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François-Dominique Roger

meditation dominicale

Méditation 5e dimanche du Temps Ordinaire année C

6 Février 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (5, 1-11)
 

En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.» Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

PROFUSION PRÉMONITOIRE

Tout déborde dans cette page d’Évangile ! La foule, les filets remplis de poissons, les émotions devant tout cela. Oui, il y a de quoi non seulement être impressionné, mais aussi saisi de peur. Un tel pouvoir qui déferle renvoie à soi et à sa petitesse. Rien de plus humain… ce qui l’est moins, c’est la réponse de Jésus qui projette Simon dans une énigmatique aventure.

Cette profusion lui fait signe. Il ne comprend sans doute pas ce qui arrive et cette parole de Jésus qui une nouvelle fois le dépasse, mais, conduit à ce point de vérité sur lui-même, c’est comme si tout son être se retrouvait dans une parole qui elle aussi le dépassait certainement. C’est à genoux qu’il la reçoit, c’est-à-dire non pas depuis sa suffisance, mais depuis son indigence. C’est paradoxalement à ce point de vérité sur soi que la parole de Jésus peut faire son chemin. Jésus confie sa mission à ceux qui se sont approchés de lui et qui ont fait l’expérience de sa puissance de vie, accédant ainsi à leur pauvreté. À ceux-là, Jésus donne sa vie à profusion. C’est cela qui fait signe et qui permet de laisser toute une vie derrière soi. La profusion et l’excès sont la marque de Dieu. L’humilité est la marque de l’homme devant Dieu.

Le temps est tout à coup comme suspendu dans cette page d’évangile. La routine du métier, la nuit passée sans rien prendre, le temps long d’une vie portée par ses repères, ses joies et ses peines est tout à coup rencontrée par un inconnu et une foule suspendue à ses lèvres. Le signe adressé à Simon vient réveiller sa vie, lui offrir un sens nouveau. À travers cet épisode de pêche débordante, Jésus lui fait éprouver ce qu’il est en train de vivre lui-même dans sa propre mission. Une tâche qui excède la force d’un seul. La parole de Jésus fend le temps de Simon-Pierre et ouvre sa vie à la dimension de celle de Jésus. Tous ceux qui ont vécu l’épisode se sont trouvés bouleversés, appelés et projetés dans cette nouveauté. La vie nouvelle est en marche. C’est la marque de l’homme rencontré par Dieu. Sa vie est désormais en mouvement. Jésus ouvre cette marche sans autre programme que le salut des autres. L’amour n’a rien d’autre en point de mire. Il laisse tout en plan et vole au secours de l’humanité en panne de joie et d’espérance, assoiffée d’une parole qui fasse vivre. Les nuits de labeur prennent tout leur sens. Plus d’échec ni de déception au lever du jour.

Il y a foule à avoir besoin de toi Seigneur. Et tu appelles auprès de toi pour le service de l’Évangile ces besogneux obscurs que rien n’effraie si ce n’est leur propre pauvreté. Tu as voulu compter sur eux pour que ton Évangile parvienne jusqu’à ceux qui l’attendaient. Tu leur as confié cette mission de témoin de ton excès. Cela commence dans le silence et la sidération de tes merveilles. Cela se poursuivra dans une parole confiée, continuée, proclamée en ton nom. Tu nous charges Seigneur de ces filets d’amour où tu veux continuer de prendre les hommes. Nous n’avons pas fait grand-chose jusqu’à présent, mais sur ta parole on va jeter les filets…
 

Equipe Evangile&Peinture M-D Minassian - Peinture Bernadette Lopez - Fribourg

 

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Méditation 4e dimanche du Temps Ordinaire année C

30 Janvier 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Evangile selon saint Luc  (4, 21-30)
 

En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d'Isaïe, Jésus déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.


ÉCUEIL LOCAL
Il y a parfois des sauts à faire. Mais quand ils sont trop importants, il y a bien des chances que les choses tournent court. Jésus est chez lui à Nazareth et vient de vivre l’investiture de la Parole prophétique. Il est celui qu’Isaïe annonçait. Le temps est venu d’apporter la libération aux pauvres et aux captifs. Mais les auditeurs de ce message doivent surmonter un double écueil.

Le premier, c’est de recevoir ce message de la bouche du fils du charpentier local. Difficile à concevoir que le gamin du coin devienne le libérateur de tout un peuple. Pire, en mettant le doigt sur cet écueil de la disqualification par avance, sur le péché originel de ses anciens voisins, Jésus acte leur auto-exclusion de la Bonne Nouvelle et de ses bienfaits. Il n’en fallait pas plus pour porter à son paroxysme l’impossible réception de son témoignage et déchaîner la violence à son endroit. Qui aurait pu prévoir une telle issue ? Jésus est au tout début de son ministère. Et il est seul. Il n’a pas encore de disciples. Ce n’est en tous les cas pas dans ce cercle qu’il va les trouver. La jalousie aveugle et sourde empêche l’Évangile de délier les cœurs aigris ou repus d’une vie qu’ils ne peuvent imaginer autre. Jésus ne peut simplement rien pour eux. Ils sont leur principal obstacle et vont jusqu’à vouloir tuer celui-là même qui aurait pu les sauver et les extraire de leurs vies figées. Rude expérience pour Jésus qui, loin de le décontenancer, l’affermit sur sa voie. Rien n’a de prise sur lui. Son pouvoir de vie est pour ceux qui en ressentent le besoin. Il doit laisser les autres à eux-mêmes. Cette liberté intérieure acquise au désert lui fait échapper aujourd’hui à la mort que lui réservaient ses voisins. Demain elle lui fera embrasser la mort sur la croix et le pardon pour tous.

Nous avons sous les yeux le début d’une vie qui va tracer son chemin au milieu de ce peuple prompt à la violence. Une vie qui va devenir vainqueur de l’instinct de mort pour lui substituer l’instinct de l’amour et du pardon par avance. Jésus s’est servi du tremplin de la jalousie qui aurait pu l’engloutir et l’enfermer définitivement dans ce que son origine lui dictait. Mais sa vie prend sa source ailleurs. Cette vie-là, personne n’a de prise sur elle. L’Esprit seul en explique les mouvements. Et c’est dans ce sillage que vont s’inscrire ses disciples, nous aujourd’hui.

Chaque dimanche, nous nous rappelons collectivement que notre vie prend sa source ailleurs et que notre liberté d’aimer ne saurait être mise sous le boisseau. L’Esprit nous attend et nous fixe le temps de l’émancipation de tout regard extérieur. C’est Dieu qui nous envoie chaque matin ouvrir le Livre de l’espérance pour ceux qui l’attendent. Et c’est notre vie qui est requise pour son ministère de tendresse. Dieu s’est confié à nous. Il est au creux de nos mains pour devenir le faîte de nos jours.

 

Equipe Evangile@Peinture - Marie-Dominique Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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Méditation 3e dimanche du Temps Ordinaire Année C

23 Janvier 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (1, 1-4.4,14-21)

Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.
Lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : ‘L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.’ Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

PROMESSE TENUE

C’est beau de relire en ce dimanche l’intention de l’évangéliste Luc… Le Théophile que nous sommes sera sensible au mot-clé du jour : accomplissement. Tout l’Évangile est le récit d’une promesse tenue, celle de Dieu, qui a traversé les siècles à travers des hommes choisis pour rappeler d’âge en âge son alliance. Dieu a bonne mémoire ! La nôtre part parfois à la dérive et la liturgie est là pour lui en refaire quotidiennement le récit, pour réactiver la reconnaissance et l’engagement.

Jésus marque un terme à ce temps de mémoire. Il fait mieux : il l’actualise. Il le prend en lui, il l’assume. Ce qui était annoncé est arrivé. Nous avons sous les yeux le fruit mûr du temps : Jésus vient changer le cours des choses. Il vient habiter de tout son être le sabbat, le jour de Dieu, et la synagogue, le lieu de Dieu. Visitation divine. Le temps et l’espace sont saturés de sa présence et ses paroles ouvrent le temps nouveau de la réalisation de sa parole. L’aujourd’hui de son cœur a choisi son camp pour se dire. Les pauvres seront les premiers à ressentir les effets de sa présence. Dieu choisit ce qui est petit pour faire éclater sa puissance de vie. Liturgie du bonheur inaugurée ce jour à la synagogue de Nazareth, cette lecture n’en finit de résonner et nous atteint aujourd’hui encore. Nous voyons Jésus à l’œuvre encore en nous à chaque fois que nous ouvrons le Livre, et que nous rejoint l’aujourd’hui de Dieu. Il nous fait signe : Aujourd’hui, écouterez-vous sa parole ? (Ps 94)

Le psalmiste fait bien de nous réveiller chaque matin avec cette question livrée à notre prière ! Car il s’agit bien de cela. Chaque aujourd’hui, chaque jour devrait être la recherche constante des traces de l’accomplissement de sa Parole. Dieu est à l’œuvre. Qui pour en faire aujourd’hui le récit ? Qui pour en être les témoins crédibles ? Comment rendre compte d’un Dieu aujourd’hui qui est en train de faire ce qu’il dit ? Comment notre foi s’en nourrit ? Nous voici convoqués à la barre des témoins… qu’avons-nous à dire au crédit de Dieu ? Quelle est donc cette Bonne Nouvelle que nous voyons, dont nous vivons et qui est digne que nous nous y abandonnions pour en faire le cœur battant de notre vie ? Notre aujourd’hui, nos pauvres, nous demandent des comptes. Quels motifs avons-nous d’être confiants, engagés… heureux ?

Il y eut un homme qui un jour a tout changé par sa vie de fils du Père. Il a rendu le Livre pour que d’autres s’en saisissent et y trouvent la source jaillissante pour leurs vies d’hommes et de femmes, et que d’autres croient par eux que Dieu tient ses promesses. Sa Parole éternelle est toujours là pour soulever nos énergies et les distribuer là où elles manquent. L’aujourd’hui de Dieu a besoin de nous pour retentir en vérité, Parole méditée traduite en actes engagés. La marque de fabrique de Dieu c’est nous aujourd’hui qui avons écouté sa Parole.

"Viens Esprit de conseil, Tiens-nous en éveil Pour vivre de la Parole de Dieu, En tout temps et en tout lieu !"


Equipe Évangile&Peinture - Marie-Dominique Minassian- Peinture Bernadette Lopez

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Méditation baptême du Seigneur

9 Janvier 2022 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation, #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Luc (3,15-16.21-22)
 

En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

ATTESTATION CÉLESTE
Jean-Baptiste attire à lui les foules. Pas pour se les annexer, se les approprier, mais au contraire pour préparer le chemin d’un autre, tourner les cœurs vers celui qui vient. Jean-Baptiste n’est pas un imposteur, mais un précurseur. Son être est totalement tourné vers sa mission de préparer la rencontre du peuple avec son sauveur. Il n’est pas mis en doute par l’attente de ceux qu’il rencontre, prêts à l’investir de tous les titres. Il ne détourne rien mais réoriente. Admirable Jean-Baptiste qui va baptiser celui que lui-même attend et voir comme tous le ciel s’ouvrir

Jésus n’est pas venu du ciel mais du peuple. L’attente des hommes a été entendue. Dieu a écouté du plus profond de l’homme jusqu’à devenir l’un d’entre eux, pour être parmi eux, la clé du ciel. La prière de Jésus est venue embrasser le désir de salut déposé dans le cœur humain. Elle trace désormais l’arc en joie qui relie Dieu et l’homme. Dieu s’est fait proche en Jésus pour que l’homme trouve aussi sa joie en Dieu. La note essentielle est dévoilée

L’Esprit Saint messager de la joie, attend chacun de nous. Le baptême réalisé par le geste de l’eau inaugure une vie reliée, une vie d’alliance marquée par la joie réciproque de l’amour. Le ministère de l’amour et de la joie nous ont été confiés. Où en sommes-nous de cette joie reçue, de cet amour paternel offert ? Où en sommes-nous de notre filiation du ciel? Beaucoup sur terre attendent la joie déposée en nous pour tout le peuple. Jésus le savait. Il n’a pas refusé cette vie-là. Il l’a embrassée jusqu’à la croix. La vie pascale démarre là: pour que le monde ait la joie et qu’il l’ait en plénitude.

Viens Esprit Saint, viens nous embraser


Equipe Evangile&Peinture - M-D Minassian - Peinture Bernadette Lopez
 

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Méditation 29e dimanche du Temps Ordinaire

17 Octobre 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Marc (10, 35-45)
 

Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. » Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »


DÉSIR AVERTI

Voilà une démarche inhabituelle… jusque-là, on avait plutôt entendu Jésus lui-même prendre l’initiative et aller chercher le désir de ceux qu’il croise, comme Bartimée. Mais parmi deux de ses disciples, un désir bien concret a affleuré : celui de la gloire.
 
Jésus n’esquive pas. Il explicite ce qui précède, la route qui conduit à cette gloire recherchée. Les rêves de grandeur, de gloire et de pouvoir vont s’éprouver au crible de la route que Jésus lui-même va emprunter. Une route que personne ne peut envier mais qu’il a choisie pour nous aimer et nous libérer de nos chemins de perdition. 

Jacques et Jean ne le savent pas, mais ils ont rendu service à tous en osant dévoiler les places convoitées. Car tous, au fond, sont épris de privilèges. Jésus déconstruit la maladie des ambitieux, renverse la perspective. Être grand ou premier dans l’ordre du service, personne n’en a naturellement l’envie. Et c’est pourtant la voie empruntée par Jésus, et qu’il désigne aujourd’hui aux siens qui rêvent de sa royauté et de ses privilèges. Jésus les place déjà au pied de la croix quand ils ne rêvent que de monter. Jésus dresse pour ses disciples l’échelle de l’amour, la croix par laquelle la vie se donne.

Jacques et Jean voulaient quelque chose pour eux-mêmes. Jésus leur apprend que tout est don, tout est service. Le pour soi disparaît dans l’amour. L’autre trône dans notre cœur et gouverne ses mouvements. L’amour ne sait rien vouloir pour soi, mais il trouve sa joie dans le bonheur de l’autre. Jésus confie au fond son bonheur de fils au service du Père et du salut de tous. Son privilège, c’est nous. On aimerait n’avoir pas d’autre visage que celui-ci.
 
Ses disciples d’hier et d’aujourd’hui ont de quoi méditer… il nous faut toujours un désir plus grand et plus noble pour nous sauver de nous-mêmes, nous remettre en joie de cheminer et de grandir. Jésus sera toujours l’étalon de notre sainteté personnelle et collective. Il ne désespère en rien. Il réoriente patiemment ce qui est tordu, relève ce qui est blessé, avertit celui qui cherche qu’il va rencontrer la croix. Mais le dernier mot revient au Père. Et ce qui est sûr, c’est que son cœur ample et sa miséricorde nous placeront tous premiers dans l’ordre des aimés.
 
Equipe Evangile&Peinture- M-D Mibassian – Peinture Berna

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Méditation 25e dimanche du Temps Ordinaire

19 Septembre 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Marc (9, 30-37)
 

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

ATTENTION PREMIÈRE

Difficile de continuer le quotidien avec pareille annonce. Le maître que l’on a choisi de suivre déclare de lui-même sa fin toute proche. Et cela ne semble pas le troubler outre mesure puisqu’il poursuit sa route. Mais dans les rangs des disciples, les discussions vont bon train. Jésus les laisse d’ailleurs se développer. Cela ne l’effraie pas. Il réserve son recadrage au point d’arrivée. Car là, c’est un contraste frappant : la parole débridée fait place au silence gêné d’enfants pris la main dans le sac. Ils sont tout simplement en train de se projeter vers la succession de Jésus, pour déterminer celui qui serait susceptible de prendre sa place de leader. Les prétendants semblent d’ailleurs légion. En venant les questionner, Jésus vient mettre en lumière cette lutte intestine et la tuer dans l’œuf. Son recadrage est clair et il comporte deux éléments. Comme les deux montants d’une échelle…

L’échelle qu’il vient dresser pour ses disciples englués dans leurs egos est celle du service. Échelle renversante pour les velléités d’ascension : il faut choisir d’être dernier et serviteur de tous. Première déroute… Le centre de l’attention est aussi déplacé. Le dernier est en position de voir tous les autres devant lui. Son attention n’est plus focalisée sur son propre besoin aux dépens des autres, mais sur celui qui n’a personne pour prendre soin des siens. L’enfant dépend de tous. C’est donc sur lui prioritairement que doit porter l’attention du service. Lui et tous ceux qui, comme lui, sont laissés pour compte.

Échelle renversée : les derniers seront premiers dans l’attention à leur porter. Voilà un programme bien subversif ! En même temps que Jésus dévoile la croix qui l’attend, Jésus esquisse celle des disciples et de la mission qu’ils auront à assumer en son nom. Mais la route est longue jusqu’à ce que les uns et les autres empoignent réellement cette échelle étrange. En devenant leur premier de cordée, Jésus s’est fait lui-même le serviteur de tous. Et il compte bien les conduire avec lui à la croix qui balaiera définitivement le pouvoir du mal et ses courants d’air suprématistes. Il y a cependant encore bien du chemin à parcourir, jusqu’à la débandade de la croix pour que le don du Christ apparaisse à tous comme la seule échelle possible vers ce monde meilleur où le plus petit deviendra enfin le plus grand dans le cœur de tous.

Ne nous lâche Seigneur Jésus sur le chemin étroit et serein de ta joie. Ton Royaume et ton échelle renversée nous font signe !
 

Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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LITURGIE ANTICIPEE - Fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ - 6 juin 2021

6 Juin 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

La page d’Évangile en ce jour de la Fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ nous donne d’assister à la toute dernière Pâque de Jésus. Ses disciples sont dans le souci d’organiser cette fête pour lui. Ils ne le savent pas encore, mais du côté de Jésus, c’est une autre Pâque à laquelle il se prépare. La table, d’ailleurs, est déjà prête. Il ne manque que les convives.

Les disciples ne le savent pas, mais eux-mêmes assistent à une liturgie anticipée dont la symbolique va traverser le temps et l’espace, éternisant les mots et les gestes prononcés par le maître. Ils nous parviennent aujourd’hui et nous les revivons sans parfois en percevoir toute la portée. Jésus ce jour-là modifiait durablement le sens de la fête la faisant passer de l’extérieur à l’intérieur, du rituel à l’existentiel, du symbolique au réalisme du don qu’il est en train de faire de sa vie.

L’Agneau c’est lui, pur et sans tâche. C’est lui qui se donne en nourriture pour nous. C’est lui qui est en souci de nous tous. Son corps et son sang, voilà ce qu’il nous offre par anticipation pour que nous vivions de ce don. Jésus transforme le récit des événements avant même qu’ils aient lieu. Sa mise en croix sera exposition, offrande du juste portée à la vue de tous. Son corps et son sang seront nourriture pour tous les temps, liturgie sans fin offerte à tout disciple croyant à l’amour tout-puissant.

Nous ne savons pas toujours ce que nous faisons en célébrant chaque jour ce don, mais il nous transforme peu à peu et nous offre de devenir nous aussi nourriture pour tous ceux qui nous entourent. Son corps et son sang sont pour tous. Les disciples sont chargés de ces dons non comme des insignes mais comme un élan et un bouleversement que la répétition ne saurait édulcorer.

Recevoir Jésus nous rend responsable du repas et de la table de banquet dressée pour tous. Il nous marque de son grand désir que nous ayons la vie en plénitude. Pas seulement nous, mais le monde, celui-là même qui l’aura crucifié après l’avoir acclamé. En offrant ainsi sa vie, Jésus a dressé la table éternelle du pardon. Elle est désormais à portée de main et de bouche, pour consommation immédiate et joie perpétuelle.

Béni sois-tu Seigneur pour tant d’amour ! Communier c’est vivre de ce don originel et faire profession de partage. Don et pardon passent désormais par nous. Le Royaume est tout proche...
 

Equipe Evangile&Peinture – M-M Minassian – Peinture Bernadette Lopez

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L’ENTREE DE JESUS à JERUSALEM

28 Mars 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Marc (11, 1-10)
Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, vers Bethphagé et Béthanie, près du mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est en face de vous. Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous dit : ‘Que faites-vous là ?’, répondez : ‘Le Seigneur en a besoin, mais il vous le renverra aussitôt.’ » Ils partirent, trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachèrent. Des gens qui se trouvaient là leur demandaient : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire. Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrirent de leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »
(Passion : 14,1-72.15,1-47)

LECTURE DIVINE

Nous arrivons avec Jésus en bout de course. Sur le seuil de la grande semaine pascale, chaque année ce sont ces clameurs de joie qui résonnent d’une foule qui ne sait pas ce qu’elle fait pour le meilleur et pour le pire. L’intelligence des événements est ailleurs. Elle est logée au cœur de l’Écriture et de ceux qui la scrutent. Le sens de ce qui arrive se déploie dans une histoire - sainte - qui dépasse les bords du temps et de l’espace. C’est dans le cœur de Dieu qu’elle culmine et trouve sa résolution heureuse. 

L’acclamation populaire qui ponctue ce récit récapitule la reconnaissance et anticipe une autre joie. Elle est prise dans un niveau de sens que seul Jésus, à cet instant, est capable de percevoir. C’est sa lecture divine des événements qui va nous hisser peu à peu à la hauteur du présent des Écritures. Lui seul sait, à ce stade, par quel effondrement il lui faudra passer, et nous tous avec lui.

Mourir pour vivre, pour donner la vie, n’est pas inné. Ce sera la grande leçon de Pâques qui s’amorce et qui s’avance sans prétention sur un ânon. Les airs triomphants de la scène trouvent ici l’élément discordant qui met sur la piste d’un autre récit en cours. Nous voici mis en éveil. Il y a ici bien plus que Jésus de Nazareth, le mage dont tout le monde parle, bien plus que le roi espéré ou le Messie flamboyant qui chassera l’oppresseur en s’imposant, soutenu par l’ovation populaire. Il y a dans ces acclamations bien plus que tous ceux qui s’amassent pour joindre leurs voix. Il y a dans le moment précis bien plus que ce qu’on en a dit. Il y a un condensé de sens qui ne pourra éclater qu’en faisant céder toute représentation. Le réel a besoin de se retourner pour y croire. Comment cela s’est-il fait ?

La course folle de l’histoire est en train de vivre un point d’inflexion. Mais elle ne le sait pas encore. Certaines choses reviendront à leur point de départ, comme l’ânon reviendra à son propriétaire. Le pouvoir reviendra aux violents qui l’exercent. Mais la vraie puissance est à l’œuvre et elle s’avance, désarmée, livrée : libre. Le Fils de Dieu nous a dans son cœur. Il est captif de son amour pour nous. Et nous ne le savions pas, préoccupés que nous sommes d’avoir la vie, plutôt que de la recevoir.

Cette nouvelle semaine ne sera pas de trop pour nous faire pénétrer un peu plus avant dans la nécessaire réception du récit essentiel de notre foi. Le monde en a besoin.
                                    
Equipe Evangile&Peinture -  M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez
 - mise en page F.Roger

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2iéme Dimanche de Carême

28 Février 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Marc (9, 2-10)

En ce temps-là, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».
 

LUMIÈRE VIVE

S’ils avaient su, ils se seraient sans doute passés de cela, mais Jésus les a choisis pour vivre avec lui ce moment de prière dans la montagne dont il avait l’habitude. Son intention ? leur dévoiler quelque chose de lui. Les mots auront de la peine à raconter la scène. D’ailleurs, la consigne de silence lancée par Jésus à la descente de la montagne va envelopper chacun dans un immense mystère. 

L’intelligence s’est mise en branle. Elle questionne. Elle est en chemin. Tout comme Jésus. À la différence que lui contient le sens quand les disciples le cherchent. Mais leur point de vue a changé. Il est devenu post-pascal. Si planter sa tente n’a pas été possible, quelque chose de durable et profond s’est imprimé en chacun d’eux. Ils n’en auront pas besoin immédiatement, mais c’est un point de départ pour un compagnonnage un peu différent. Jésus chemine désormais vers un passage étroit. Il devra l’affronter seul, mais il prépare malgré tout ses plus proches. Il les acclimate à son être lumineux. Jésus est bien plus que cet homme merveilleux qui cumule prédications, guérisons, et autres miracles. Il sera bien plus que cet homme agonisant sur la croix...

Ils sont en train de vivre un accomplissement. L’histoire est en marche. Le Fils de Dieu est en train de lui faire vivre une inflexion décisive. Sa vie, et plus encore sa mort, vont radicalement changer l’histoire qui est sur le seuil d’un nouveau commencement. Les disciples vivront cela. Ils inaugureront l’histoire renouvelée par le don de Jésus sur la croix. 

Jésus a eu le temps de découvrir ce besoin humain de lumière. Il donne à ses disciples le fin mot de l’histoire. Moïse, Elie, Jésus... tout sera enfin résolu. L’exode est fini, les prophéties aussi. Le temps a donné son fruit et la bénédiction ouvre le temps nouveau du Ressuscité. En attendant, ils vont venir les jours du crucifié. Et il ne faudra pas oublier aux heures sombres que l’histoire ne débouche pas sur la nuit, mais sur le jour qui ne finit pas. 

Le Thabor est dressé par Jésus pour nous faire traverser nos portes étroites. Sa lumière n’a besoin que de nos yeux ouverts, de nos cœurs attentifs à sa Parole. C’est désormais lui, le Verbe, qui prend le commandement de nos mots, qui les met en parole, en ordre de sens, pour les conduire à la fête.

Jésus est la bonne nouvelle du jour, de tous nos jours. Il est le fin mot de l’histoire, la chute. Il nous fait prendre l’ascenseur pour rejoindre l’autre rive, depuis laquelle tout devient limpide. Il fait clair.

Aujourd’hui, grand beau temps sur nos vies illuminées de toi. Nous pouvons redescendre dans la nuit, nous connaissons ta lumière. Mais, viens Seigneur Jésus, viens vivre avec nous la suite de l’histoire. Pas sûr qu’on ait tout compris!

Equipe Evangile&Peinture – M-D Minassian – Peinture Berna 
 

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Dimanche 14 février 2021 - "Je le veux, sois purifié"

14 Février 2021 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Méditation Dominicale

Évangile selon saint Marc (1, 40-45)

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

Compassion féconde

Jésus guérit un lépreux. Il est aisé de faire le parallèle entre la lèpre des lectures de ce jour et tous les malheurs qui s’abattent sur notre monde : la pandémie, le terrorisme, les catastrophes naturelles, le chômage… Nous pouvons aussi nous regarder et passer en revue toutes ces dimensions malades de notre vie qui nous assimilent à un lépreux. Nous sommes invités à renouveler notre regard sur Jésus et à convertir notre attachement à lui. 

Jésus nous apparaît dans le récit de ce dimanche comme un homme « saisi de compassion ». Les évangiles évoquent souvent ce sentiment de Jésus devant ceux qui souffrent : des personnes malades et des foules désorientées. 

La compassion de Jésus n’est pas de l’empathie bienveillante, mais une source féconde de guérison. Jésus pose un geste, généralement de la main, et le salut s’étend autour de lui comme un éclat de vie. Il nous est difficile dans nos mentalités occidentales d’envisager le salut de Jésus « comme » et « quand » il le veut. Nous fuyions tout ce qui peut nous rendre vulnérables. Sans compter que les sciences et les techniques nous ont longtemps donné l’illusion d’arriver à bout des maladies, de la vieillesse et de la mort… 

Aujourd’hui cet épisode nous invite à regarder notre monde souffrant non seulement avec bienveillance, mais encore avec compassion. Une compassion féconde qui engendre la vie et que Jésus donne à ceux qui la lui demandent.

Equipe Evangile@Peinture - Karem Bustica Prions en Église - F. Roger – Peinture Bernadette Lopez 

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