Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
François-Dominique Roger

Liturgie du15e dimanche du temps ordinaire A

7 Juillet 2026 , Rédigé par Espace Liturgique

Dans les lectures du jour - couleur : vert

Les mots du prophète Isaïe et la parabole présentée par Jésus utilisent la même image : la parole de Dieu n’est pas faite seulement pour être écoutée, mais pour être efficace, c’est-à-dire porter du fruit. La comparaison avec le grain semé en terre est utilisée dans les deux cas. Isaïe établit une comparaison avec la pluie qui féconde la terre. Jésus insiste sur la qualité de la terre, dans une image accessible à tous. Il invite aussi à reconnaître les différences : nous sommes constitués de sol sec et pierreux, nous pouvons porter du fruit qui ne saura grandir, et notre capacité à faire grandir la parole de Dieu dans de la bonne terre n’est pas la même pour tous. La parole de Dieu devient réellement vivante quand nous la mettons en œuvre chaque jour de notre vie.

 

Première lecture - Isaïe 55, 10-11
« Ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat »

Pour consoler les exilés et les exhorter à la conversion, le prophète Isaïe sait utiliser des images efficaces. Il emploie ici la double image de la pluie et de la neige qui fécondent la terre. Ainsi en va-t-il de la parole de Dieu qui descend du ciel, elle aussi, et qui produit immanquablement des fruits. C’est dire que tous les magnifiques oracles de salut rassemblés dans ce deuxième livret d’Isaïe (chapitres 40 à 55) vont s’accomplir : joie, paix et justice resplendiront de nouveau à Jérusalem et sur toute la terre.

 

Psaume - 64
« Tu couronnes une année de bienfaits, sur ton passage, ruisselle l’abondance »

Le psalmiste s’extasie devant l’abondance et la munificence des bienfaits que Dieu prodigue à la terre et à ses habitants. Ce dernier tiers du psaume est consacré exclusivement à la bénédiction que sont les pluies et autres sources d’eau que le Créateur ne cesse de dispenser à la terre. Le titre du psaume porte la mention de « chant » et donne à penser qu’il aurait servi à une antique fête liturgique des semailles et des moissons. Mais la portée du psaume est universelle : « la terre » que Dieu « visite » est bien celle que Dieu a créée à l’origine, et qu’il a dotée de multiples sources et cours d’eau.

 

Deuxième lecture - Romains 8, 18-23
« La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore » 

Paul jette un regard original sur la Création, déjà mise à mal par « le pouvoir du néant » et « l’esclavage de la dégradation ». Il invite cependant ses lecteurs à ne pas céder au défaitisme. Paul leur demande d’espérer vivement « la révélation des fils de Dieu » et « la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu ». Malgré les tourments qui affligent le monde présent, il faut savoir lire les signes avant-coureurs de la gloire à venir : un nouveau monde s’apprête à naître grâce à l’Esprit Saint qui a ressuscité Jésus.

 

Évangile - Matthieu 13, 1-23
« Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, de soixante ou de trente pour un »

Cette parabole est sans doute une des plus connues de l’Évangile. Les images semblent si parlantes qu’on est en droit de se demander pourquoi Jésus est contraint de l’expliquer à ses disciples. Si nous la comprenons si bien, c’est que nous en avons toujours entendu l’explication, mais aussi parce qu’elle nous atteint directement. Nous savons bien que nous avons en nous un mélange de sol pierreux, de bonne terre, de ronces, de bonnes intentions qui ne durent pas. Jésus nous appelle en fait à nous interroger sur la manière de « mettre de l’engrais » et d’arroser, comme l’évoquent les premiers textes, pour que la Parole semée puisse porter du fruit, dans des proportions différentes selon les personnes. Il fait appel à nos expériences familières pour ensuite nous amener à percevoir la nouveauté du Royaume qu’il annonce. La parabole est elle-même une semence appelée à croître dans le cœur des chacun.

 

Mettre en œuvre la liturgie

Points forts

Liturgie de la Parole :
La parole de Dieu est au cœur des textes de ce dimanche, dans la première lecture et l’évangile. Il serait intéressant de lui donner une importance symbolique plus forte en procédant à ce que les orthodoxes appellent la « petite entrée » : le premier lecteur porte le lectionnaire jusqu’à l’ambon, pendant qu’on chante un refrain d’acclamation à la parole de Dieu. Il ne s’agit pas de la procession de l’évangile ni du chant d’un alléluia, mais d’une ouverture plus marquée de la liturgie de la Parole.

L’attention à nos assemblées : 
Tout au long de l’été, nos assemblées vont connaître une modification de leur composition. Des personnes seront absentes, d’autres seront présentes pour un temps de vacances. On sera davantage attentifs à l’accueil de chacune et de chacun, aux indications pratiques – placement, carnet de chants, etc…– et on pourra aussi solliciter des personnes pour participer à la liturgie (lectures, service de l’autel, chant ). On les mentionnera toujours à l’accueil et à l’envoi.

Du blé dans le chœur :
Nous arrivons à la période où le blé – et d’autres céréales – est bientôt prêt pour la moisson. C’est une évidence à la campagne, c’est moins visible dans les villes. Il serait intéressant, pour ce dimanche et les deux suivants, d’imaginer un décor à l’aide d’épis de blé, non seulement dans le chœur, mais aussi à l’entrée de l’église ou dans d’autres lieux comme sur des piliers. Même en ville, Trouver des personnes qui apporteront ce qu’il faut pour imaginer un décor en lien avec les évangiles de ces dimanches.

 

Mots clés 

La Parole vivante : Même si l’usage veut que le christianisme soit quelquefois associé aux « religions du livre » (Bible et Coran), il nous faut quelquefois préciser que nous sommes d’abord une « religion de la Parole ». En effet, comme le précise le prophète Isaïe dans la première lecture, la parole de Dieu est vivante et porte du fruit. La Bible, et notamment le Nouveau Testament, nous révèle ce que Dieu nous a transmis par le Christ. Nous croyons cependant que Dieu continue à nous parler au quotidien et que sa parole est vivante chaque fois que nous la mettons en pratique. 

Porter du fruit : Dans l’évangile, Jésus énumère les terrains de nos vies qui ne sont pas propices à l’éclosion de la Parole qu’il sème en nous. Il souligne cependant que tous ne portent pas du fruit dans la même proportion : la Parole germe a raison de cent, soixante ou trente pour un. Il est intéressant de s’apercevoir que, pour le Christ, si tous sont appelés à faire fructifier la Parole et à la faire vivre, les capacités différentes de chacune et de chacun sont respectées. Nous ne sommes pas jugés sur nos performances, mais sur le fait d’accueillir et de faire porter du fruit à la Parole, selon nos possibilités. 

En paraboles : Nous connaissons si bien les paraboles comme celles du semeur que nous pouvons nous étonner du fait que les disciples ne les comprennent pas toujours. Jésus fait cependant une œuvre pédagogique admirable. Il prend toujours appui sur ce qui est familier dans le quotidien de ses auditeurs pour les conduire plus loin… et cela a commencé le jour de sa naissance à Bethléem ! L’Incarnation, c’est bien la manière de Dieu de venir habiter au milieu des hommes et de donner sens à leur histoire par sa parole vivante

 

Equipe Liturgique – extrait de PrionsenEglise – illustration PrionsenEglise
 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article