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Le blog de l'Equipe d'Animation Pastorale du berceau du fer

8 janvier L'Epiphanie, 15 janvier Journée du Migrant et du Réfugié

8 Janvier 2017 , Rédigé par E.A.P Publié dans #Méditation

Depuis quelques décennies, le jour de l’Epiphanie est devenu dans de nombreuses paroisses le dimanche des migrants. Ce jour-là des cantiques en langue étrangère agrémentent la liturgie du jour et des costumes folkloriques d’autres horizons, plus colorés les uns que les autres, mettent quelques touches de fraîcheur au milieu de la grisaille hivernale, tout comme les rois mages qui ont pris place dans la crèche, drapés dans leurs habits dorés. Venus de l’Orient mystérieux, ils sont eux aussi les migrants de la fête.

Les migrants d’aujourd’hui sont bien différents, ils ne viennent pas les mains chargées de cadeaux et décidés à repartir après quelques jours de tourisme. Ils sont des migrants politiques demandeurs d’asile ou des migrants économiques cherchant sur notre vieux continent une vie plus humaine. Les sages de chez nous les saluent poliment et leur expliquent pudiquement qu’ils ne peuvent pas accueillir toute la misère du monde, mais les migrants continuent à frapper à la porte comme l’ami importun* de la parabole de Jésus.

Quelques vétérans de chez nous se souviennent qu’ils ont été eux aussi évacués, réfugiés ou même déportés, heureux eux aussi d’avoir été accueillis ou même parfois simplement soutenus par un morceau de main tendu par-delà une barrière de barbelés.

Tous, en tous cas beaucoup des migrants gardent l’espoir de pouvoir dire un jour, comme dans la parabole du jugement dernier : « J’étais étranger, et vous m’avez accueilli. »** Et le lecteur assidu de la Bible se dit : « Le peuple de Dieu n’a-t-il pas toujours été un peuple de migrants ? »

*Luc XI,5-8 ; ** Matthieu XXV,38 ; *** comme Abraham ou les fils de Jacob en Egypte.

l’AGENDA BUISSONNIER - Pierre BEKER

Témoignages de migrants

Je souhaite apprendre un métier !

« J’ai quitté le Mali en septembre 2014 à 16 ans et suis arrivé à Brest quatorze mois plus tard, après être passé par la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne où j’ai travaillé pour payer le voyage. Pris en charge par le Conseil général jusqu’à mes 18 ans (mars 2016), je vis depuis dans un squat, mange dans les associations, vais quatre fois par semaine à l’Abaafe. J’y apprends à lire, écrire, parler mieux français. J’ai l’autorisation de séjour jusqu’en février 2021, mais pas celle de travailler. Fin 2015, j’ai téléphoné à mes parents, ils étaient persuadés que j’étais mort. Je ne regrette pas d’être venu ici, je souhaite apprendre un métier, faire n’importe quel travail».

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