n’est pas dit mais traverse ce mystère : charité. Présence d’amour du Christ, lumineux trésor de sa miséricorde.  Paul en montre la racine : la mort elle-même a été engloutie dans la victoire du Christ. Offerte à tous les hommes, cette victoire de l’amour rend caduque la loi extérieure qui stigmatise les poutres de nos frères. 
Sans victoire finale, le péché n’est alors plus qu’un aiguillon passager, une simple paille dans leur œil. Ne subsiste qu’un débordement de miséricorde qui nous fait prendre « une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur ».

Dans trois jours… le Carême
Chaque année, ce temps revient pour faire la vérité sur soi, se convertir… le temps de revisiter la qualité des fruits de notre arbre personnel qu’il faudra probablement élaguer, soigner, comme la nature au printemps, en vue d’une récolte nouvelle et plus prometteuse. Si une poutre obscurcit le regard, ce sera le moment de l’ôter de notre œil pour voir plus clair, et renouveler nos forces réelles d’humilité, de charité fraternelle et de vérité avec nous-même.

Equipe Evangile@Peinture Père Nicolas Taralle-PrionsenEglise- Peinture Arcabas

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Conversion du mal

24 Février 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #Meditation

demander pardon

C’est la pointe de la vie chrétienne qui est ici formulée, dans l'Evangile de ce jour. La charte de l’amour trouve son expression la plus concrète. Aimer, souhaiter et faire du bien à ceux qui nous haïssent et maudissent, prier pour ceux qui nous calomnient, et nous enlèvent ce que nous avons. Le mal doit pouvoir trouver plus fort que lui parmi les fils du Très-Haut. La chaîne si puissante du mal doit pouvoir être rompue par la puissance lumineuse de celui auquel il s’attaque. Le mal doit pouvoir être transformé en bien. 

La vraie mesure
C’est le rôle du chrétien d’exercer sa puissance d’aimer sur ceux qui sont soumis au mal qu’ils commettent. Pour les libérer de ce pouvoir, il faut l’amour vainqueur, l’amour du Christ qui a transformé la croix en signe de reconnaissance et de victoire. Victoire de l’amour sur la haine, de la vie sur la mort. Le combat véritable est en soi. L’ennemi n’est pas l’autre mais le mal qui le tient captif. Exerçons donc notre pouvoir libérateur en aimant, et désamorçons ainsi le pouvoir du mal sur les autres et nous-mêmes. Ne quittons pas la source de l’amour en nous. 

Jésus, image du Père
Le Christ n’a eu de regard que pour le Père dont il recevait l’amour à chaque instant.
Il faudrait relire en filigrane quelques paraboles… le retour du fils perdu, le berger à la recherche de la brebis perdue, le patron qui paie à plein temps ses ouvriers quelle que soit l’heure d’arrivée…
Jésus accomplit entièrement sa mission, lui le Verbe, l’Image parfaite du Père, le Saint de Dieu… Lui qui meurt sur la croix en priant : « Père, pardonne-leur ».

Argile et Ciel
Argile, nous sommes, à l’image d’Adam et nous restons, mais déjà pris dans une puissance d’amour qui nous dépasse, celle qui vient du Père. Ne quittons pas la source du spirituel en nous, à l’image de celui qui vient du ciel.
Recevons l’indescriptible grâce des sauvés, et laissons-nous envoyer pour convertir le mal dans la démesure de l’amour du Père. 

Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian- Peinture Arcabas
 

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