Envoyé par notre évêque sur la communauté de paroisses du
« Bienheureux Jean XXIII du berceau du fer », j’ai posé mes valises parmi vous en septembre 2010.
En arrivant
j’avais deux priorités en tête.
-
La première : découvrir ce coin du diocèse que je ne connaissais pas, communauté de paroisses, l’archiprêtré, en cherchant la rencontre avec les gens du
cru.
- La seconde, issue de mon expérience de
curé et de la réflexion portée par les lieux de responsabilité auxquels j’ai participé, donner une structuration à la communauté pour perdre le moins d’énergie possible dans la gestion du
quotidien et mutualiser les bonnes volontés pour ouvrir l’avenir.
Je ne dirai pas grand-chose de la découverte de cette région. J’ai pris contact avec ce que vous connaissez depuis longtemps et vous êtes mieux à même d’en parler que moi. La tension entre un passé qui a profondément marqué, mais en voie de disparition et des nouveaux venus qui sont ailleurs dans tous les sens du terme, est bien palpable. Ça n’est pourtant pas propre à la région, je l’ai trouvé ailleurs, y compris sur la quartier neuf de Metz comme Borny-La-Grange aux bois, où on trouve des personnes qui racontent combien c’était mieux il y a 20 ou 30 ans... Le réflexe de se réfugier dans les identités locales ( on est de Marspich, Konacker, Neufchef...), se retrouve ailleurs également, et s’il ouvre fréquemment des conflits de personnes, de pouvoir, de revendications... il est aussi « folklorique » et permet d’exprimer la diversité, la richesse potentielle du groupe.
Je commence à percevoir quelques aspects de la vie locale avec son passé, son histoire et ses (petites) histoires, ses nostalgies et ses lourdeurs. Et aussi les bonnes volontés dans toutes les tranches d’âge. Saurons-nous les solliciter et les mobiliser ?
Ma seconde priorité est bâtie sur une conviction vérifiée par l’expérience. Une communauté se rassemble autour d’un centre qui se met au service des réalités qui l’entourent. Ce centre doit offrir l’essentiel de la proposition de foi chrétienne et les services recherchés par les paroissiens. C’est cette base qui va permettre une plus grande proximité locale. Plus concrètement, Bosment, Konacker ou Neufchef... n’auront pas forcément une équipe de préparation au baptême, au mariage, des accompagnateurs pour le catéchuménat, un bureau de permanence avec ses branchement internet ect...On trouvera tout cela au centre. Par contre on pourra faire vivre des équipes de catéchisme, de première communion, une équipe liturgique, une équipe qui entretient l’église et la sacristie, la visite des malades, etc...parce qu’il a un centre qui coordonne et soutient.
Ce centre est de fait chargé d’animer la communauté. Et pour moi, animer c’est non seulement organiser mais aussi « donner une âme », faire vivre un « esprit ». C’est la responsabilité première du curé, des prêtres, diacres et animatrices en pastorale qui collaborent et sont nommés au service de la vie dans cette communauté de paroisses.
Ce n’est pas le lieu ici pour faire un tour d’horizon complet
de la vie communautaire et paroissiale. Mais deux points
ressortent : le presbytère de Hayange qui devrait être le centre et les horaires des messes.
Le presbytère est en cours de désaffection. Dans le processus juridique en cours, nous en sommes encore à l’étape où il est encore à notre disposition. Il fonctionne « à minima » avec quelques réunions et une permanence le jeudi matin. Il n’est plus chauffé, ce qui en limite l’usage dés qu’il ne fait plus beau. Les deux salles à l’arrière de la maison sont par contre de nouveau fonctionnelles. Avec les instances diocésaines, la municipalité et le conseil de fabrique, nous mettons en route une concertation pour que le prêtre puisse revenir sur le centre de Hayange. En attendant, merci à la paroisse de Serémange qui me longe et qui prend soin du coup d’une part importante dans la vie de la communauté.
Concernant les horaires des messes ; je sais qu’il n’y a pas de solution qui satisfasse tout le monde. J’ai fait le choix d’un système simple et régulier, qui a plutôt mal fonctionné, même s’il a bousculé des habitudes. Les horaires retenus permettaient une régularité simple à mémoriser et aussi au prêtre d’avoir un peu de temps pour rencontrer les paroissiens et les paroissiens de pouvoir le retenir quelques instants. Cependant, il y a eu quelques frictions. Merci à celles et ceux qui m’en ont parlé ouvertement et s’il y a eu de changement, c’est que les alternatives créaient plus de problèmes qu’elles n’en résolvaient. Le système permet une messe toutes les deux semaines dans chaque église.
Dans quatre églises, la semaine où il n’y a pas de messe, il y a une assemblée de prière.
Merci au travail fait par les équipes liturgiques qui les prennent en charge. Le point faible c’est la gestion des exceptions et des particularismes. Il y a eu quelques messes qui n’ont pas été assurées, involontairement, à cause de problème d’agenda des prêtres, et ce malgré l’aide apporté par nos collègues en retraite. En arrivant je me doutais qu’il y aurait un prêtre en moins la deuxième année, aussi je crains que cela ne se reproduis encore.
Un mot encore, concernant cette question des horaires. Ce sont les anciens, majoritairement présents dans nos assemblées dont les habitudes sont bousculées. Il est évident qu’ils peuvent le vivre mal. Pourtant si l’on veut préserver l’avenir, il nous faut nous adapter aux plus jeunes et en particulier aux enfants de la communion. A travers eux, nous pouvons toucher les parents, au moins de temps en temps. Or ces deux publics ont parfois des fonctionnements opposés. Alors qui faut-il privilégier ? Ou, plus sûrement, ne vaut-il chercher des points de rencontres ? Je ne peut pas développer ici la recherche de l’église de France dans sa volonté de proposer la foi à tout le monde. Elle se joue en partie de cette question d’horaires qui peuvent qui peuvent permettre de donner la possibilité de vivre un vrai moment de foi au moins de temps en temps, avec des participants « qu’on ne reverra pas la fois suivante ». de toute manière, si nous n’essayons pas, si nous, si nous n’osons pas sortir des chemins qui depuis tant d’années ne produisent que la situation que nous constatons, combien de temps encore aurons-nous les moyens de garder ouvertes nos églises ?
A le rentrée, l’équipe d’animation pastorale, mes collaborateurs et moi-même, nous ferons des propositions dans ce domaine.
Une manière de vivre l’Eglise, qui nous est familière, s’éteint
peu à peu et cela nous fait mal. La foi qui est dans nos cœurs survit pourtant autrement dans le cœur de nos enfants et petits enfants. Ils ne suivent pas notre chemin et nos pratiques mais
restent ouverts à l’appel de Dieu. Un visage d’Eglise disparaît, un autre émerge, petitement. Celui qui s’achève, nous le connaissions bien, en particulier nous les fidèles. Celui qui naît par
contre, on en distingue difficilement les traits. Le passé rassure, l’avenir et l’inconnu inquiètent.
Quelques uns autour de moi, des jeunes comme des anciens, ont déclaré que Dieu c’est passionnant, même si l’Eglise ou la
communauté des croyants, c’est lourd. Dieu tend la main à chacun.
Aurons-nous la foi pour la voir et l’espérance pour oser la
saisir ? Je crois que oui.
Gérard Schaeffer, curé
26 juin 2011.
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Communauté de paroisses du Berceau du fer
Nous croyons fermement, et ainsi nous espérons, que de
même que le Christ est vraiment ressuscité des morts et qu'il vit pour toujours, de même après leur mort les justes vivront pour toujours avec le Christ ressuscité et qu'il les ressuscitera au
dernier jour.
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