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Le berceau du fer

Fête de la Sainte Famille

27 Décembre 2020 , Rédigé par Espace Liturgique Publié dans #Meditation

Visitation Rituelle - Méditation de l'Evangile selon saint Luc ( 2,22-40)

Rien de plus banal que ce couple, Marie et Joseph, qui vient honorer Dieu et sa Loi prescrivant de lui consacrer le premier-né masculin. Et pourtant, une fois encore, le texte déborde de mystère. Il semble se placer à la croisée du temps dans une admirable convergence des êtres et des promesses. Syméon reçoit dans ses bras l’attente de toute une vie au soir de la sienne, et Anne, comme en écho, venait confirmer par sa louange l’événement du jour. L’enfant poursuit son chemin, mais il bouleverse déjà les cœurs religieux qu’il est venu combler. Cette vie en genèse est bien la lumière d’un monde.

Syméon et Anne ont vu se lever le soleil des temps nouveaux au couchant de leur vie. L’attente est terminée. C’est la célébration qui prévaut, même si une nouvelle annonciation est faite à Marie. Le tragique n’est pas absent du merveilleux et du mystère. Il l’accompagne, comme l’ombre accompagne la lumière. Mais l’heure n’est pas encore venue. Cette vie promise à de grandes choses balbutie à peine quelques mots. Le temps donnera son fruit. En attendant, il est confié aux bons soins du père et de la mère. Dieu ne prend pas d’autre chemin que celui de l’humain. Mais le quotidien lui aussi a vécu sa Visitation au Temple. Comment continuer à vivre sa vie avec ces événements, ces paroles prononcées ? Rien ne peut plus être comme avant. Désormais résonnent les mots de la prophétie accomplie, les mots du prophète débordés de joie, les mots ouverts à l’avenir, la chair de l’espérance. Comment regarder désormais cet enfant si ce n’est par ce prisme nouveau de ce jour décisif ?

Jésus ne leur appartient déjà plus. Il appartient à l’espérance de ceux qui l’attendent. Il est venu au monde pour cela, pour tous ceux-là qui guettent un monde nouveau. Les yeux de ses parents ne peuvent plus désormais oublier qu’il n’est pas leur enfant. Ils ne peuvent plus l’enfermer dans leur vouloir. Il est né d’un autre vouloir. Marie et Joseph eux non plus ne s’appartiennent plus. Le glaive a entamé son travail de séparation. Ils sont au service d’une parole en cours, d’une parole qui va leur échapper. Ils sont l’icône des mains ouvertes qui ne peuvent se refermer sur l’enfant reçu. Il est destiné à passer de bras en bras pour que tous puissent toucher Dieu. Il sera à tous et pour tous. La joie ne relève pas du sang. Elle est le tremblement de la chair traversée par la grâce. Il est venu au milieu de nous pour cela: un tremblement de joie.

Soyons ces bras ouverts, accueillants à ce grand bouleversement d’un Dieu qui n’en finit pas de nous faire grandir en sagesse et en grâce à mesure que nous laissons sa parole nous entraîner au-delà du premier coup d’œil. En Jésus, il y a bien plus qu’un enfant. Il y a Dieu. Heureux ceux qui laissent Dieu prendre le temps de l’être !
 

Equipe Evangile&Peinture - M-D Minassian – Peinture Berna - composition F Roger

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