meditation
La Nativité du Seigneur
Cette nuit, près de la crèche, c'est une naissance que nous avons célébrée. Celle de Dieu dans notre histoire. Mais aussi celle de son histoire dans notre temps. Désormais tout ce que nous disons de Dieu, parce qu'il a voulu naître et partager notre humanité, peut se dire de l'homme. Une naissance comme un mariage. L'humanité s'en trouve bouleversée. En elle a été semée une Lumière. Une trace repose en chacun et chacune.
Sa naissance est notre naissance. Nous sommes nés de lui. Sa clarté est notre présent et notre avenir. Cette nuit, notre nuit a été percée par sa présence. A ceux qui croient, il a été donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu. Et nous le sommes... Désormais nous marchons à sa Lumière.
Marie en acceptant que se fasse la volonté de Dieu en elle est née de lui. Fille de Dieu, accueillante à sa vie en elle. Que tout se fasse... Marie nous montre ce que peut donner le temps, notre temps quand il s'ouvre à la volonté du Dieu vivant. Le Verbe se fait chair. Sa Lumière prend notre chair pour se dire.
Cette nuit nous avons remis notre désir de vivre et d'aimer au pied de la crèche. Tout est là. Dans notre désir. C'est déjà notre réponse à son grand désir que nous ayons sa vie. Il s'accomplira au pied de la croix, où nous apprenons que l'amour est don.
Puissions-nous en jour de Noël ressourcer nos existences à la source de notre histoire: au cœur même de Dieu qui nous a conçus. Puissions-nous y trouver l'élan quotidien pour devenir les témoins incandescent de la Lumière de Bethléem.
Extrait Equipe Evangile@Peinture
Photo de la crèche des réfugiés chrétiens à Irbil ( Kurdistant irakien )
L'esprit Saint viendra sur toi et il te prendra sous son ombre
Dans la première lecture d’aujourd’hui, David veut construire un temple à Jahvé : «nous voyons que Dieu refuse.» … Dieu ne veut pas se laisser enfermer dans un temple de pierre. David aimerait offrir à Dieu une demeure stable, un espace sacré, alors que le Seigneur se veut nomade avec son peuple, il veut l’accompagner partout où il se trouve.
À Noël, nous célébrons le Dieu qui se cherche une demeure. Le contraste entre le projet de David et celui de Marie devient évident. Marie reçoit Dieu dans son humble maison de Nazareth et lui permet d’habiter en elle. Elle devient alors la nouvelle arche d’alliance, le nouveau temple de Dieu. Saint Paul pourra écrire sans hésitation aux chrétiens de Corinthe: « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit habite en vous ? Le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous ! ».
Luc, dans son évangile, utilise l’image de la «nuée», de «l’ombre», signe de la présence de Dieu. « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre». L’Esprit qui vient sur Marie, le jour de l’Annonciation, engendre maintenant une nouvelle création, dans laquelle Dieu ne veut pas être mis à part, être enfermé dans un lieu sacré.
Il entre dans notre monde en clandestin, en sans-papier. Il veut être près de nous pour savoir exactement ce qui se passe dans nos maisons et dans nos cœurs. Il préfère vivre dans la confusion de nos vies quotidiennes.
Dieu s’invite dans nos maisons, comme il le fit chez Marie. Nous pourrons alors le conduire un peu partout, dans le monde vraie, particulièrement les grottes de chez ceux et celles qui souffrent, chez ceux et celles qui ont le plus besoin de notre aide : les malades, les personnes âgées, les jeunes aux prises avec des problèmes de drogues, les sans travail, les sans foyer, les personnes seules, etc. C’est ce qui s’est passé avec Marie. Une fois qu’elle eut prononcé son « oui » « qu’il me soit fait selon ton désir ». Elle quitta son village « en hâte » pour visiter sa cousine Élizabeth qui, elle aussi était enceinte, et avait besoin d’assistance. Marie voulait ainsi partager sa grande joie et ses préoccupations comme future mère...
Chez Marie, le Seigneur a trouvé un accueil chaleureux : « Que tout se passe pour moi selon ta parole». Espérons qu’il en soit ainsi chez-nous en cette fête de Noël. Le mystère de l’Incarnation n’est pas simplement un anniversaire de naissance. C’est une invitation à partager la vie même de Dieu dans notre vie de tous les jours.
Extrait méditation - Père Yvon-Michel Allard, Granby, Canada.
L’annonciation - Peinture Arcabas
Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas
En ce 3éme dimanche de l’Avent, l’évangéliste saint Jean nous montre Jean Baptiste comme le « témoin de la Lumière ».
Jean Baptiste pointe vers le Christ, la «lumière du monde», et il ajoute que nous ne connaissons pas très bien ce Jésus, messie et sauveur : «Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas»... Nous sommes invités à le découvrir ou à mieux le connaître. Cela demande un effort particulier, ça ne vient pas tout seul. Pour y arriver, il faut y mettre le temps, prier, écouter les évangiles, réfléchir, méditer, lire certains écrivains chrétiens qui nous aident à mieux connaître la personnalité de Jésus.
Dans le désert de nos cœurs, dans le désert de notre monde, nous sommes étrangers et pèlerins et la figure du Baptiste peut nous rejoindre : elle est comme une lampe discrète qui brille dans la nuit et annonce une aurore qui n’aura pas de couchant.
Pendant ce temps de l’Avent, apprenons à découvrir celui qui se tient au milieu de nous et que nous connaissons mal, tournons donc notre regard vers celui que Jean Baptiste annonce : Jésus, le messie, Dieu avec nous. Partageons cette Lumière qui vient de Bethléem et propageons la Joie de croire, dans nos familles, nos quartiers, nos célébrations et tous nos lieux de vie…
Réjouissons-nous car Noël est tout près. Réjouissons-nous, parce que le Christ vient vers nous. Il est notre Emmanuel, c’est-à-dire le Dieu-avec-nous.
Désormais, il nous revient à chacun individuellement et en tant que communauté chrétienne, d’imiter Jean Le Baptiste en montrant au monde un Christ, lumière des peuples, à faire connaître à tant d’autres Celui qui est au milieu de nous.
Viens, Jésus ! Viens au cours de nos célébrations de l’Avent éclairer nos cœurs et raviver cette flamme que nous avons reçue à notre baptême ! Viens regermer la terre par ta clarté dans le monde et faire resplendir sur le visage de tous, la liberté, la fraternité et la miséricorde annoncées, pratiquées, vécues, vécues ensemble...
Extrait méditation - Père Yvon-Michel Allard, Granby, Canada.
Préparez le chemin du Seigneur !
Les trois lectures de ce deuxième dimanche de l’Avent nous invitent à bien nous préparer à la venue du Seigneur. Isaïe souligne le besoin «d’aplanir le chemin, de combler les ravins, de redresser les passages tortueux», Pierre et Jean Baptiste ajoutent qu’il est important de «convertir notre cœur». Il nous faut «embellir» notre maison pour bien accueillir le Seigneur.
Jean n’est pas allé au désert pour s’assoir en silence. Il a vécu une conversion profonde et il invite les autres à en faire autant. Il sait que le contact avec Dieu peut transformer notre vie et nous redonner la joie et l’espérance.
Le désert peut prendre des formes différentes : un lieu retiré où il devient possible d’entendre ses voix intérieures, une église et sa communauté chrétienne qui nous invitent au recueillement et au partage, un groupe de réflexion où l’on construit avec d’autres notre vision du monde, un site Internet qui ouvre des nouveaux horizons et nous met en contact avec d’autres chercheurs de sens, une œuvre d’art ou un concert musical qui nous amène à aller plus loin au dedans de nous-mêmes, etc.
Le désert est l’endroit qui nous permet de diminuer le volume des bruits discordants qui nous agressent de toutes parts. C’est l’environnement qui nous met en position d’écoute, de veille et d’attente.
Noël est la fête de la venue de Dieu parmi nous : «Préparez les chemins du Seigneur, aplanissez sa route». Sans cet effort, nous risquons de nous laisser prendre par le clinquant des grands magasins et de rater complètement la venue du Seigneur. Comme le dit Jean baptiste, Dieu viendra chez-nous si nous lui préparons le chemin.
Sur la route de notre vie, le temps a multiplié les trous, les bosses, les nids de poule. Il y a des courbes trop raides et des dénivellations trop accentuées. Il s’agit donc de redresser, aplanir, réparer, illuminer, repaver. Nous sommes invités aujourd’hui à regarder notre vie pour voir ce qui doit être amélioré ou refait à neuf, afin de permettre au Seigneur d’arriver jusqu’à nous. Qu’est-ce que nous pourrions changer pour être plus fraternel, plus chrétien, plus humain ?
L’Avent est un temps d’attente, de préparation, de conversion. Il s’agit pas de tourner le dos au passé, mais de miser sur le présent et sur l’avenir, de changer la vision que nous avons de nous-mêmes, afin de devenir meilleurs. C’est une affaire de cœur, une invitation à « préparer les chemins du Seigneur ».
Extrait de la méditation sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard -Granby au Canada - Graphisme Michelle Biborade
Veillez, car vous ne savez pas quand le maître reviendra
L’Avent est une période d’activités, de préparation et d’attente. Noël approche! Dans la vie, les moments qui précèdent les événements importants sont pleins de fébrilité et de mouvements : les fiançailles, la naissance d’un enfant, le retour d’une personne chère, les résultats d’une recherche, l’aboutissement d’un projet…
Il nous faut être vigilants et bien utiliser le temps qui nous est accordé. Il nous faut profiter du moment présent pour rendre notre monde plus humain, plus beau, plus «vivable».
Saint Paul utilise un langage imagé pour parler de la vigilance. Il nous invite à nous « arracher au sommeil ». C’est comme si nous étions en danger d’engourdissement.
L’Avent c’est une période pendant laquelle nous sommes invités à mettre de côté notre tiédeur, notre paresse, notre médiocrité spirituelle. Jésus nous voit comme une maison où l’on veille, une maison aux fenêtres éclairées quand toutes les autres sont dans le noir : «prenez garde, veillez !»
Aujourd’hui, il nous faut parler d’une Église vigilante, c’est-à-dire une communauté pleinement consciente de ses responsabilités et désireuse de vivre selon les valeurs proposées par le Seigneur. «Veiller» révèle la tendresse que nous avons pour ceux et celles que nous aimons.
Veiller, être prêts, bien utiliser le temps qui nous est donné! Si aujourd’hui nous avions à rencontrer notre créateur, serions-nous prêts? C’est la question que nous pose l’Avent… non pas pour nous effrayer mais pour nous inviter à utiliser de façon responsable le temps qui nous est donné.
On dit souvent que la religion nous empêche de vivre le moment présents, en attendant le ciel, en attendant la mort. C’est tout le contraire! Le christianisme nous invite à être vigilants et actifs maintenant, chaque jour.
Dieu nous fait confiance. Il nous invite à une vigilance active et constante. C’est une belle et importante responsabilité ! De cette vigilance dépend la qualité de vie de notre famille, de notre Église et de notre monde. Dieu «nous a donné tout pouvoir», il nous fait confiance et il compte sur nous.
Veillons, car vous ne savez pas quand le maître reviendra
Extrait des réflexions sur l'évangile par le Père Yvon-Michel Allard - Canada
Image Evangile et peinture - Berna Bernadette Lopez- Suisse
Fête du Christ, Roi de l'Univers
"Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait."
Aujourd’hui, fête du Christ-Roi, nous célébrons le dernier dimanche de l’année liturgique. L’évangile d’aujourd’hui nous propose de faire le bilan de notre christianisme au cours de l’année liturgique qui se termine.
Ce bilan se fait à partir de ce que le Seigneur appelle « sa loi nouvelle »: «Les gens sauront que vous êtes mes disciples si vous vous aimez les uns les autres». Et l’évangile nous aide à concrétiser ce commandement nouveau, en nous rappelant ce que nous avons fait ou omis de faire : «J’avais faim, vous m’avez donné à manger, j’avais soif, vous m’avez donné à boire, etc. »
Le calcul est simple. On croyait peut-être que le jugement dernier porterait sur des actions d’éclats, des faits d’héroïsme et de grande sainteté, des comportements de conduite morale et religieuse. On y jugerait les péchés les plus graves et les actions les plus mauvaises ! En fait, il s’agit de gestes de tous les jours, de gestes que font les parents pour leurs enfants, les gens ordinaires pour leurs voisins, des gestes de solidarité, de gentillesse, d’accueil... des gestes qui peuvent être faits par tous et chacun et qu’une foule de gens font effectivement, sans pour autant le crier sur les toits...
Jésus nous rappelle aujourd’hui, en cette fête du Christ-Roi, que nous serons jugés sur l’amour et exclusivement sur l’amour. Il s’agit d’un amour très simple : donner à manger, à boire, accueillir, habiller, visiter, soigner. . Il n’est pas dit que celui qui a faim est rassasié, que celui qui est malade est guéri, que celui qui est en prison est libéré. Ce qui compte, c’est de faire quelque chose, si petite soit l’action accomplie. Ainsi, nos plus humbles gestes d’amour ont une valeur infinie, une valeur d’éternité.
C’est maintenant que commence l’éternité, c’est maintenant que nous pouvons donner à manger à ceux qui ont faim, visiter ceux et celles qui vivent dans la solitude, aider nos voisins qui ont besoin d’assistance, consoler ceux qui sont dans le deuil… C’est maintenant que nous pouvons assurer notre amitié avec Dieu. Chaque fois que vous le faites à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous le faites...
Réflexion sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard, canada
Peinture de Sun-Ran-Kwon « Christ aux milles visages »
C'est bien serviteur bon et fidèle. Entre dans la joie du Seigneur
Un maître fortuné va partir en voyage, longtemps. Et plutôt que de fermer sa maison, licencier tout le monde et mettre sa fortune au chaud à la banque, il la partage et la confie à ses serviteurs. Ceux-là vivaient déjà, indirectement, des biens du maître. Ils doivent maintenant en vivre directement, en devenant responsable.
La parabole des talents est un hommage à la liberté humaine. Ces talents symbolisent les qualités personnelles que nous avons reçues et les responsabilités qui nous ont été confiées : notre famille, nos voisins, les gens avec qui nous vivons, notre monde et son environnement.
Dieu nous fait confiance et s’en remet à nous. Il nous demande d’utiliser les dons reçus pour le bien de notre univers quotidien. Il nous veut créatifs et nous invite à mettre de côté la paresse, l’inertie et la passivité afin de faire quelque chose de beau et de bon pour les gens autour de nous. Il nous dit ce matin : «voilà mes dons, mes talents et voilà les personnes que je vous ai confiées. Allez et portez beaucoup de fruits».
Dans la parabole des talents, Jésus nous rappelle qu’il n’existe pas de vrai christianisme sans engagement et sans risque.
Dans la vie, il nous faut avoir le courage de prendre des risques. Le troisième serviteur a été incapable d’apprécier la confiance et l’estime que le maître avait à son égard. Il s’est enfermé en lui-même et il a fini par prendre peur. Il est sanctionné parce que, par crainte de faire mal, il n’a rien fait, par crainte de se tromper et de ne pas réussir, il est resté paralysé. Il a enterré son talent et raté l’examen.
Cette parabole fait partie du grand discours que Jésus adresse à ses disciples sur le Mont des Oliviers, juste avant d’entrer dans sa Passion. Quelle fortune laisse-t-il, lui qui sera dépouillé même de ses vêtements ? Le témoignage d’une charité active, d’une liberté d’aimer, d’un pardon offert jusque sur la Croix, et surtout la promesse de l’Esprit-Saint, présence et puissance de Dieu en nos cœurs prêt à faire croître et fructifier chacun des actes de charité, de liberté, de pardon que nous pouvons poser.
Il nous faut éviter d’éteindre l’Esprit «qui souffle là où il veut et renouvelle continuellement la face de la terre». Unique fortune mise entre nos mains pour que nous en vivions aujourd’hui et demain. Voilà cette monnaie que nous devons utiliser sans réserve, pour nous permettre de goûter la joie du Maître.
À la fin de notre vie, une simple question nous sera posée : «Est-ce que le petit monde qui nous a été confié par Dieu est plus beau, plus chaleureux, plus juste et plus humain parce que nous avons été là ?» Le Christ dira alors : «C’est bien serviteur bon et fidèle. Entre dans la joie de ton Seigneur».
Réflexion sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d. cursillos.ca
Peinture « Evangile et Peinture » Berna – Bernadette Lopez
Nous sommes le temple de Dieu
Le 9 novembre, la liturgie de la Dédicace de la basilique St Jean de Latran remplace les textes du 32e dimanche ordinaire. Cette basilique, construite par l’empereur Constantin en l’an 320, a été qualifiée, à travers les siècles de « Mère de toutes les églises de Rome et du monde ».
Un peu d’histoire nous aideront à comprendre l’importance de cette fête.
Pendant les premiers siècles, l’Église des origines célébrait ses eucharisties dans les maisons privées et dans les catacombes. Les chrétiens étaient persécutés et considérés comme des ennemis de l’Empire romain. Aucune basilique, cathédrale, ou temple ne pouvait être construit pendant cette période.
Le 28 octobre 312, Constantin, vainqueur de l’empereur Maxence, entra triomphalement dans la ville de Rome. Quelques mois plus tard, par l’Édit de Milan, il ordonna que cessent les persécutions envers les chrétiens. Sa mère, Ste Hélène, devint une fervente chrétienne et Constantin lui-même fut baptisé vers la fin de sa vie.
Constantin et sa mère vivaient dans un palais qui avait appartenu à la famille Laterani. Il donna à l’Église une partie de son palais.
Pendant son règne, l’empereur fit construire huit églises, quatre dans la ville de Rome et quatre dans les villages environnants. Avant de faire ériger la basilique de St-Pierre au Vatican, Constantin éleva celle du Latran sur l’emplacement de la caserne des gardes du corps de Maxence. Il détruisit ainsi un témoignage de la grandeur de son ennemi et réaffirma sa volonté de donner au christianisme une structure sociale très visible.
St Jean de Latran était la première église construite à Rome et fut dédiée au Christ Rédempteur et à St Jean Baptiste, d’où le nom de St Jean. On y ajouta aussi un palais pour le Pape et un baptistère de grande dimension.
À partir de ce moment, le Latran devint la résidence officielle des Papes et le demeura pendant près de mil ans, jusqu’au départ de la Papauté pour Avignon, en 1309. Quelque soixante ans plus tard, en 1377, lors du retour des Papes à Rome, ceux-ci décidèrent de s’installer au Vatican, pour des raisons de sécurité.
À travers les siècles, quelques-uns des conciles les plus déterminants de l’histoire de l’Église se déroulèrent dans le palais ou dans la basilique du Latran.
Nous célébrons donc en cette fête la « mère de toutes les églises ». Aujourd’hui encore, St Jean de Latran est la cathédrale officielle de l’évêque de Rome (le Pape), le symbole de notre chrétienté.
En cet anniversaire, la liturgie met l’accent sur deux points importants : le respect dû à la maison de Dieu et le caractère sacré de ceux et celles qui se réunissent dans cette maison.
Dans l’évangile, Jésus chasse les vendeurs du Temple et nous rappelle le respect que nous devons avoir pour la maison de Seigneur : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic ».
Mais ce qui donne un caractère sacré au temple ou à la basilique S. Jean de Latran, ce ne sont pas les pierres, les briques et le mortier mais les gens qui s’y réunissent. Nous sommes « le temple de Dieu », dit St Paul, et la basilique du Latran représente notre identité en tant qu’Église, en tant que Corps du Christ.
Nous célébrons donc aujourd’hui le symbole de toutes les églises, de tous les temples de Dieu et le respect que l’on doit à ces lieux de rencontre.
Nous célébrons aussi notre communauté chrétienne, qui est appelée à être «parfaite comme notre Père céleste est parfait». Nous sommes le Corps du Christ, le Temple de Dieu
L’Eglise, aujourd’hui, est en fête en chaque lieu où est célébré le ressuscité, notre Sauveur. Son Esprit fait des chrétiens les pierres vivantes de ce temple nouveau dont il pose les fondations : la Bonne Nouvelle, que nous devons annoncer à tous les hommes. Le temple de Dieu c’est le cœur de l’homme qui accueille sa parole.
Extrait de la réflexion sur l'évangile par le Père Yvon-Michel Allard, Canada.
Photos de la basilique St Jean du Latran – de l’assemblée de la cathédrale de Metz – de la célébration à l’église St Martin de Hayange
La flamme de l'espérance
L’homme n’est pas fait pour mourir. C’est pourquoi la mort d’un proche nous fait tant souffrir. Brusquement, nous ne savons plus rien de l’être aimé. Où est-il parti ? Que ressent-il maintenant ? Quand vais-je le revoir ? Cette attente après la mort peut être très difficile. Il faut se forcer à vivre malgré l’absence, trouver le courage de reprendre les activités quotidiennes, garder en soi la flamme de l’espérance et en éclairer d’autres dans leur propre chagrin… Tout ceci éprouve nos forces et, souvent, notre foi.
Seul le maître peut dissiper les ténèbres de nos impatiences ou de nos doutes. En effet, lui seul peut réunir tous ceux qui l’aiment. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. La mort nous tourne vers Dieu. Mais qui attend qui, finalement ? Dieu est autant celui que nous attendons que celui qui nous attend. Un véritable Père ne peut abandonner ses enfants. Nos défunts sont pour nous le rappel de cette promesse divine.
L’évangile de Luc montre que rien n’est perdu en amour. Le bonheur que nous avons vécu ensemble ne se disperse pas après la mort. Il nous rassemble au contraire. Nous partageons cette espérance avec ceux qui nous ont précédés sur le chemin de la vie et dont l’Église fait mémoire aujourd’hui. Le jour des fidèles défunts ne doit pas être un jour de tristesse ou de regrets. En nous rendant au cimetière, il nous est donné de contempler le projet de Dieu pour l’homme : une immensité et une éternité d’amour qui a déjà commencé pour chacun d’entre nous.
Père Vincent Leclercq – Prions en Eglise N° 335 - Photo du cimetière N.D. Hayange
Heureux les coeurs pauvres
La fête de Tous les Saints est une fenêtre d’espérance. Elle tire nos regards vers le haut. Elle nous rappelle que l’horizon véritable de nos existences humaines est la sainteté, une réalité palpable et visible. La sainteté accomplie porte le nom de Béatitude. Elle est la joie des cœurs pauvres et des pacifiques. Elle est déjà donnée à la foule des saints du ciel, entrés dans le Royaume de Dieu, canonisés ou non, qui unissent leurs voix pour nous encourager à leur suite.
Pour nous, gens de la terre, le bonheur est une promesse et nous sommes en marche vers cet horizon de joie plénière. Les Saints sont nos compagnons de route. Leur invincible force est d’avoir cru que les ténèbres n’arrêtent pas la lumière. Avec cette incroyable espérance et pleine assurance, ils ont mis leur foi dans le Christ, la Lumière qui luit en ce monde. Les mains ouvertes et le cœur dépossédé de tout, les Saints ont eu pour ‘ feuille de route ’ la mise en œuvre de la douceur, du partage des richesses, petites et grandes, de la défense de la justice et de la consolation des affligés.
La Toussaint est une fête joyeuse, une anticipation de la « Communion à venir », une fête de l’Espérance, qui célèbre tous les êtres chers qui nous ont précédés, un Prélude à la vie auprès de Dieu, qui fait une jonction entre deux réalités, d’une part notre monde et la longue histoire de l’humanité, et le royaume de Dieu.
Prenons le temps de nommer ceux et celles qui nous ont quittés récemment, ceux dont la mort plus lointaine reste gravée en nous….
Prenons aussi le temps de nous immerger dans cette foule d’hommes et de femmes que nous ne connaissons pas mais à laquelle nous sommes reliés, dont nous sommes solidaires.
Bonne fête à chacun
Méditation François Roger
Tableau "les béatitudes" de Françoise BURTZ.
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