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François-Dominique Roger

La Sainte Liturgie de la Toussaint 2026

27 Octobre 2026 , Rédigé par Espace Liturgique

Liturgie du dimanche 1er novembre 2026 - Tous les Saints 
Couleur liturgique : blanc

 

Dans les lectures du jour 
La fête de la Toussaint élargit l’espace de notre vie : elle nous associe à tous les saints, connus et anonymes, qui nous ont précédés, ceux qui, avant nous, ont cherché à suivre le Christ et à vivre de l’esprit du Royaume. En célébrant tous les saints dans une même fête, nous rendons grâce à Dieu pour sa sainteté qu’il prodigue aux hommes. Notre vie de baptisés s’en trouve éclairée et nous sommes ravivés dans l’appel à mettre en œuvre les réalités des Béatitudes : travailler pour la justice et la paix, soutenir les affligés et partager les œuvres de ceux qui manifestent la miséricorde de Dieu

Mettre en œuvre la liturgie

Première lecture - Apocalypse 7, 2-4.9-14
« Que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu »

Notre vie de chrétiens sur terre doit se dérouler dans la perspective du royaume des Cieux. L’Apocalypse nous dévoile ce qu’elle sera ultérieurement : l’assemblée des disciples du Seigneur, l’Église céleste, réunie avec lui, pour chanter sa victoire sur le Mal qu’auront affronté les témoins du Christ.

Dans la foulée des malheurs annoncés au chapitre 6 de l’Apocalypse, la question posée à la toute fin de ce chapitre – « Qui pourrait tenir ? » –, induit une réponse plutôt navrante : « personne », ou presque. Mais la réponse donnée par Jean est tout sauf déprimante. Les 144 000 « marqués du sceau » sont une représentation pleine et entière, voire idéale, du peuple issu des douze tribus d’Israël. En outre, la foule immense « que nul ne pouvait dénombrer » vient de tous les horizons : « de toutes nations, tribus, peuples et langues ». La liturgie céleste – « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce » – reflète bien l’espérance des premières communautés chrétiennes, réconfortées dans l’épreuve par la victoire éclatante de l’Agneau

Cette vision de Jean est réconfortante, car elle laisse à penser que toute l’humanité est appelée à faire partie de cet immense cortège de tous les saints

Psaume – 23 (24)
« Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! »

Ceux qui cherchent le Seigneur le trouveront sur sa montagne, c’est-à-dire au terme d’un long déplacement. Notre recherche de Dieu est comme un pèlerinage où le Seigneur se représente à nous comme un compagnon de marche et comme le but de notre quête.
Ce psaume, chanté dans la liturgie du Temple, donc en présence de Dieu, nous révèle que les demandes de Dieu sont à la fois simples et exigeantes, à savoir, « garder ses mains innocentes et préserver son cœur de l’idolâtrie » et « ne pas faire obstacle à son prochain qui a droit, lui aussi, d’accéder au Père »

 

Deuxième lecture - 1 Jean 3, 1-3
« Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu »

L’image du sceau qui marque les disciples, évoqué dans l’Apocalypse, exprimait déjà la notion d’appartenance à Dieu. Saint Jean la précise ici en mentionnant notre filiation reçue de Dieu qui se manifestera pleinement quand nous le verrons face à face.

Jean s’extasie devant la grandeur de l’amour que Dieu nous porte et devant la sublimité de notre statut « d’enfants de Dieu ». Mais il demeure réaliste : ce statut n’est pas reconnu par « le monde » et les chrétiens doivent savoir qu’il y a un combat à mener. Il faut du courage pour mener ce combat et surtout une grande et invincible espérance. Oui, « nous le savons », un jour nous verrons Dieu – « tel qu’il est ». Pareille espérance n’est pas une fuite en avant, car c’est maintenant et chaque jour qu’elle nous rend purs « comme Dieu lui-même est pur »

Jean rappelle que l’Évangile nous apprend à espérer ce que Dieu espère pour nous. La force de l’Évangile est de faire grandir notre espérance, grâce à Jésus venu pour la vie éternelle. L’espérance d’un tel événement nous purifie et nous transfigure déjà. Contempler, c’est déjà devenir ce que l’on contemple 

 

Le sermon sur la montagne - Les Béatitudes

Évangile - Matthieu 5, 1-12a
« Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse »

Les Béatitudes sont plus que des promesses pour l’au-delà : les Cieux, lieu de la récompense, sont déjà présents puisqu’ils correspondent au royaume de Dieu déjà commencé pour notre temps. Vivons selon son esprit et nous connaîtrons la joie promise par le Christ à ses disciples

Le discours des Béatitudes est l’un des plus représentatifs non seulement de l’enseignement de Jésus, mais aussi de ce qu’a été sa vie. Jésus a bel et bien été pauvre de cœur, doux, affamé et assoiffé de justice, miséricordieux, etc. Il a aussi pleuré et il a été persécuté, insulté, accusé à tort. Jésus ne parle pas ici d’une voie facile : il y a un prix à payer pour ce bonheur, qui est celui de la compassion, de la justice et de la miséricorde. Ce discours a inspiré, à travers les siècles, une foule immense de témoins – hommes et femmes – qui en ont vécu les exigences et récolté les fruits. En communion avec le Christ et avec tous les saints, il nous appartient maintenant, à tous et à toutes, de faire de cette page d’Évangile la source de notre bonheur

Pour Jésus, toutes les situations humaines peuvent devenir des occasions de se mettre en marche pour le bonheur et la sainteté. Jésus assure qu’il est avec nous. C’est dans les larmes de Jésus que nous sommes consolés, et que nous pouvons vivre pleinement les béatitudes

Points forts

Vénérer un saint : En ce jour de la Toussaint, on s’efforcera de mettre en valeur un saint, par exemple le saint patron de l’église, en fleurissant sa statue ou son vitrail. On peut aussi l’orner de cierges ou de lumignons. La procession d’entrée ou de sortie pourra passer devant lui pour le vénérer.

L’assemblée des fidèles : Nos assemblées sont l’image de l’Église dont les dimensions dépassent les limites de ce que nous voyons : elle rassemble tous les saints du ciel, connus et inconnus, et les fidèles appelés aujourd’hui par le Christ. Que notre assemblée ne soit pas dispersée en ce jour et, par quelques signes d’accueil, que chacun y trouve sa place !

Les vivants et les morts : La Toussaint est souvent associée aux défunts dans la mentalité commune, puisque nos regards montent vers le Ciel en ce jour et que le lendemain nous prions pour nos défunts. On ne manquera pas de les associer à notre prière, particulièrement au memento des défunts, tout en rappelant que la Toussaint est une fête joyeuse.

Mots clés

Être assis : La position assise est pour nous d’abord une attitude de repos mais, au temps de Jésus, c’est la posture de celui qui enseigne, tels les rabbins ou les philosophes. Quand l’évangéliste précise que Jésus est assis, il nous signifie qu’il va donner un enseignement important, ce qui est le cas avec la proclamation des Béatitudes.

Le sceau : Moins utilisés à notre époque, les sceaux étaient le moyen de certification d’un texte par une autorité, qui apposait son empreinte sur un document. En cela, c’était une extension de sa propre personne. Le livre de l’Apocalypse emploie plusieurs fois ce mot pour signifier l’appartenance des fidèles au Seigneur et on le retrouve dans la formule de la confirmation : « Sois marqué de l’Esprit Saint, le sceau de Dieu » 

La montagne du Seigneur :  Les montagnes, parce qu’elles se trouvent en hauteur, ont toujours été considérées comme des lieux de présence de divinités. Moïse a rencontré Dieu sur la montagne de l’Horeb. Les prophètes, puis l’Apocalypse, ont repris cette référence en désignant « la montagne de Dieu » comme lieu symbolique de la rencontre de Dieu. À Jérusalem, le Temple était placé sur une hauteur, le mont Sion.

 

Equipe Liturgique@Evangile – extrait de PrionsenEglise – illustration les cahiers de PrionsenEglise

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