Apocalypse de saint Jean - Méditation
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Lecture de l’Apocalypse de saint Jean (7, 2-4. 9-14)
Moi, Jean, je vis un autre Ange monter de l'orient, portant le sceau du Dieu vivant ; il cria d'une voix puissante aux quatre Anges auxquels, il fut donné de malmener la terre et à la mer : « Attendez, pour malmener la terre et la mer, et les arbres, que nous ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu. » Et j’appris combien furent alors marqués du sceau ; cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël.
Après quoi, voici qu'apparut à mes yeux, une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue; debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, des palmes à la main, ils crient d’une voix puissante : « Le salut à notre Dieu, qui siège sur le trône, ainsi qu'à l’Agneau ! ». Et tous les Anges en cercle autour du trône, des Vieillards et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le trône, la face contre terre pour adorer ;
ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse, action de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Vieillards prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Et moi de répondre : « Monseigneur, c'est toi qui le sais. » Il repris : « Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. ( d'après la Bible de Jérusalem )
VISIONS PROPHETIQUES II et LES RECITS DES VOYANTS DE BEAURAING
1.Simple lecture d’Apocalypse 12.1-17
Rappelons que le livre de l’Apocalypse est rédigé à la fin du premier siècle pour encourager les communautés chrétiennes d’Asie Mineur éprouvées par la persécutions. Le prophète de Patmos transmet la parole de Dieu révélant le sens chrétiens de l’histoire et les destinées de l’Eglise. La vison d’Apocalypse 12, dévoile la signification, et l’orientation, finale du combat que mènent les chrétiens persécutés..
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A. Présentation des personnages :
« Un signe grandiose apparut dans le ciel …» Il s’agit d’images et de scènes symboliques qui représentent l’histoire de la communauté chrétienne, l’Eglise.
- « Une Femme ! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête »
Cette femme de gloire qui représente le Peuple de Dieu, « marque l’identité consolante entre l’Eglise persécutée et l’Eglise triomphante ». Il est vraisemblable que pour l’auteur, cette femme radieuse est Marie, la Mère du Messie.
- « Elle est enceinte et crie, dans les douleurs et le travail de l'enfantement ».
Les douleurs de l’enfantement, symbolisent la grande épreuve messianique qui s’acharne d’abord sur la Christ, et ensuite sur les chrétiens.
- « Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge-feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête et surmontée d'un diadème .»
Le Dragon est signe de puissance du mal qui a partie liée avec le pouvoir politique.
- « Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel, et les précipite sur la terre ».
Cette scène symbolise la chute des anges.
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B. Première phase des persécutions
« En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s'apprête à dévorer son enfant aussitôt né ».
Ce rappel de l’attitude du serpent de la Genèse signifie la tentation de Jésus au désert et les interventions de Satan dans le drame de la passion .
« Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu'au prés de Dieu et de son trône ».
Ce qui est ici visé, c’est l’intronisation de Jésus Messie lors de la résurrection.
« tandis que le Femme s’enfuyait au désert , où Dieu lui a aménagé un refuge pour qu'elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours ».
La femme symbolise l’Eglise vivant au désert. Mise à part du monde, c’est-à-dire non identifiée avec le monde pêcheur, la communauté chrétienne est protégée et nourrie par Dieu. Cette situation durera mille deux cent soixante jours, c’est-à-dire tout le temps qui précède l’avènement final du Royaume de Dieu.
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« Alors, il y eut une bataille dans le ciel: Michel et de ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges , mais il eurent le dessous et furent chassés de ciel . On le jeta donc, l'énorme Dragon, l'antique Serpent, le Diable où le Satan, comme on l'appelle , le séducteur du monde entier, on le jeta sur le terre et ses Anges furent jetés avec lui ».
Cette scène représente un combat symbolique qui signifie l’antagonisme entre les bons et les mauvais Anges. Le Christ ressuscité assure une première victoire de Michel et de ses Anges.
« Et j’entendis une voix clamer dans le ciel : « Désormais, la victoire , la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu , et la domination à son Christ , puisqu'on a été jeté bas l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu ».
La proclamation de la voix céleste explicite la signification de l'action symbolique. Jusqu'à la résurrection de Jésus, Satan exerçait une certaine domination sur les hommes. La mort et la résurrection du Christ ont détrôné l'Adversaire.
« Mais eux l'ont vaincu par le sang de l'Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu'à mourir. Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants. Malheur à vous, la terre et la mer, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés ».
Les martyrs ont part à la victoire du Christ. Les chrétiens sont invités à s’en réjouir. Par contre, les habitants de la terre et de la mer, c’est-à-dire ceux qui ont dans leurs cœurs de la haine, de la violence, du ressentiment et de l'indifférence, sont à plaindre, car le démon vaincu qui sait son temps compté, redouble les persécutions.
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C. Deuxième phase des persécutions
« Se voyant rejeté le dragon sur la terre, le Dragon se lança à la poursuite de la Femme, la mère de l’enfant mâle. Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu'au refuge où loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d'un temps, Mais la terre vint au secours de la Femme : ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve vomi par la gueule du Dragon. Alors, furieux contre la Femme, le Dragon s'en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus ».
Le texte décrit les attaques de Satan contre l’église et contre les chrétiens. En même temps, il met en lumière la protection que Dieu assure à ses fidèles.
2. Les récits de Beauraing à la lumière d’Apocalypse 12
Quelle lumière procure la vision d’Apocalypse 12 pour l’interprétation des récits des voyants de Beauraing ? Manifestement le genre littéraire est très apparenté, car de part et d’autre l’élément « vision symbolique » joue un plus grand rôle que l’élément « paroles ».
1. Marie, signe de l’Eglise
Tout comme au temps de la rédaction du livre de l’Apocalypse, les chrétiens de 1932-33 et d’aujourd’hui sont engagés dans un combat ; les épreuves, les persécutions ne manquent pas. La Dame radieuse de Beauraing tout comme la Femme glorieuse d’Apocalypse 13, 1, c’est Marie, non pas isolée, mais représentant le Peuple de Dieu, l’Eglise à la fois victorieuse grâce à la résurrection de Jésus, et pérégrinante dans le monde sans être du monde. A ce titre, la Dame de Beauraing signifie par son rayonnement lumineux que la grâce du Christ, la communauté chrétienne est assurée de son avenir ; elle est déjà céleste par ses membres fidèles.
Mais en même temps, par sa manifestation à la croisée de nos chemins terrestres et par son dialogue avec cinq enfants, Notre-Dame signifie sa présence à l'Eglise en marche, en pèlerinage : elle marque l'identité consolante entre l'Eglise pèrégrinante et l'Eglise céleste.
2.La conversion des pêcheurs
Dans cette optique, nous saisissons qu’en promettant de convertir les pécheurs, Notre Dame de Beauraing fait sien tout le projet de l’Eglise accomplissant la mission de que Jésus a confiée à ses Apôtres. Saint Luc exprime spécialement l’annonce du salut en référence à la libération du péché. En finale de son Evangile, il écrit de Jésus ressuscité et il leur dit ; « Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures et il leur dit : « Ainsi était-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et qu’en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamée à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. De cela vous êtes témoins » (VII,24. 45-48). En fait, la mission apostolique poursuit la mission de Jésus lui-même : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pêcheurs au repentir » Luc 5, 31-32).
A Beauraing, en promettant de convertir les pêcheurs, Marie se montre partie prenante de la mission de l’Eglise, laquelle actualise la mission de Jésus.
"Je convertirai les pécheurs ”
message de la sainte Vierge le 3 janvier 1933 à Beauraing
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EquipeApocalypse@Evangile-abbé Marcel DIDIER-extrait du livret "A la lumière de l'Ecriture Sainte"
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