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Notre Dame de Hayange

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 21:22
Saint Martin, Soldat, Moine et Evêque de Tours

Saint Martin, Soldat, Moine et Évêque de Tours,est fêté le 11 novembre…
Le 1 700e anniversaire de St Martin est l'occasion de redécouvrir l'évangélisateur de la Gaule, inspirateur de toute une culture populaire. Le jubilé démarre mardi 10 novembre 2015 et durera jusqu’au 4 juillet 2017.

Il faut revenir en 316, année de naissance de Martinus, sous un Empire romain qui est, depuis un siècle, une dictature militaire. C'est l'armée qui dirige l'Empire, sans beaucoup de tendresse, mais efficacement. En 316, Constantin est empereur. Un pur soldat, qui s’est déclaré chrétien au moment de livrer un combat décisif à son adversaire Maxence. Désormais, il est possible d'être chrétien dans l'Empire, de célébrer au grand jour, de prêcher, de construire des églises.

À cette nouveauté s'opposent deux foyers de résistance : la ville de Rome et l'armée. Rome, où un paganisme intellectuel et aristocratique reste bien vivant, l'armée, où il est mal vu d'être chrétien. Le culte païen patriotique des militaires ne peut s'accommoder d'un Dieu pacifique qui n'a cure de l'empereur et qui meurt par amour. Or Martin est, comme Constantin, un fils de général. L'armée des IIIe et IVe siècles est une affaire de famille : Martin suit son père dans ses garnisons ; il naît en Hongrie, sur la frontière, et il devient militaire à l'adolescence. Lorsque Martin manifeste son attirance pour le christianisme, son père le prend fort mal.

Saint Martin, Soldat, Moine et Evêque de Tours

En 338, il est en garnison à Amiens. Il a 22 ans. C'est alors qu'a lieu l'épisode du manteau. Martin croise un pauvre qui grelotte, prend son manteau, le coupe en deux, donne la moitié au pauvre, puis voit en songe la nuit suivante le Christ revêtu du même manteau. « Ce que tu fais au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que tu le fais », dit l'Évangile. Mais ce n'est pas n'importe quel manteau. C'est un manteau d'officier, un manteau de commandement. Il symbolise le pouvoir impérial. Il est presque sacré. Le couper en deux signifie aussi : je renonce au commandement, à l'armée, à l'Empire. Je le donne au pauvre parce que le seul vrai roi, c'est lui, le pauvre, le Christ humilié que les soldats de Pilate avaient revêtu du même manteau rouge au jour de la Passion. Si les officiers de l'Empire se convertissent, si l'empereur lui-même se convertit, alors le seul maître de ce monde est le Christ. Telle est la révolution de Martin. Elle renverse l'ordre du monde.

Logiquement, Martin quitte l'armée. Il rejoint à Poitiers un évêque connu, Hilaire, intellectuel talentueux et courageux, car la période est marquée par des querelles théologiques, que complique le jeu hasardeux d'un empereur tantôt partisan des uns, tantôt des autres. Martin participe à ces débats, réussit au passage à convertir sa mère, mais il attend surtout le retour au calme pour exécuter un projet qui répond à son désir radical d'abandon au Christ : la vie d'ermite.

Saint Martin, Soldat, Moine et Evêque de Tours

Sur son chemin, depuis sa Pannonie (Hongrie) natale, qui était arienne, il fut traqué en Illyrie puis à Milan par des évêques ariens
Il faut se rappeler, à cette époque, les conflits très forts au sein du christianisme. Sur le plan doctrinal, la période était très incertaine. En 325, le concile de Nicée, présidé par l’empereur Constantin, stabilisa la doctrine trinitaire, avec égalité de nature entre le Père, le Fils et l’Esprit. Mais cette doctrine était contestée par Arius, prêtre de l’Église d’Alexandrie, aux yeux de qui le Père était plus important que le Fils. Constantin favorisa cet “arianisme”, tout comme son successeur. L’arianisme devint ainsi une version impériale du christianisme. Or Martin, lui, se situa vigoureusement du côté trinitaire. Ce fut un rude combat, et pas seulement doctrinal. Martin rejoignit Hilaire, défenseur de la Trinité, à Poitiers

Hilaire lui procure en 360 un domaine agricole au sud de Poitiers : Ligugé. Là, Martin, rejoint par des compagnons, inaugure le premier monastère de Gaule. Prière, silence, solitude : le programme est simple, mais exigeant. Martin y ajoute les mêmes pratiques d'ascèse que les moines d'Orient, se vêt grossièrement, pratique des privations. Martin est heureux, son monastère devient un lieu de rayonnement.

Saint Martin, Soldat, Moine et Evêque de Tours

L'Évangile aux païens
En 371, l'évêque Lidoire de Tours meurt. L'usage à l'époque est que l'évêque soit élu. C'est Martin qui est choisi. Il n'en a aucune envie de quitter la solitude de Ligugé et revenir aux soucis du monde : un évêque est à la fois un pasteur et un administrateur, un prédicateur et un agent du pouvoir impérial. Néanmoins, par humilité, il accepte. Son apparition à Tours dans son vêtement d'ermite fait sensation !

Et le nouvel évêque n'a pas l'intention de changer sa vie. Il s'installe à Marmoutier, près de Tours, et crée un nouveau monastère. Ses compagnons cultivent des légumes, pêchent dans la Loire, s'isolent dans les grottes si nombreuses au-dessus du fleuve. Martin lui-même demeure dans une cabane de bois. Drôle d'évêque, jugent certains de ses collègues.

Tours, comme Poitiers, est une grande ville gallo-romaine bien placée sur les voies de communication commerciales et militaires. Malgré les menaces qui pèsent constamment sur ses frontières, la Gaule du IVe siècle est devenue un foyer de culture littéraire et juridique. L'organisation constantinienne de l'Église a placé un évêque par capitale de province, et l'évangélisation des villes est donc, quand Martin devient évêque, chose acquise. C'est dans les villes qu'on pense, écrit, baptise, organise. Mais, observe Martin, qu'en est-il des campagnes ? Elles ont été oubliées par les évangélisateurs... Certes, elles sont dangereuses en ces temps de raids barbares. Mais elles sont si peu chrétiennes. Martin entreprend donc, à pied ou à dos de mule, avec l'aide de ses moines, d'évangéliser ses campagnes. Il rayonne à partir de Marmoutier, parfois très loin.

Saint Martin, Soldat, Moine et Evêque de Tours

L'exigence du partage
Sa prédication est classique par certains aspects, novatrice par d'autres. Classique est la destruction des innombrables petits sanctuaires païens de la campagne, arbres sacrés et autres enclos à mystères, dont beaucoup, sous un léger déguisement romain, remontent aux anciens Gaulois. Il insiste sur le renoncement à la violence, sur la force de l'exemple, sur l'exigence du partage.
Pour le partage, il va plus loin que ses collègues. Depuis l'origine, en effet, les évêques gallo-romains avaient organisé la charité, mais de façon assez administrative, avec des diaconies, des distributions de nourriture et des hospices. Martin, lui, demande que la charité soit vécue par chacun, spontanément, au sein de la communauté villageoise.

Martin constate aussi qu'un village était plutôt des “villae”, des unités d’exploitations agricoles, laissés à eux-mêmes, alors que le culte se célèbre principalement en ville, risquent rapidement de retomber dans l'indigence spirituelle. Il parsème alors les campagnes d'églises et surtout d'ermitages, qui sont autant de petits centres de vie chrétienne. Tous les moines et prêtres de ces fondations rurales sont formés à Marmoutier. Pour autant, Martin est plus un conquérant qu'un organisateur ; il reviendra à ses successeurs de mettre au point le concept de paroisse ou de distinguer le prêtre diocésain du moine.

L'efficacité de la prédication de Martin, sa célébrité, tout cela fait qu'on le réclame partout. On le voit à Trèves, capitale impériale des Gaules, aux côtés d'Ambroise et d'autres prélats, pour régler des questions de théologie ou de discipline. Il est appelé par les empereurs Maxime et Valentinien II. Mais il est mal à l'aise dans ces réunions très politiques. Il peut rappeler avec rudesse à un empereur que, bien que la théologie ait fait de la fonction impériale une fonction sacrée, les prêtres, les moines et les pauvres passent avant lui. Il finit par décliner toutes les invitations

Saint Martin, Soldat, Moine et Evêque de Tours

Un saint intraitable
Si cette exigence évangélique et cette brusquerie d'ancien soldat sont mal reçues à Ravenne ou à Trèves, la résidence impériale de l'époque, la ferveur populaire ne cesse de croître. Depuis l'époque de Ligugé, on lui attribue des miracles. Il lutterait contre les démons, il effectuerait des guérisons. Martin avance en âge. En 397, il se trouve à Candes pour régler une dispute locale. Épuisé par 25 ans de mission, il sait sa fin proche. Dans la tradition des moines, il demande à mourir sur une couche de terre ou de cendres. Il meurt le 8 décembre 397. Les Poitevins et les Tourangeaux se disputent sa dépouille. C'est à Tours que son corps est enterré le 11 novembre, qui sera le jour de sa fête ; son culte prend de l'importance dès le Ve siècle, et Tours devient un des principaux pèlerinages de la Gaule.

L’actualité de la vie de St Martin
Martin a vécu un enracinement dans la solitude avec Dieu. En fondant le premier monastère d'Occident, il a connu la vie en communauté. Il fut un missionnaire, créant de petits prieurés pour l'évangélisation de la Gaule. Ces trois facettes, vie spirituelle, vie communautaire et vie apostolique - sont le cœur de sa spiritualité.

Saint Martin, Soldat, Moine et Evêque de Tours

Martin est un modèle de charité, surtout d'une charité pastorale, ouverte à toutes les couches de la population : les malades, les jeunes, les personnes âgées, les couples, les personnes divorcées, celles qui n'ont pas la foi.
Quand il a évangélisé la Gaule, Martin s'est opposé à l'idolâtrie. Aujourd'hui, il existe de nouvelles formes d'idolâtries : l'idolâtrie de l'argent, le culte de soi-même, celui de la jouissance, la mentalité de consommation, quand, à côté de nous, des gens n'ont pas de quoi vivre décemment.
Évangéliser, c'est à l’image de Martin, être porteur d'une espérance dans la vie éternelle au cœur d'une société qui désespère d'elle-même. Martin fut un évangélisateur itinérant. On peut y voire une invitation à « sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l'Évangile », comme le demande le pape François.

Martin européen
Le biographe de Martin, Sulpice Sévère, son contemporain et ami, riche avocat bordelais retiré en Gaule narbonnaise, fut le premier à utiliser le terme ”Europe” en un sens non mythologique mais pour désigner la partie occidentale de l’Empire. Et ce en comparaison avec l’Orient et ses richesses spirituelles : “Avec le seul Martin, l’Europe peut se tenir au même rang que l’Égypte.” Il faisait allusion aux Pères du désert. Martin a ainsi marqué l’émergence d’un christianisme proprement européen, latin, occidental, face à un Orient riche et trop insouciant. »

Depuis 1884, l’église St Martin de Hayange est placée sous son patronage.

Texte extrait de la revue "la Vie" novembre 2015 - St Martin histoire de France -Yve Combeau

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commentaires

Agnès De Graeve 12/02/2016 18:22

Connaissez vous le peintre qui a réalisé le tableau moderne de saint Martin recouvrant le Christ ou le pauvre?