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Panorama du berceau du fer

Sens liturgique

13 Octobre 2019 , Rédigé par E.C.P. Publié dans #méditation

Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus est en route vers Jérusalem. Ce n’est pas anodin, car dans cette petite annotation, c’est l’orientation de tout son être qui se prépare à ce qu’il va vivre à destination. Tout ce qu’il vit en chemin participe de sa préparation et de celle des disciples qui marchent avec lui. 

En arrivant dans ce village, il rencontre en fait la réalité de ceux pour qui il est en train marcher. Et il y a comme un courant d’air qui l’annonce à l’avance, parce que ce sont les périphéries qui viennent à lui. Et elles connaissent son nom. Son nom le précède et ouvre l’espoir dans le cœur des exclus, des pestiférés. Son nom les autorise à l’appeler et leur donne pouvoir sur lui. Jésus ne les entend pas, il les voit. Pourtant ils crient. Alors que voit-il ? La distance imposée à ceux qui étaient condamnés à vivre en dehors de la ville, la misère, le mépris de ceux dont on ne peut plus supporter la vue et l’espoir ouvert par son passage. Jésus voit et cela change tout. 

Son cœur compatissant est sans limite. Il les restitue immédiatement à la vie sociale, en les envoyant à l’autorité qui va pleinement les réintégrer. C’est seulement en chemin qu’ils se retrouvent purifiés. A distance. Une distance qui ne les enferme plus mais au contraire leur redonne d’être libres. Libres même de Jésus qui les a guéris. L’histoire pourrait s’arrêter là. D’ailleurs, elle s’arrête là pour 9 de ces lépreux qui ne le sont plus. 
Mais l’un d’entre eux, le dixième, a saisi l’extraordinaire apparu dans sa vie, et il a voulu en remercier celui à qui il devait sa vie nouvelle. Magnifique liturgie intérieure qui déborde de cette nouveauté extrême et qui a besoin de le dire à celui seul qui est capable de le comprendre en profondeur et d’accueillir sa joie. Cet homme était un lépreux. Il est devenu un gracié et un joyeux parce que reconnaissant. La reconnaissance fait partie de la vie du croyant. Elle augmente sa joie car elle prend acte à tout moment des merveilles que Dieu accomplit sans cesse dans nos vies. La nôtre, celle des autres. 

La relecture fait de nous des croyants, des reconnaissants et des joyeux. Décidément, les samaritains ont bien des choses à nous apprendre. Il y avait un modèle de diaconie (le bon SamaritaIn). Il y a maintenant un modèle de liturgie doublé d’un modèle d’annonce de la foi. Quoi de plus communicatif qu’un joyeux miraculé humble et reconnaissant ?

Oui, nous avons bien des choses à apprendre des autres qui nous réorientent sur l’essentiel dans nos vies. Jésus ne cesse pas de nous prendre dans sa marche, de nous prendre dans son cœur compatissant qui non seulement guérit mais accueille la joie après la souffrance. Il nous garde, corps et sang, dans son mouvement pour que nous puissions vivre comme lui cette liturgie essentielle, notre marche vers le Père et prendre avec nous tous ceux que nous portons dans notre cœur sans laisser personne en périphérie. 

Equipe Evangile@Peinture- M-D Minassian – Peinture Bernadette Lopez - Fribourg
 

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