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François-Dominique Roger

Liturgie de 21ième dimanche du Temps Ordinaire

18 Août 2026 , Rédigé par Espace Liturgique

Dimanche 23 août 2026 - couleur liturgique : vert

Dans les lectures du jour 
En ce 21e dimanche, l’Écriture invite à méditer sur l’exercice de l’autorité de ceux qui sont appelés à être responsables de leurs frères. La métaphore de la maison, et des clés qui y donnent accès, est connue de l’Ancien Testament et Jésus l’applique à l’Église qu’il veut lui-même bâtir. Il compte pour cela sur tous les baptisés, pierres vivantes, et sur la foi solide de Pierre à qui il la confie. Rendons grâce et prions pour les successeurs de Pierre qui guident aujourd’hui l’Église du Christ.

 

Première lecture - Isaïe 22, 19-23
« Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David »

Le gouverneur Shebna n’a pas bien servi et défendu le peuple, Dieu le remplace par Éliakim, à qui il donne la « clé de la maison de David ». De quoi réfléchir nous-mêmes à la manière dont nous exerçons nos responsabilités. Éliakim ne fera pas mieux que son prédécesseur ! Isaïe reviendra à la charge plus tard, en mettant l’accent, comme toujours, sur la foi en Dieu et sur le respect de son alliance. Dieu confie le pouvoir à qui en est digne.

Psaume - 137 (138)
« De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce »

L’action de grâce est sans doute la plus belle prière, et le psalmiste nous entraîne dans son chant. Prenons conscience de tous les dons que le Seigneur nous fait et adressons-lui notre merci.

Deuxième lecture - Romains 11, 33-36
« Qui lui a donné en premier et mériterait de recevoir en retour ? »

Paul conclut ici sa longue discussion sur le « mystère » d’Israël (son élection, son péché et son retour en grâce) et l’appel des païens au salut. Il sait reconnaître les limites de sa propre réflexion théologique et l’heure est venue pour lui de s’extasier devant les profondeurs du mystère et des « chemins » de Dieu. Il le fait d’ailleurs en empruntant les mots d’un psalmiste (Ps 138), d’un sage (Sg 17, 1) et d’un prophète (Is 40, 13). Paul se trouve donc en terrain solide pour célébrer l’altérité et la transcendance de Dieu. Il ne lui reste plus qu’à s’incliner devant le mystère par un « Amen » retentissant. La discussion théologique a cédé le pas à la contemplation et les lecteurs de Paul se voient invités à en faire autant. À Dieu seul la gloire.

Évangile - Matthieu 16, 13-20 
« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » 

La profession de foi de Pierre (« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! ») est remarquable et exemplaire. Pierre parle au nom des disciples, la béatitude que Jésus prononce à son sujet vaut pour tous. On pourrait parler d’une illumination soudaine : Pierre a eu la bonne réponse. Mais combien de questions subsistaient encore dans la tête des disciples ! Jésus les invite justement à se prononcer sur les opinions qui courent à son sujet et surtout à prendre position personnellement : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » La foi ne saurait se figer dans une seule formule, si juste soit-elle. Elle est cheminement, recherche et redécouverte du Jésus des Évangiles

Mettre en œuvre la liturgie 

Points forts 

Le pouvoir des clés : Une ville, comme une maison, délimite son espace par une fermeture – symbolique ou réelle – à clés. Sa clé est transmise au nouveau propriétaire lors d’une passation de pouvoir car elle symbolise effectivement l’autorité qui lui est reconnue. La Bible connaît cette thématique : en témoignent la première lecture et l’évangile de ce dimanche. Saint Pierre est représenté avec des clés. 

« Pour vous, qui suis-je ? » : C’est la question de confiance que Jésus nous pose aujourd’hui, comme il l’a posée à ses disciples. À donner à méditer en début de célébration, lors de l’homélie ou pour introduire la profession de foi. Notre réponse à cette interrogation nous engage : le Seigneur n’attend pas de réponses toutes faites, il espère des cœurs sincères et heureux de marcher dans ses pas. 

L’Église : Jésus donne à Pierre « les clés du royaume des Cieux », et nous comprenons « les clés de l’Église ». Mais attention à ce raccourci trop rapide : l’Église n’est pas le Royaume, elle en est « le germe et le commencement sur la terre » (Vatican II, Lumen Gentium no 5). Bien sûr, en mission dans le monde, elle « aspire à l’achèvement de ce Royaume ». 

 

Mots clés 

Les clés : On représente souvent saint Pierre en lui faisant porter deux clés : il s’agirait de la clé du salut des âmes et de la clé du Royaume. Comme Éliakim a reçu la clé de la maison de David, saint Pierre est choisi par Jésus parce qu’il vient de le reconnaître comme « Fils du Dieu vivant » : cette foi solide fonde l’Église. En tant que successeur de Pierre, le pape hérite à son tour des clés confiées par le Christ, c’est pourquoi des clés figurent dans les armoiries du Saint Siège. 

De lui, par lui, pour lui : Saint Paul, émerveillé de l’amour de Dieu pour tous les hommes, chante la gloire du Seigneur par la formule dense « Tout est de lui, et par lui, et pour lui ». Cette doxologie est à l’origine de celle qui conclut chaque prière eucharistique et par laquelle nous rendons grâce au Père par le Christ, avec le Christ, en Christ. 

Lier et délier : Ces verbes proviennent eux aussi de la Bible, où on les rencontre toutefois dans divers contextes : on détache l’ânon sur lequel Jésus montera pour entrer à Jérusalem (cf. Mc 11, 2-5) ; en ramenant Lazare à la vie Jésus, demande de délier les bandelettes qui l’entourent (cf. Jn 11, 44). Ici, il s’agit du pouvoir spirituel de Pierre pour libérer du péché et donner accès au Royaume

 

Equipe Liturgique@Evangile - extrait de PrionsenEglise - illustration PrionsenEglise - Bernadette Lopez

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